C.p.o.c (Collectif des partis de l’opposition congolaise) : «Nous devons continuer à jouer le rôle d’éveilleur des consciences»

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Lors de leur conférence de presse, tenue à la résidence de Mathias Dzon, au centre-ville de Brazzaville, samedi 5 août dernier, les dirigeants du C.p.o.c (Collectif des partis de l’opposition congolaise), après leur mot liminaire (voir notre précédente édition) ont répondu à quelques questions des journalistes. Mathias Dzon, président du C.p.o.c, et Jean Itadi y ont répondu.

Selon ce dernier, même si les dirigeants de l’opposition ne sont pas membres des institutions nationales, ils doivent continuer à jouer, à travers leur plateforme politique, un rôle d’éveilleur de conscience.
Tout d’abord, à Mathias Dzon, la question suivante a été posée: «Comment appréciez-vous les élections de 2002 et 2012 auxquelles vous avez participé à Gamboma, par rapport à celles de 2017?». Le président du C.p.o.c a expliqué qu’il est allé à ces élections, à la suite de l’élection présidentielle de 2002, après la transition. «Ces élections s’étaient passées normalement. Pour les organisateurs, c’était de me faire battre ou de me disqualifier. Quand on a vu que personne ne pouvait m’approcher, compte-tenu de l’écart des voix, alors, le pouvoir a décidé d’autorité de disqualifier Monsieur Dzon. Pour rien, comme ça! En 2012, nous sommes allés aux élections par défi, parce que nos militants ne comprenaient pas pourquoi nous n’allions pas aux élections. Nous leur avons dit que nous perdons de l’argent pour rien, mais nous sommes allés à ces élections. Et vous avez suivi ce qui s’est passé à Gamboma. Ils ont amené plusieurs procurations qui ne valaient rien. Avec notre surveillance et notre détermination, le candidat du pouvoir a été battu. Il n’a eu que 12% alors que j’étais à 87%. Mais, le pouvoir décide de proclamer que c’est celui qui a eu 12% qui a gagné. C’est quelle logique ça?», s’est-il interrogé.
Mathias Dzon a aussi parlé de la corruption: «Tous les gens qui traitaient les procès-verbaux, on leur distribuait au minimum 30 millions de francs Cfa à chacun. Mais, l’un d’eux avait refusé les 30 millions qu’on devait lui donner. Ce dernier est venu me voir, en disant: Monsieur Dzon, je ne peux pas faire ça». Et il a quitté Gamboma, il est parti. Quelle est la raison? On ne veut pas voir Dzon siéger à l’Assemblée nationale».
A Jean Itadi, un journaliste a posé la question suivante: «On vous reproche de vous contenter des déclarations, alors que le jeu politique se fait au niveau des institutions, qu’en dites-vous?». Il a répondu, en disant: «Je voudrais dire que, récemment dans un pays que nous connaissons bien, en l’occurrence la France, il y a eu une élection présidentielle. Parmi les quatre candidats, le plus grand candidat des quatre, trois n’étaient pas pratiquement dans les institutions. On a donc pas besoin forcément d’être dans les institutions. Mais, les régimes intelligents font tout pour institutionnaliser le jeu politique. C’est-à-dire, il crée les conditions pour qu’il y ait une ouverture démocratique, pour que le débat se fasse à l’intérieur. Or, le Congo exclut, justement, la contradiction, le débat et laisse dehors des acteurs politiques comme Mathias Dzon et moi qui vous parle, et autres, pour qu’ils ne soient pas là, qu’ils ne parlent pas, qu’ils ne gênent pas. On ne fait pas la démocratie dans ces conditions-là», a-t-il dit.
Enfin, la dernière question a porté sur leur rôle: «Vous qui revendiquez la Transition, quel sera le rôle de votre plateforme politique?». «Nous avons déjà un rôle que nous jouons à mon avis relativement bien et que nous devons continuer à jouer: le rôle d’éveilleur des consciences», a répondu Jean Itadi.

Propos recueillis par
Pascal-Azad DOKO


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