Deuxième tour des élections législatives : Des dysfonctionnements, fraudes massives et incidents signalés

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Le deuxième tour des élections législatives, tenu le dimanche 30 juillet 2017, a mis en lice 94 candidats dans 47 circonscriptions, dont 7 à Brazzaville. Malheureusement, ce scrutin, comme au premier tour, a connu des dysfonctionnements, des cas de fraudes massives ainsi que quelques incidents, notamment dans les deuxième et troisième circonscriptions de Ouenzé, la première circonscription de Moungali et celle de Poto-Poto, ainsi qu’à Madibou.

A Kimongo, dans le département du Niari, il y a eu aussi des perturbations. La police a dû faire usge de bombes lacrymogènes, pour disperser les foules et on a parfois entendu des coups de feu.
On ne le dira jamais assez, l’organisation des élections au Congo continue de susciter des interrogations. Et l’on est en droit de se demander à quoi servent les différentes concertations politiques destinées, soi-disant, à améliorer la gouvernance électorale?
D’élection en élection, les mêmes dysfonctionnements reviennent. Même la distribution des cartes d’électeurs est problématique. Maintes fois réalisée, l’opération de révision des listes électorales semble ne pas améliorer grand-chose. C’est le statut quo.
Le deuxième tour des législatives, qui s’est déroulé sous tension et une certaine méfiance entre les différents candidats, devrait faire réagir la Cnei (Commission nationale électorale indépendante). Des dysfonctionnements déjà décriés au premier tour ont été constatés, notamment des listes d’électeurs qui étaient affichées en même temps que certains bureaux de vote ouvraient leurs portes; les listes affichées qui ne correspondaient pas avec celles du premier tour où encore certaines pages des listes n’étaient pas affichées devant les bureaux de vote, mais que certains assesseurs gardaient par devers eux, comme à l’Ecole primaire André Grénard Matsoua, au quartier Château d’eau; les noms qui ne figuraient plus sur les listes, alors qu’ils y étaient au premier tour, à l’instar du candidat indépendant Boliko, dans la première circonscription de Poto-Poto, où des cas de fraudes et des incidents ont également été signalés, tout comme à Moungali où les populations ont voulu s’opposer aux agents de la Force publique arrivés dans quelques bureaux à bord de véhicules, pour voter. Il y a eu des blessés.
Au bureau de vote installé à l’Ecole primaire Massamba-Débat, au quartier Diata, quelques étudiants ont été arrêtés, parce que détenteurs de fausses cartes. Des trafics d’influence et l’achat de conscience étaient observés ici et là. Dans certains bureaux, on refusait aux jeunes de voter avec des actes de naissance, alors que dans d’autres, ils étaient autorisés à voter, pourvu d’avoir deux témoins.
A Poto-Poto, quelques électeurs ont voté avec des cartes d’identité scannées. Mais, la situation a été vite rattrapée, après le passage de la doyenne du corps diplomatique, Mme Charlotte Fayanga. Les détenteurs de ces pièces n’ont plus eu droit au vote. Bien avant, les coups de feu ont retenti, pour disperser les partisans de Jean De Dieu Kourissa (P.c.t) et ceux de Rick Gérald Bokilo (indépendant).
A Ouenzé, dans la deuxième circonscription, la situation était aussi tendue. Des incidents ont été signalés entre les partisans du candidat indépendant, Marien Ngouabi Ikama, et des agents de la Force publique. Sa suppléante, Flore Mbemba, a même été molestée.
Mécontent de certaines pratiques de fraudes observées dans quelques bureaux de vote, notamment celui de l’Ecole Massamba Raphaël, le candidat Marien Ngouabi Ikama a retiré tous ses délégués dans les 24 bureaux de vote, pour protester contre la fraude et l’arrestation d’un de ses délégués par la Force publique, sous les ordres, selon lui, du président de bureau. Pire encore, il s’est auto retiré de la course aux législatives, en promettant de saisir la Cour constitutionnelle, sous les ovations de ses partisans.
Les partisans des différents candidats s’accusent mutuellement d’avoir pratiqué la transhumance des électeurs et créé des bureaux de vote parallèles.
Dans la troisième circonscription de Ouenzé, les partisans d’Adolphe Mbou-Maba et de Romi Oyo se sont affrontés, au motif que les électeurs non-inscrits sur les listes d’électeurs étaient autorisés à voter par les présidents des bureaux de vote.
Des échauffourées et des incidents ont été aussi signalés à Madibou, pendant que les agents de la Force publique dispersaient les partisans du candidat indépendant Nicolas Jean-Jacques Malanda, qui tenaient mordicus à assister au dépouillement des bulletins, pour s’assurer qu’il n’y aurait pas tripatouillage.
Par ailleurs, à Kimongo, les incidents ont éclaté entre les partisans du candidat du Parti congolais du travail et ceux du candidat du R.d.p.s (Rassemblement pour la démocratie et le progrès social) qui se sont même emparés de deux urnes. A Boko, le véhicule du candidat du R.c, Anicet Gomas, a essuyé des tirs d’armes à feu, alors qu’il partait à son village, pour voter. Il lui est reproché d’avoir voulu créer du désordre. La situation était aussi tendue dans cette circonscription, qui avait, déjà,   enregistré des incidents, lors du premier tour.
Une chose est sûre, c’est que ces élections n’ont pas drainé des foules, comme au premier tour. L’ambiance était plutôt morose.

Cyr Armel YABBAT-NGO


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