Elections législatives et locales : La mission de l’U.a recommande le dialogue, pour décrisper le climat politique

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Lors d’une conférence de presse donnée mardi 18 juillet 2017, à l’Hôtel Michaël’s, à Brazzaville, par son chef, Diango Cissoko, la mission d’observation électorale de l’Union africaine a fait le point du premier tour des élections législatives et locales qui s’est déroulé dimanche 16 juillet dernier.

Les observateurs de l’Union africaine félicitent les autorités congolaises, pour avoir réussi à organiser le scrutin dans les délais, malgré un contexte économique et financier difficile. Mais, au regard des faits relevés sur le terrain, la mission a formulé quelques recommandations aux acteurs impliqués dans le processus électoral.

A l’endroit du gouvernement, par exemple, il est recommandé de prendre des mesures politiques fortes de décrispation favorable à la reprise du dialogue entre le pouvoir et l’opposition; d’envisager la mise en place d’un fichier électoral national unique, fiable et consensuel; renforcer les conditions de participation des femmes et des jeunes à tous les niveaux de décision, en prenant et en mettant en œuvre les textes et aux autres mesures d’application en la matière.
La mission africaine déplore, en effet, qu’une frange de l’opposition se soit tenue en marge du processus. Elle exhorte tous les acteurs du jeu politique national «à toujours privilégier la voie du dialogue dans la résolution des différends et autres contradictions politiques, en vue de préserver la paix et la cohésion nationale et sociale, gage du développement».
Les observateurs de l’Union africaine recommandent aux institutions en charge des élections, notamment la C.n.e.i (Commission nationale électorale indépendante), et la D.g.e.a (Direction générale des affaires électorales), d’améliorer sa communication sur le processus électoral, notamment par la mise en ligne d’un site informatif relayant l’ensemble des informations pertinentes et des textes relatifs aux opérations électorales; rendre les données statistiques et qualitatives relatives au processus électoral disponibles au public; accorder davantage de temps au renforcement de la formation du personnel électoral sur toutes les opérations du processus; doter le personnel électoral de signes distinctifs permettant de les identifier par rapport aux autres personnes présentes dans les bureaux de vote; mettre à la disposition de tous les bureaux de vote des scellés pour les urnes; améliorer les conditions de distribution des cartes d’électeurs qui pourraient être, par ailleurs, mises à la disposition des électeurs dans les centres de vote, le jour du scrutin; renforcer la présence des femmes dans la gestion du processus électoral, notamment en tant que membres de bureaux de vote; mettre à la disposition du personnel des bureaux de vote du matériel permettant un meilleur éclairage, lors du dépouillement.
Aux partis politiques, il est recommandé de recourir aux voies légales pour le règlement de tout différend électoral; préserver un climat de paix favorable à la participation citoyenne au processus électoral; renforcer la participation des femmes aux instances des partis politiques et leur présentation en tant que candidates aux différents scrutins; renforcer la formation de leurs délégués dans les bureaux de vote, afin de les rendre plus efficaces et pro-actifs.
A la société civile, la mission d’observation africaine recommande de prendre une part active au processus électoral par le déploiement d’observateurs et la sensibilisation des populations; développer, au-delà des élections, une stratégie d’éducation à la paix et de prévention des conflits.
De manière générale, la mission a constaté que la presque totalité des bureaux de vote visités a ouvert avec un retard consécutif à l’arrivée tardive de certains membres de bureaux de vote, à l’indisponibilité du matériel électoral ou encore au retard pris pour l’aménagement des bureaux. «L’environnement autour des bureaux de vote visités par la mission était généralement calme et paisible. Les forces de sécurité étaient présentes. Cette présence a été, dans la majorité des cas, discrète, même si des cas d’intrusion ont été relevés à certains endroits», relève-t-elle. Et a, par ailleurs, rappelé que les bureaux de vote étaient tous aménagés de façon à assurer la fluidité du vote. Mais la mission a, toutefois, noté le peu d’affluence à l’ouverture du scrutin. Elle a aussi relevé que dans certains cas, le matériel électoral n’était pas en qualité ou en nombre suffisants. Dans de nombreux cas, il y a eu l’absence de scellés pour les urnes et parfois l’absence de listes d’émargement ou de procès-verbaux. «Pour des circonscriptions qui n’ont pas pu voter, à cause des incidents, les élections y seront organisées, quand il y aura l’accalmie», a rassuré Diango Cissoko.

Pascal-Azad DOKO

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