C.h.u (Centre hospitalier et universitaire) de Brazzaville : La levée du préavis de grève conditionnée au paiement des salaires

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Suite au préavis de grève lancé par l’intersyndical du C.h.u (Centre hospitalier et universitaire) de Brazzaville, la ministre de la santé et de la population, Mme Jacqueline Lydia Mikolo, a reçu, mardi 11 juillet 2017, les représentants de cet intersyndical composé de la C.s.t.c (Confédération syndicale des travailleurs du Congo), la C.s.c (Confédération syndicale congolaise) et du Synamec.

Leurs échanges ont porté sur la situation sociale de cette structure hospitalière et les dysfonctionnements qui y sont observés.
Dans ce cadre, la patronne du département de la santé les a informés sur les instructions du Chef de l’Etat destinées à apporter des solutions aux différents problèmes qui se posent au C.h.u. Parmi les décisions annoncées figurent, le changement à la direction générale qui se traduit par la suspension de la directrice générale et la nomination d’un directeur général par intérim, l’appui financier pour le paiement des salaires et de la dette sociale; la mise en place d’un plan d’action pour l’exécution des recommandations des audits institutionnel et financier; l’implication de l’ensemble du personnel dans la résolution de la crise sociale du C.h.u et dans l’amélioration des conditions de travail.
Prenant la parole, les membres de l’intersyndical ont insisté sur le paiement des salaires, condition sine qua non, selon eux, des travailleurs, pour lever le préavis de grève, le règlement de la dette sociale, notamment celle des retraités et les allocations familiales, la communication d’un calendrier de paiement des salaires qui doit constituer la preuve de la matérialisation des instructions du Chef de l’Etat, la nécessité d’améliorer la communication avec la hiérarchie. Par ailleurs, les parties ont convenu de se retrouver dans quinze jours, pour évaluer toutes ces directives.
Au terme de cette rencontre, un mémorandum d’entente a été signé entre l’intersyndical et la ministre de la santé et de la population, représentée par Benjamin Ossombo, son directeur de cabinet par intérim, en présence de Richard Bileckot, inspecteur général de la santé.
Sans attendre le délai de 15 jours, les agents et travailleurs du C.h.u ont manifesté leur colère, mercredi 12 juillet dernier, à travers un mouvement de protestation devant la direction générale, pour réclamer le paiement de leurs salaires. Des chants ont été entonnés et des pas de danse exhibés, en signe de grogne. En tout cas, la tension était vive.

Une passation de service pas comme les autres

La passation de service entre Mme Gisèle Marie Ambiéro Alliandzi, directrice générale sortante, et Jérémie Mouyokani, directeur général entrant, organisée le jeudi 13 juillet 2017, s’est déroulée dans une ambiance morose et un climat tendu. Et pour cause, les agents du C.h.u-B ont pris d’assaut le hall principal, entonnant ainsi des chants hostiles à l’encontre de l’ancienne directrice générale. Le climat était électrique. Heureusement que la Force publique était appelée pour venir sécuriser la cérémonie et surtout le départ de Mme Gisèle Marie Ambiéro Alliandzi.
Malgré ce dispositif sécuritaire, les agents du C.h.u-B ont réussi à poursuivre l’ancienne D.g, jusqu’au moment où elle est montée dans sa voiture, sous escorte policière, alors que la foule criait: «Muyibi», voleuse, en français. C’était une scène rocambolesque et honteuse.  
A vrai dire, ces agents, très motivés, voulaient en découdre avec leur ancienne directrice générale qu’ils rendent responsable de tous leurs maux. Pendant qu’ils électrisaient le hall, la cérémonie de passation se tenait sous la direction de Florent Balandamio, directeur de cabinet par intérim de la ministre de la santé et de la population.
D’un ton émotionnel, Mme Gisèle Marie Ambiéro Alliandzi, livrant ses impressions, a, simplement, remercié le chef de l’Etat qui lui avait confiée cette mission. «Aujourd’hui, il me décharge. Je dis merci», a-t-elle déclaré, sans évoquer un seul instant le nom de la ministre de la santé, ni de son successeur.  
A l’endroit de ces anciens collaborateurs, elle a émis le vœu de les voir travailler avec la même abnégation. Aussi, elle a insisté sur la notion des antivaleurs dont elle avait fait son cheval de bataille.
S’exprimant à son tour, Jérémie Mouyokani a commencé par remercier toutes les autorités du pays pour la confiance placée en lui, pour assumer ses fonctions. Il a, aussi, félicité et remercié son prédécesseur  pour le travail abattu. A ceux qui, désormais, sont ses collègues de travail, le nouveau directeur général a, simplement, rappelé la raison d’être du C.h.u.B: l’offre de soins de qualité. «Nous allons nous mettre au travail et je voudrai compter sur chacun d’entre vous», a-t-il dit.
Pour boucler cette cérémonie, Florent Balandamio a donné lecture des missions dévolues au nouveau directeur général, telles que prescrites par Mme Jacqueline Lydia Mikolo.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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