District de Kindamba (Département du Pool) : L’armée a sauvé 23 élèves candidats au B.e.p.c d’une aventure insensée face à l’insécurité

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Malgré les événements qui se déroulent dans certains districts du Département du Pool, il se trouve des Congolais qui ne s’informent pas et qui peuvent se lancer dans des aventures où ils prennent des risques inconsidérés. C’est ce qui est arrivé, lors de la session du B.e.p.c (Brevet d’études du premier cycle) à 23 élèves (filles et garçons) de la classe de Troisième au C.e.g Trois Glorieuses de Brazzaville, qui se sont retrouvés en détresse à Kindamba, et qui ont été secourus par les F.a.c (Forces armées congolaises), en les ramenant en hélicoptère à Brazzaville. Que s’est-il passé?

 

23  élèves,  dont 15 filles fréquentant régulièrement au C.e.g Trois glorieuses de Brazzaville, ont succombé à la proposition de leur surveillant général, répondant au surnom de «Maître Ngolé», de passer la session du B.e.p.c au C.e.g Nkounkou Loubamba de Kindamba (Département du Pool), moyennant une somme oscillant entre 40.000frs et 50.000 frs Cfa. Le mythe étant qu’il y a plus de chance de s’admettre à un examen d’Etat, en le passant dans une localité de l’intérieur du pays.
Pour affrioler ces élèves et aussi les parents habitués à la facilité, notre surveillant général leur a fait comprendre que le C.e.g de Kindamba était le distributeur automatique de B.e.p.c. Le succès était donc assuré. C’est sans savoir que les résultats de cet établissement sont au creux de la vague, depuis plusieurs années, dans un collège qui ne compte aucun enseignant passé par l’E.n.s (Ecole normale supérieure), du directeur au dernier enseignant bénévole.
Ainsi, le dimanche 18 juin 2017, deux jours avant le B.e.p.c, le surveillant général, après avoir empoché son argent, a accompagné les candidats dans un voyage qui est une véritable aventure, par les temps qui courent où les ninjas-nsiloulous ont infesté l’arrière-pays du Pool, dans certains districts comme Kindamba. Ces élèves sont allés par la route de Brazzaville à Kingoué (dans la Bouenza). Là, le surveillant général s’est séparé de ces élèves qui ont, pour la première fois, traversé la rivière Ndouo, sur un radeau de fortune, à leur risque et péril. Tous n’ont jamais été à Kindamba. Entre le point de traversée et Kindamba, il y a 40 Km où la route est contrôlée par les ninjas. Après la traversée périlleuse de la Ndouo, le premier village où ils atterrissent dans le District de Kindamba, c’est Kinkakassa. C’est là où ils sont tombés face à un groupe ninjas (tous crasseux, avec une barbe et des cheveux poussant à l’état sauvage, sans entretien). Au regard de ces personnes bizarres, ils ont tremblé de peur. Finalement, les ninjas, après les avoir menacés, les ont laissé passer, tout en se rassurant qu’ils allaient reprendre le même chemin pour le retour. Par coup de chance, ils ont emprunté un véhicule servant d’ambulance et un vieux camion qui partaient pour Kindamba.
Finalement, ils sont arrivés, à la surprise générale, à Kindamba où ils ont passé le B.e.p.c, dans un collège bien quadrillé par la Force publique, pour des raisons de sécurité. Mais, après l’examen, les 23 candidats sont restés coincés à Kindamba, dormant dans une case comme des enfants de la rue et ne sachant pas comment se nourrir, dans une localité coupée du reste du pays, qui n’est plus approvisionnée en denrées alimentaires courantes, en raison de l’insécurité créée par les ninjas sur les routes. Il a fallu que les autorités administratives locales exercent une pression sur l’organisateur de cette mésaventure, pour s’occuper de leur retour à Brazzaville. Mais, il était impossible d’emprunter de nouveau la route, pour sortir de Kindamba, car les ninjas avaient menacé de violer les jeunes filles. Il y a deux mois, les ninjas ont violé une vieille maman de plus de 75 ans, qui a succombé à la suite de cet acte criminel.
Informées de cette mésaventure qui a attristé la population de Kindamba, les autorités politico-administratives  et militaires de la localité, notamment Jean-Marie Badila, Bienvenu Balossa, respectivement sous-préfet et administrateur-maire de Kindamba, et le Lieutenant-colonel Yvon Ngombet, commandant du groupement opérationnel, ont rendu visite à ces élèves. Une collecte urgente de près de 50.000 frs Cfa a été faite pour les aider à survivre. Les généreuses populations de Kindamba, elles-mêmes démunies, n’ont pu contribuer à cette situation qu’à travers leur regard étonné, par la prière et aussi par quelques dons variés comme la banane plantain, qui connaît une mévente sans précédent.
Le Lieutenant-colonel Yvon Gombet a pris la décision d’interdire le retour de ces élèves par la route, pour raison de sécurité. Saisi, l’Etat-major général des F.a.c a instruit de les transporter par hélicoptère. La première vague, composée de neuf filles, est rentrée à Brazzaville, le mercredi 28 juin 2017. Le dernier groupe a regagné Brazzaville, le samedi 30 juin. Grâce à l’armée, le pire a été ainsi évité pour ces enfants dont les parents ont été indexés comme de gros irresponsables, en envoyant leurs progénitures à l’aventure, à travers une zone d’insécurité.

A.e.t H.
KIHAMBOULA
Inspecteur de l’Enseignement Primaire

Informations supplémentaires