Denis Sassou-Nguesso, Président de la République : «Les districts du Pool participeront aux législatives, mais il y a une partie où sévissent Ntumi et sa secte»

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Dans une interview accordée à la journaliste Denise Epoté, diffusée sur TV5 et reprise par plusieurs médias, le week-end dernier, le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, est revenu sur la question du Pool. A l’orée des élections législatives et locales du 16 juillet 2017, il a affirmé que «les districts du Pool participeront aux législatives, mais il y a une partie où sévissent Ntumi et sa secte».

Le Chef de l’Etat a-t-il mis fin à l’incertitude qui régnait au sujet de la tenue du vote dans les districts affectés par les violences armées fomentées par les hommes du pasteur Ntumi?

Le Président Denis Sassou-Nguesso a, tout de même, reconnu que dans certains districts du Pool sévissent les membres de la secte de Ntumi. En effet, l’insécurité affecte les districts comme Kinkala, Mindouli, Vindza, Kindamba, Goma-Tsétsé, Mayama, où les groupes ninjas-nsiloulous sont actifs dans les forêts et savanes, créant ainsi de l’insécurité qui a provoqué la fuite des populations des villages, pour se réfugier dans les chefs-lieux de districts, sécurisés par la Force publique. Les hommes de Ntumi coupent les routes, isolant ainsi les grandes localités, comme Kindamba-centre, Vindza-centre et Kimba-centre.
Dès la première question qui lui a été posée sur sa promesse de «promouvoir la démocratie et maintenir la paix», à l’occasion de son investiture en avril 2016, alors qu’aujourd’hui, les opposants sont privés de liberté et la crise sur le Pool a poussé sur les routes plusieurs milliers de Congolais. Le Président Sassou-Nguesso a répondu à cette question, en faisant un rappel de ses efforts à ramener la paix dans le pays: «La paix, la démocratie et le développement sont des éléments permanents de mon action politique. Je voudrais faire un rappel, parce que, parfois, les peuples ont la mémoire courte. Ce pays a connu dix années de violences, de 1990 à janvier 2000. Des violences qui ont commencé avec les grèves sauvages, jusqu’à ce que cela culmine avec la guerre civile en 1997. Et, de 1997 à 2000, c’étaient des violences, des destructions de tout, des déchirements.
Et alors, de 2000 à maintenant, nous avons remis le pays sur les rails. Les Congolais et même les étrangers observateurs de bonne foi peuvent reconnaître que nous avons remis le pays sur la voie de la paix, de la démocratie et du développement.
Seulement, lorsque les éléments qui s’étaient illustrés dans la période que je viens de décrire, Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, lorsque ces éléments s’illustrent à nouveau par des violences, des destructions dans une partie du Pool, les autres départements du Congo sont en paix et les peuples vaquent à leurs occupations».
Concernant les élections, de manière générale, le Chef de l’Etat constate qu’il y a même un engouement et le boycott de l’opposition radicale n’en serait pas «dommageable». «Il y a même un engouement terrible. Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de candidats aux législatives et aux locales dans tous les départements du pays, y compris le département du Pool. Les districts du Pool participeront aux législatives, mais il y a une partie où sévissent Ntumi et sa secte. Nous vivons cela comme un petit caillou dans la chaussure. Il faut s’arrêter pour le sortir et se chausser de nouveau».
Et si l’opposition boycotte, c’est pour son propre malheur, rétorque Denis Sassou-Nguesso. «Je ne crains rien. Si l’opposition devait boycotter les législatives, ce serait, en réalité, pour son propre malheur», a-t-il déclaré, dans cette interview où il aborde bien d’autres questions, comme la Cop 22, la Libye et la jeunesse africaine.

Joël NSONI

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