Pascal Tsaty-Mabiala, premier secrétaire de l’U.pa.d.s : Il faut asseoir la transparence aux élections pour garantir l’unité nationale et la paix

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Le premier secrétaire de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), Pascal Tsaty-Mabiala, candidat de son parti aux législatives à Loudima (Département de la Bouenza), a animé, mercredi 28 juin 2017, une conférence de presse sur les élections législatives et locales du 16 juillet prochain. Pour lui, la paille est tellement sèche qu’il faut éviter la moindre étincelle qu’offriraient la fraude, le viol des consciences et le rapt des résultats.

Il espère «qu’il faut asseoir la transparence, pour garantir l’unité nationale et la paix combien nécessaire». Dans son entretien avec la presse, il aborde d’autres questions de politique intérieure, notamment la crise du Pool et la situation économique du pays qu’il a qualifiée de difficile. 

D’entrée de jeu, Pascal Tsaty-Mabiala a réaffirmé l’orientation stratégique de son parti décidée au lendemain de l’élection présidentielle de 2016. Pour lui, l’esprit républicain et le souci d’apaisement avaient commandé à son parti de prendre acte de l’arrêté de la Cour constitutionnelle. En reconnaissant les résultats de l’élection présidentielle, l’U.pa.d.s estime que cette page est tournée. Dès lors, «toute revendication politique, encore soit-elle fondée, devrait s’entendre à l’intérieur des institutions. Telle est notre vision qui éclaire notre parcours politique de 26 ans d’existence», a-t-il rappelé.
Pour les élections de 2017, Pascal Tsaty-Mabiala a rassuré que l’U.pa.d.s a tenu compte de la parité, même si cet objectif demeure une préoccupation. Ainsi, son parti a investi 43 candidats aux législatives et présenté 47 listes aux élections locales. «C’est peu», reconnaît-il, avant de justifier ce chiffre par le manque de moyens financiers. «Nous avons, aujourd’hui, les élections les plus chères du Congo. Pour un parti qui est à l’opposition et qui n’a pas d’autres sources d’approvisionnement que ses propres ressources, c’est difficile», a-t-il expliqué.
Conscient du fait que ces élections demeurent particulièrement conflictuelles, tant que les standards internationaux ne sont pas respectés, Pascal Tsaty-Mabiala a estimé que ces élections exposent les résultats à la contestation des partis politiques et des candidats lésés. «La maîtrise du corps électoral, le caractère illusoire de l’indépendance de la Commission nationale électorale indépendante, la non-introduction de la biométrie sont les principaux maux endémiques dont souffre notre système électoral, sans doute parmi les plus archaïques en Afrique, quoique, il faut le reconnaître, des améliorations ont été apportées», a-t-il indiqué. «Si l’argent devient le déterminant», a-t-il précisé, alors, «les ingrédients d’une ploutocratie sont en place, avec pour conséquence l’exclusion des jeunes et des classes populaires du jeu politique congolais.
Comme toujours et malgré ces imperfections, l’U.pa.d.s s’est éloigné de la logique du boycott que, malheureusement, ont choisie certains de nos amis de l’opposition, au motif, entre autres, de la crise persistante dans le Pool. Aussi respectable que soit leur position sur la question, de même, la nôtre ne devrait pas faire l’objet d’aucune polémique, d’autant qu’on ne doit pas instrumentaliser la guerre du Pool et en faire un fonds de commerce politicien», a souligné Pascal Tsaty-Mabiala.
«D’ailleurs, certains de nos amis de l’opposition, très en verve  sur le sujet, étaient au gouvernement, de 1997 à 2015 et pendant que ce même département était à feu et à sang, aucun d’eux n’avait démissionné ou boycotté les élections de 2002, 2007 et 2012. Non par comparaison, mais par conviction, l’U.pa.d.s ne peut assujettir sa participation aux présentes élections à la résolution de la guerre du Pool ou à toute autre question de politique nationale», a-t-il poursuivi.
Mais, en cas d’échec de son parti à ces élections, Pascal Tsaty-Mabiala n’exclut pas l’idée de s’écarter de la tête de cette formation politique. «C’est un risque que nous prenons, moi et mes amis. Nous en sommes conscients. S’il faut démissionner, je démissionnerai», a-t-il promis.
Concernant la situation économique et financière de plus en plus difficile du pays, l’U.p.a.ds fait la proposition au gouvernement de réunir, dans les meilleurs délais, les organisations syndicales, les partis politiques et la société civile qui en acceptent l’idée, afin de décider des mesures de réduction drastique du train de vie de l’Etat, avant que le Fonds monétaire international «ne nous impose son traditionnel programme d’ajustement structurel qui, du reste, apparait incontournable. Lorsque la maison brûle, on ne recherche pas le pyromane, mais l’on se préoccupe, d’abord, d’éteindre le feu qui peut consumer toute la famille», a-t-il déclaré.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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