Journée de réconciliation nationale : Le dialogue, encore le dialogue est recommandé dans la vie politique!

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La journée de concorde et de réconciliation nationale a donné lieu, samedi 10 juin 2017, à une conférence-débat organisée dans la salle des conférences internationales du Palais des congrès, à Brazzaville, par le Comité de suivi de la convention pour la paix et la reconstruction du Congo, sur le thème: «Nous rassembler et nous réconcilier, pour relever les défis présents et à venir».

C’est Hellot Matson Mampouya, ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique, représentant le Premier ministre, qui a patronné cette cérémonie. En présence de Rigobert Maboundou, ministre directeur de cabinet du Premier ministre, Pierre Cébert Iboko-Onanga, préfet de Brazzaville, Abraham Ibela, secrétaire général de la mairie, Marius Mouambenga, commissaire général, chargé de la permanence du comité de suivi, ainsi que des membres de ce comité de suivi, des représentants des institutions nationales, des partis politiques, des organisations de la société civile, etc. Dans le débat qui a marqué cette conférence, la plupart des intervenants, toutes tendances politiques confondues, ont recommandé le dialogue, pour sortir de la crise du Pool.

Dans son mot liminaire, Marius Mouambenga a rappelé que pour relever les défis de la réconciliation nationale et de la paix, il faut «le recours au dialogue, tout en respectant la loi».
Dans sa communication en vue d’introduire le débat, il a, tout d’abord, fait un bref aperçu de la symbolique de la journée du 10 juin, de sa célébration, sa signification et intérêt pour la Nation. «La journée du 10 juin 1991 a été marquée par la fin de la Conférence nationale souveraine, qui s’est tenue du 25 février au 10 juin 1991. La clôture de cette conférence nationale a connu aussi un fait marquant et mémorable. Il s’agit de la cérémonie rituelle de «lavement des mains, qui a symbolisé la décision des principaux acteurs politiques et du peuple congolais de se réconcilier et de vivre, désormais, ensemble, dans la concorde nationale retrouvée, après les guerres civiles fratricides qu’a connues le Congo», a-t-il déclaré. Il a relevé que les principaux défis actuels à relever sont de deux ordres: les défis socio-politiques et sécuritaires, avec  le règlement de la situation sécuritaire dans le Département du Pool; l’organisation en 2017 d’élections paisibles, transparentes et crédibles sur toute l’étendue du territoire national; la poursuite, par le gouvernement, de la mise en place des institutions du 25 octobre 2015; l’impulsion, par le gouvernement, de la mise en œuvre du nouveau projet de société du Président de la République; la consolidation de la démocratie et de l’unité nationale.
Il y a eu, ensuite, un débat libre et responsable, au cours duquel les acteurs politiques, de la société civile, etc. se sont exprimés, sous la modération de Martin Oyali.
Au total, douze intervenants ont donné leurs points de vue. Tous ou presque ont focalisé leur attention sur la situation sécuritaire dans le Département du Pool. Mais, nombreux sont ceux qui ont fait des suggestions, en proposant des pistes de sortie à cette crise sécuritaire qui fait tant d’innocentes victimes. Les débats étaient, parfois, houleux et passionnés. Mais, tout s’est passé dans un esprit de fraternité, en toute élégance, courtoisie et sincérité. Dommage que cette conférence-débat n’ait pas été retransmise en direct par les médias audio-visuels. Car, il faut faire tomber les tabous dans notre pays où l’esprit clanique tend toujours à prendre le pas sur l’esprit intellectuel de réflexion responsable, pour contribuer au progrès de la pensée politique et démocratique, face aux défis de la construction nationale. Voici quelques interventions, pour montrer l’esprit libre et responsable de ce débat:
- Paul Dihoulou, secrétaire général de l’U.d.r-Mwinda: «Je m’inscris en faux, lorsqu’on dit, ici, que le problème du Pool est le problème des ressortissants du Pool. Le problème du Pool est un problème national. Ce qui se passe au Pool pourra bien se passer à Owando ou à Djambala. C’est une partie du corps du Congo qui est malade. Donc, nous devons nous lever pour la soigner»;
- Chantale Nkodia (Association femmes leaders du Pool): «Le retour en forêt de Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, est à l’origine des événements malheureux qui se déroulent au Pool. L’arme de guerre est devenue aujourd’hui le viol. La femme du Pool est violée tous les jours. Elle a perdu toute sa dignité. Il faut prendre des dispositions pour protéger la femme»;
- Abel Godefroy Bouka, président du Rad (Rassemblement des acteurs de la démocratie): «Ntumi a tué, violé. Il faut qu’il vienne répondre de ses actes. Il n’y a pas à dorloter les gens... Vous dites pour la paix, mais la vie est sacrée».
- Grégoire Lefouoba, société savante: «On ne donne pas un conseil en public. Je suggère qu’il y ait un petit comité restreint, qui va élaborer un document synthèse qu’on adressera au Premier ministre et au Président de la République».
-Jeanne Yandza, présidente de la Mutuelle des collaborateurs évoluant au comité de suivi: «Il n’y a pas un Congo du Sud et un Congo du Nord. Le Congo est un et indivisible. S’il y a des problèmes, asseyons-nous, dialoguons, pour chercher des solutions. Le dialogue est une vertu de la démocratie».
Rappelons qu’en mémoire des victimes innocentes tombées au Pool, les participants à cette conférence-débat ont observé une minute de silence. Une équipe de douze personnes a été mise en place, pour élaborer un document synthèse sur la crise du Pool.
 
Pascal-Azad DOKO

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