Jean-Jacques Yhombi-Opango, vice-président du R.d.d : «Le R.d.d se réveille et nous estimons que le moment est venu, pour nous, de nous réveiller»

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Vice-président du R.d.d (Rassemblement pour la démocratie et le développement), Jean-Jacques Yhombi-Opango a animé, mercredi 14 juin 2017, à l’Hôtel Olympic Palace, à Brazzaville, une conférence de presse, pour annoncer la suspension, par le R.d.d, de son accord avec le P.c.t (Pati congolais du travail).

Il a, également, dévoilé la stratégie de la nouvelle équipe dirigeante du R.d.d, le parti fondé par l’ancien Chef d’Etat, Jacques Joachim Yhombi-Opango, qui annonce son retour au-devant de la scène politique nationale. «Le R.d.d se réveille et nous estimons que le moment est venu, pour nous, de nous réveiller», a-t-il déclaré. Candidat à la députation à Owando commune (département de la Cuvette), Jean-Jacques Yhombi-Opango a avisé son concurrent, le P.c.t, que le R.d.d n’acceptera plus d’être victime de pratiques de tricherie électorale. «Pour la paix, nous avons accepté certaines choses. J’estime que ça suffit. S’il y a des manipulations habituelles, je ne l’accepterai pas», a-t-il déclaré.

Jean-Jacques Yhombi-Opango a commencé par rassurer que son parti n’est pas mort. «Avec la nouvelle équipe dirigeante, nous allons communiquer, amener une autre méthode de fonctionnement, de participer à la vie politique du pays».
Justifiant la décision de son parti de suspendre l’accord avec le P.c.t, il a laissé entendre que le partenaire n’éprouve aucun respect à l’égard du R.d.d. «Nous avons des relations avec un partenaire qui, somme toute, ne nous respecte pas. Nous avons écrit le 5 mai 2017 au secrétaire général du P.c.t, pour qu’on se voie et discuter, comme il le fait avec les autres formations politiques de la mouvance présidentielle. Il ne nous a pas répondu. C’est un manque de respect total. Nous n’avions pas accepté de diriger ce parti pour que nous soyons victimes des comportements incorrects. Nous avons un accord politique dont l’article 2 dispose que toute consultation électorale qui a lieu pendant la période des élections du présent accord donne lieu à la mise en œuvre d’une stratégie de campagne ordonnée, cohérente et harmonieuse de la part des parties signataires, en vue de gagner ensemble», a-t-il rappelé.
Pour lui, le P.c.t ne comprend pas ce français. «Nous avons tout fait pour que les relations soient correctes. Nous avons accompagné le Président de la République, lors de l’élection présidentielle. Nous avons non seulement des idéaux socio-démocrates en commun, mais aussi un Président qui nous est commun: Denis Sassou-Nguesso. A partir du moment où nous défendons, tous, le programme du Président de la République, je pense qu’il faut quand même arriver à un certain moment à faire des concessions. Nous ne courons pas après les postes, mais qu’il y ait la paix et comme vous parlez précisément d’Owando, j’aimerais vous dire que les membres du P.c.t Owando sont des menteurs. Tout ce que nous faisons, ils n’en tiennent pas compte, parce que pour le P.c.t, le R.d.d doit mourir. Nous sommes devant vous pour vous dire que le R.d.d est vivant», a expliqué Jean-Jacques Yhombi-Opango.
Selon lui, les candidats du R.d.d posent problème au P.c.t qui veut, coûte-que-coûte, détruire ce parti. Serein, il a dit qu’il n’a pas peur d’affronter un candidat du P.c.t. «Ce parti n’a jamais gagné à Owando», a martelé le vice-président du R.d.d, qui pense que son parti ne peut plus continuer avec un partenaire qui ne veut pas faire des concessions. «Quand c’est dans d’autres départements, on fait et lorsqu’il s’agit du R.d.d, on refuse. Que voulez-vous qu’on fasse à côté d’une personne qui ment et ne veut pas de vous?», s’est-il interrogé.
Comme pour différencier la base de son parti aux autres, il a laissé entendre que le R.d.d est un parti qui a des militants et des vrais et non des militants payés. «Aujourd’hui, pour la paix, nous avons accepté un certain nombre de choses. Maintenant, j’estime que ça suffit.  Notre base est pratiquement intacte et ne court pas après l’argent. Elle attend. Le R.d.d se réveille et nous estimons que le moment est venu, pour nous, de nous réveiller», a-t-il ajouté. Pour lui, ce n’est pas le fait que son parti n’a pas d’élus que le P.c.t ne doit pas le considérer. «L’intérêt du P.c.t, c’est de nous couler. Il a fait en sorte que nous n’ayons pas d’élus, croyez-moi,  il a toujours fait des manipulations et ne sait pas respecter les autres. Nous demandons juste le respect», a renchéri Jean-Jacques Yhombi-Opango.
Quant aux élections législatives et locales, le R.d.d a présenté des candidats dans quelques localités, à savoir: Pointe-Noire, Pokola, Owando, Boko-Songho, Nkayi, Dolisie, Madingou et Boundji. «Nous avons eu un gros problème de moyens et les conditions n’ont pas pu être réunies. Nous nous sommes battus avec les moyens du bord», a-t-il affirmé. Alors, il a lancé un appel au Président de la République. «S’il estime qu’il est un enfant d’Owando, qu’il fasse en sorte que ça se passe loyalement. Si, d’aventure, il y a des manipulations habituelles, je ne l’accepterai pas», a-t-il prévenu, tout en rejetant la responsabilité à ses adversaires. «Nous n’avons pas comme argument les armes. S’il y a des incidents à Owando, ça ne sera pas du fait du R.d.d. Je suis un homme de paix et j’irai en paix à Owando. Que ceux qui font des fiches bidon au Chef de l’Etat le comprennent. Il faut faire respecter le verdict des populations d’Owando. Nous n’accepterons pas le vol. Je suis prêt à mourir, si le P.c.t triche à Owando. J’assumerai mes responsabilités, parce qu’il y va de l’honneur des populations d’Owando», a-t-il averti.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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