Election présidentielle en France : Emmanuel Macron en tête contre Marine Le Pen, le premier tour a tout joué!

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A près de 40 ans, Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires et ancien ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique (en 2014), grand frondeur devant l’Eternel contre son parti, le P.s (Parti socialiste), est en passe de devenir le prochain Président français. Il a remporté le premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 23 avril dernier, avec 23,9% des voix, contre 21,4% à la présidente du Front national, Marine Le Pen.

Quant aux candidats des deux principaux partis de la gauche et de la droite, ils ont été battus à plate couture. Une défaite historique qui démontre le désintérêt des Français des grandes machines politiques, pour préférer ceux qui incarnent la nouveauté et le dynamisme de la jeunesse.

Jean-Luc Mélenchon, un autre frondeur de la politique française, aurait pu figurer au deuxième tour. Le leader de la «France insoumise», bien ancré à l’extrême gauche, est arrivé en quatrième position, avec 19,6%, tout juste devant le candidat de la droite républicaine, François Fillon (19,9%). Ce dernier quitte la compétition électorale pour aller sans doute se préparer tranquillement à ses démêlées avec la justice, à la suite des scandales qui ont empoisonné sa campagne électorale.
Elle est, par contre, historique, la défaite du candidat du P.s, qui avait remporté les primaires. Avec 6,3% des voix, Benoît Hamon a vraiment mordu la poussière. Il a reçu le camouflet que les Français voulaient sans doute infliger au Président sortant, François Hollande, qui a renoncé à solliciter un second mandat. Le débat sera houleux au Parti socialiste qui a besoin de se refaire à travers une véritable cure de jouvence. Les six autres candidats n’ont pas dépassé la barre de 5%.
La campagne électorale pour le deuxième tour est déjà lancée. Il ne fait pas de doute qu’au regard des soutiens qu’il reçoit, Emmanuel Macron est le futur Président français. Il bénéficie de l’effet anti-extrême droite, qui avait déjà assuré à Jacques Chirac, une réélection à 82,21% des voix en 2002, contre Jean-Marie Le Pen (17,79%). La France républicaine s’était, en effet, mobili-
sée pour faire barrage à l’accès au pouvoir du Front national. Suivant ce principe, François Fillon et Benoît Hamon ont appelé à voter pour Emmanuel Macron, on ne voit pas comment Marine Le Pen pourra éviter la défaite comme celle déjà subie par son père.
Cette fois-ci, le même scénario se reproduit comme en 2002. Mais, c’est un candidat frondeur contre son parti, le P.s, qui bénéficie de cet effet. Emmanuel Macron est un jeune énarque qui fait son entrée au Parti socialiste en 2006. François Hollande le nomme secrétaire général adjoint de l’Elysée en 2012, avant de le faire entrer au gouvernement deux ans plus tard. En avril 2016, il crée un courant politique, nommé «En marche» et devant son comportement d’indiscipline, il est poussé à la démission du gouvernement, quatre mois plus tard. Il ne participe pas à l’élection primaire du parti, destinée à choisir le candidat du P.s à l’élection présidentielle. Mais, il annonce sa candidature, le 16 novembre 2017. Progressivement, il bénéficie du soutien des caciques du parti, déçus par l’envergure peu convaincante de Benoît Hamon qui a remporté la primaire du parti. Même l’ancien Premier ministre, Emmanuel Valls, préfère jeter son dévolu sur lui. Emmanuel Macron a connu une ascension fulgurante au point de déclasser, dans les sondages, les vieux routiers de la politique française comme François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.
La ligne politique qu’il défend s’inspire de la social-démocratie, pensent nombre d’observateurs. Il y en a qui le considère comme un social-libéral, en raison de son choix du libéralisme qu’il classe comme étant une valeur de la gauche. Bref, le futur Président français est conciliant entre la gauche et le libéralisme économique. Est-ce par opportunisme? Ce mélange de genres lui réussit plutôt, dans un siècle où le pragmatisme compte beaucoup plus que l’affirmation idéologique. Emmanuel Macron est conscient que pour gagner, il doit se présenter en rassembleur. «Dès ce soir, je me dois d’aller au-delà et de rassembler les Français… Désormais, il me revient de rassembler plus largement encore, de réconcilier notre France, pour gagner dans quinze jours et demain, pour présider notre pays», a-t-il lancé, après la proclamation des résultats du premier tour. Comme quoi, la route de l’Elysée lui est véritablement ouverte et ce n’est pas une «macronade».

Joël NSONI

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