Rétablissement de la sécurité publique dans le Pool : Une attaque-surprise contre l’armée, qui indigne et suscite des interrogations

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Un détachement des F.a.c (Forces armées congolaises), composé des militaires du G.p.c (Groupement para-commandos) et de la D.g.s.p (Direction générale de la sécurité présidentielle), a subi une attaque-surprise des ninjas-nsiloulou, à l’aube du mardi 18 avril 2017, dans la zone du village Hérila, située à 27 kilomètres de Kindamba, à mi-chemin de Mayama.

La force publique a subi de lourdes pertes, avec notamment la mort, sur place, de 9 éléments, tandis qu’une dizaine d’autres militaires ont été grièvement blessés. Les corps, les blessés et les rescapés ont été ramenés à Brazzaville par hélicoptère, avant la fin de la matinée du jour où l’attaque a eu lieu. Les pertes subies par la force publique ont suscité une grande indignation dans la capitale et des interrogations fusent sur le règlement de la question du Pool.
C’est, sans doute, le quatrième épisode le plus sanglant qu’ont subi les forces de l’ordre, depuis le début de la crise armée dans le Pool, en septembre 2016. Il y a eu des attaques sur le C.f.c.o et sur la route nationale n°1, entre Brazzaville et Kinkala et sur la route carrossable Koubola-Kibossi.
Alors que la Force publique a marqué des points en affaiblissant les groupes armés ninjas-nsiloulou dans plusieurs endroits du Pool, particulièrement dans les districts de Goma-Tsétsé, Mayama, Kindamba, Mindouli, etc.,  et que l’on se préparait à ouvrir les couloirs sécurisés, pour permettre aux ex-combattants de pouvoir sortir sains et saufs, l’attaque-surprise de Hérila est venu tristement rappeler à l’opinion nationale que le rétablissement de l’ordre et de la sécurité dans le Pool reste encore un grand chantier.
Selon des témoignages, le détachement dirigé par le commandant Thierry Ngambié a été attaqué très tôt, le mardi 18 avril, entre 4h et 5h du matin, par un groupe de ninjas-nsiloulou surgi de la forêt. Le nombre élevé de militaires (neuf) qui ont trouvé la mort sur place et de blessés, une dizaine, prouve que le détachement était pris à la surprise. Parmi les victimes, il y a le commandant Ngambié lui-même, son adjoint, un capitaine, un lieutenant et des sergents. On compte aussi un civil, Mbemba Guy. De source sûre aussi, la Force publique a réagi par une contre-attaque qui aurait déjà fait de nombreux morts dans les rangs des groupes ninjas-nsiloulou.
L’on apprend que le pasteur Ntumi aurait appelé ses fidèles, à l’occasion de la fête de Pâques, de reprendre les attaques armées contre les positions de la Force publique. Toujours introuvable, le pasteur rebelle a fait poster, le 26 mars 2017, une vidéo prouvant qu’il est bien en vie, quelque part dans le Pool. «Je puis vous assurer que je suis bien portant, malgré les bombardements, malgré les traques auxquelles nous sommes assujettis. Mais, Dieu ne nous laissera pas», déclare-t-il dans cette vidéo dont des sympathisants font la promotion sur «You Tube», non pas véritablement parce qu’ils adhèrent au projet de Ntumi, mais beaucoup plus pour exprimer leur opposition au régime du Président Denis Sassou-Nguesso ou, simplement, par chantage.
Après l’attaque de Hérila, nombreux sont les Congolais qui s’interrogent sur le fait qu’on n’arrive pas à attraper Ntumi, un an après le lancement de mandats d’arrêt contre lui et deux de ses proches. L’opposition congolaise, toutes tendances confondues, appelle au dialogue politique, pour régler cette question. Le gouvernement a choisi la voie de la justice, en rapport avec les événements du 4 avril 2016, pour en finir avec l’impunité. Mais, un an après, l’attaque de Hérila semble démontrer que les progrès dans cette voie ne sont pas décisifs. Le pasteur Ntumi, qui a fui avec ses partisans et une famille nombreuse, errant entre dans les forêts des districts de Mayama et Kindamba, est toujours introuvable. Pendant ce temps, les populations civiles payent le plus lourd tribut à cette situation: villages vidés, viols, vols, agressions armées, assassinats, pillage, insécurité, etc., sont devenus le lot quotidien d’une population qui ne sait plus d’où lui viendra le salut. Les déplacés dans les départements limitrophes du Pool et à Brazzaville sont fatigués de vivre une vie de misère, sans assistance humanitaire ou presque, et veulent regagner leurs villages «pour y mourir», mais personne n’entend leurs cris du cœur. La question du Pool semble être un casse-tête chinois à l’Etat congolais. Comment se fait-il que sur le territoire national, la Force publique ne trouve pas trace d’un fugitif, donnant l’impression qu’il s’agit de rechercher une aiguille dans une botte de foin? Conséquence? Les langues se délient: veut-on réellement attraper Ntumi, le soumettre à la justice et mettre fin  à la crise du Pool?

Joël NSONI

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