Durquap (Projet de développement urbain et de restructuration des quartiers précaires) : Quatre quartiers précaires de Brazzaville et Pointe-Noire seront améliorés

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Cofinancé par le gouvernement et la Banque mondiale à hauteur de 120 millions de dollars américains (40 millions pour le gouvernement et 80 millions pour la Banque mondiale), le Durquap (Projet de développement urbain et de restructuration des quartiers précaires) a été, officiellement, lancé lundi 10 avril 2017 lors d’une cérémonie à l’Hôtel Radisson Blu, à Brazzaville, par Jean-Jacques Bouya,...()

ministre de l’aménagement du territoire et des grands travaux, en présence de Mme Ingrid Olga Ebouka Babackas, ministre du plan, de la statistique et de l’intégration régionale, Djibrilla Adamo Issa, représentant-résident de la Banque mondiale au Congo, des maires de Brazzaville, Hugues Ngouélondélé, et Pointe-Noire Roland Bouiti Viaudo. Il y avait également, l’ambassadeur de France Bertrand Cochery, le directeur de l’Afd (Agence française de développement) Stéphane Madaule, et bien évidemment le coordonnateur de ce projet, M. Batounguidio.

Avril 2017-mars 2021, le Durquap est un projet qui est exécuté sur quatre ans avec comme quatre quartiers cibles, notamment: Mboukou et Tchianiambi à Pointe-Noire, Sukissa et Moukoundzi-Ngouaka, à Brazzaville. Il va entraîner la création des emplois dans ses quartiers où vont se réaliser des activités de construction à haute intensité de main-d’œuvre et de développement économique local.
Après les quatre allocutions officielles (mot de bienvenue du député-maire de Brazzaville; mot du représentant-résident de la Banque mondiale; allocution du ministre du plan, de la statistique et de l’intégration régionale et discours de lancement du ministre l’aménagement du territoire et des grands travaux, en tant que tutelle du projet), l’assistance a suivi un exposé sur le thème: «Problématique des quartiers précaires en Afrique et présentation de quelques expériences de résorption, les approches, les solutions et les leçons à tirer», développé par Isagha Diagana, un expert en urbanisme.
A travers cette conférence, l’auditoire a été édifié sur la situation des villes africaines dont la plupart sont confrontées à des problèmes d’insuffisance d’accès à l’eau potable et à l’électricité, d’assainissement, etc. Ces villes sont caractérisées par l’explosion démographique.
Mais, il y a, aussi, des villes africaines en modernisation qui sont de puissants vecteurs de développement. Si l’urbanisation est maîtrisée, elle peut contribuer à la croissance économique, car les villes peuvent être de véritables pôles de croissance, elles peuvent également contribuer à la réduction de la pauvreté et favoriser l’accès aux services de base.
D’ailleurs, dans son allocution, Djibrilla Adamo Issa a démontré que le Congo est fortement urbanisé. Ainsi, le pays est confronté à un certain nombre de défis parmi lesquels un besoin en investissements importants et des capacités institutionnelles pour gérer les villes. Le manque d’investissements freine le développement urbain productif et inclusif du pays. On constate un phénomène d’étalement urbain, une forte spéculation foncière et une multiplication des zones d’habitats précaires. Il est établi que les zones d’habitations non planifiées à Brazzaville et Pointe-Noire représentent environ 60% de la superficie des terres.
Selon lui, le projet Durquap va mettre en place une stratégie simplifiée de restructuration qui pourra être répliquée et pilotée par les pouvoirs publics à la fin de celui-ci. En lançant le projet, Jean-Jacques Bouya a mis en avant les atouts que représentent les villes congolaises. «Nos villes disposent de plusieurs atouts, dont leur forte urbanisation, car l’on sait, par ailleurs, qu’aucun pays au monde ne s’est développé sans s’urbaniser. Ce processus de restructuration au terme duquel une cible de 65.000 habitants sera atteinte, dans un environnement de 420 hectares dédiés, ne sera pas évidemment aménité sur la santé du commun des populations», a-t-il déclaré. Le Durquap est donc lancé. Mais, les pouvoirs publics ne doivent pas oublier que si en quatre ans, on ne s’occupe que de quatre quartiers dans deux villes, beaucoup d’autres quartiers précaires attendent des solutions similaires dans toutes nos villes.

Philippe BANZ    

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