Ministère de la santé et de la population : La Cameps, une nouvelle centrale d’achat des médicaments

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Le Congo s’est doté d’une nouvelle centrale d’achat des médicaments, la Cameps (Centrale d’achat de médicaments essentiels et produits de santé), en remplacement de la Comeg qui a montré ses limites. La loi relative à la création de cet établissement public à caractère industriel et commercial avait été adoptée par le parlement depuis octobre 2015. Depuis mai 2016, le Ministère de la santé et de la population s’attèle à mettre en place la nouvelle centrale d’achat.

C’est dans ce sens que s’est tenu, du 10 au 11 avril 2017, un atelier de consensus, sous le patronage de Mme Jacqueline Lydia Mikolo, ministre de la santé et de la population, en présence de Mme Fatoumata Binta Tidiane Diallo, représentante de l’O.m.a au Congo, des partenaires techniques, etc.
L’approvisionnement en médicaments essentiels demeure un défi pour les systèmes de santé dans la région africaine. C’est pourquoi, l’O.m.s, a dit Mme Fatoumata Binta Tidiane Diallo, soutient la mise en place des centrales d’achat des médicaments essentiels qui puissent collecter tous les besoins en médicaments et produits de santé, «passer les commandes selon les bonnes pratiques pharmaceutiques garantissant la qualité et l’accessibilité, et en assurer la distribution à l’ensemble des formations sanitaires», a-t-elle dit dans son allocution.
La représentante de l’O.m.s a rappelé que son organisation recommande une véritable autonomie des centrales d’achat pour la pérennité des systèmes d’approvisionnement. «Il s’agit d’une autonomie technique en rapport avec les procédures particulières qu’elle devra mettre en œuvre, pour l’acquisition des médicaments, notamment une présélection des fournisseurs et des appels d’offre conforme aux bonnes pratiques pharmaceutiques. Mais aussi, d’une autonomie financière permettant d’assurer un renouvellement régulier des stocks et lui conférant une crédibilité vis-à-vis des fournisseurs et des partenaires», a-t-elle ajouté, avant d’exprimer l’entière disponibilité de l’O.m.s à soutenir ce processus et à «fournir des appuis techniques nécessaires pour faire de la Cameps, une centrale d’achat fiable et viable». Car, «les initiatives, combien louables comme la gratuité de la prise en charge du Vih-sida, du paludisme chez la femme enceinte et les enfants de moins de 15 ans, de la gratuité de la césarienne restent tributaires de la disponibilité des médicaments», a rappelé Mme Fatoumata Binta Tidiane Diallo qui a, par ailleurs, fustigé la gestion des deux précédentes centrales d’achat des médicaments, à savoir: la Cenemes (deux ans) et la Comeg (huit ans), au regard de leurs expériences mitigées.
Pour sa part, la ministre de la santé et de la population, parlant du statut juridique de la Cameps, a indiqué que la nouvelle centrale a pour mission «d’approvisionner les formations sanitaires publiques et privées à but lucratif ou non,  participant au service public de santé, en médicaments et  autres produits de santé de qualité et à moindre coût». Ce faisant, «la Cameps sera  amenée à jouer le rôle de pivot de notre système d’approvisionnement en médicaments,   car elle devra acquérir, stocker et distribuer selon  les normes internationalement reconnues, l’ensemble  des  médicaments contenus dans la liste  nationale  des médicaments essentiels et nécessaires à la prise en charge des malades courantes dans notre pays», a-t-elle précisé. «Cette centrale d’achat répond non seulement aux attentes légitimes des Congolais, mais aussi aux orientations de notre politique de santé et aux recommandations des assises de la santé qui se sont tenues à Ewo, au mois de décembre 2016», a indiqué Mme Jacqueline Lydia Mikolo.
Rappelons que pour la mise en place de cette nouvelle centrale d’achat, la ministre de la santé avait suivi une démarche participative, sous la conduite d’un comité ad-hoc associant l’ensemble des parties prenantes. Cela a conduit à l’élaboration des instruments nécessaires au fonctionnement de cette centrale, notamment la loi organique, le profil des ressources humaines, le schéma de distribution des médicaments et la liste des besoins en médicaments essentiels et génériques.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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