R.p.d.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme) : Renforcer l’engagement citoyen dans le contrôle des politiques publiques

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La R.d.p.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme), une O.n.g dirigée par Christian Mounzéo, réalise, pendant trois ans (2016-2018), un projet de «renforcement du rôle de la société dans l’analyse et le suivi des politiques publiques et le contrôle citoyen de l’action publique», en partenariat avec l’O.n.g Transparency international, sur financement de la délégation de l’Union européenne au Congo.

Ce projet est basé, entre autres, sur l’organisation d’un cycle de formations pour mobiliser les citoyens, les O.n.gs, les médias, les autorités et élus locaux autour de la gestion transparente et responsable des revenus extractifs en mettant l’accent sur les enjeux de la norme I.t.i.e (Initiative pour la transparence dans les industries extractives). Il trouve sa justification dans la crise financière et économique dans laquelle le Congo est plongée depuis 2015, après une décennie de boom pétrolier dont la gestion des revenus a malheureusement été affectée par des fléaux comme la corruption, la surfacturation des marchés publics et le détournement des fonds publics, comme la R.d.p.h l’explique ci-après.
Le Congo traverse actuellement une période de crise financière et économique due à la dépendance de son économie au pétrole, dont les coûts sur les marchés internationaux sont instables. Malgré ses richesses naturelles (pétrole, forêts, mines), le pays est encore sujet à une pauvreté endémique limitant considérablement l’accès aux droits économiques et sociaux à une grande partie de sa population. Les efforts déployés par le gouvernement pour doter le pays d’infrastructures routières, de centres hospitaliers et de logements sociaux, n’ont pas encore d’impact réel sur le vécu quotidien des populations, compte tenu de l’écart entre les investissements consentis et les réalisations de terrain, le niveau insuffisant de prise en compte des attentes réelles des populations et essentiellement la faiblesse des politiques de répression de la corruption, fléau qui gangrène l’ensemble des structures administratives, économiques et financières du pays.
L’annulation de la dette de l’Etat vis-à-vis des institutions financières internationales grâce au programme Pays pauvre très endetté (P.p.t.e) aurait dû constituer une opportunité de développement. En outre, le boom pétrolier qui en a suivi a renfloué les caisses publiques, avec des budgets excédentaires, mais sans jamais garantir un essor économique. Bien au contraire, la période faste a exacerbé la corruption. Et la crise liée à la chute des cours mondiaux du pétrole a révélé la fragilité de l’économie congolaise et le besoin urgent de renforcer la responsabilité et la redevabilité quant à la gestion d’une matière aussi stratégique que le pétrole. Face à ce contexte, l’Etat éprouve d’énormes difficultés dans la mise en œuvre de sa politique et, de ce fait, il paraît légitime pour l’opinion de s’interroger sur l’utilisation des excédents budgétaires de la dernière décennie et du réendettement actuel du pays.
Pour changer le contexte suscité, la R.p.d.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme) et son partenaire «Transparency international» considèrent que le développement et la lutte contre la pauvreté ne sont possibles qu’avec une implication renforcée des citoyens dans le contrôle de l’action publique. Ceci induit un engagement citoyen autour du suivi des politiques budgétaires et, en particulier, le suivi des investissements publics, comme levier de la transparence et de l’obligation de rendre compte, de façon que les revenus tirés de l’exploitation des ressources naturelles soient utilisés effectivement en faveur du financement des droits économiques et sociaux et de la lutte contre la pauvreté.
Promouvoir l’I.t.i.e (Initiative pour la transparence dans les industries extractives) s’avère crucial, tenant compte de sa finalité qui repose sur l’appropriation, par le public, des informations sur les revenus extractifs, afin de renforcer la responsabilité de l’action publique, comme tremplin pour le développement et l’amélioration des conditions de vie des populations. La R.p.d.h entend promouvoir également les droits économiques et sociaux, le suivi budgétaire et la lutte contre la corruption, afin de renforcer le suivi des politiques publiques et l’obligation de reddition des comptes. L’organisation compte doter les médias, les élus locaux, les agents de santé, les citoyens des capacités nécessaires à un suivi efficace des dépenses publiques.
D’où l’ambition, à travers le présent cycle de formations, de combler les déficits existants en matière de participation citoyenne, grâce à l’acquisition, par les bénéficiaires (citoyens, O.n.gs, autorités et élus locaux, médias) d’outils à même de renforcer leurs capacités de suivi, dans le cadre de la transparence des revenus et des dépenses, et de mécanismes de lutte contre le fléau de la corruption.

Propos recueillis par Jean-Marc MAKOUNDI


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