Tribunal de grande instance de Brazzaville : André Gakala-Oko lance «une guerre» pour anéantir les «Bébés noirs»

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Dans l’intérêt de préserver la paix et la sécurité publique dans la capitale, Brazzaville,  face au phénomène des bandes criminelles appelées «Bébés noirs», constituées d’adolescents et de jeunes adultes qui agressent les gens dans les quartiers à l’aide d’armes blanches, causant des dégâts parfois effroyables allant jusqu’à l’assassinat, André Gakala-Oko, procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Brazzaville s’est adressé, le vendredi 7 avril 2017, aux officiers de police judiciaire qui, du reste, sont sous son autorité.

Il les appelés à livrer une véritable guerre aux Bébés noirs, pour les mettre hors d’état de nuire.
Selon l’article 12 du code de procédure pénale, «la police judiciaire est sous la direction du procureur de la République». André Gakala-Oko peut donc mettre «ses troupes en ordre de bataille», peut-on dire. Il a, en effet, invité les O.p.j (Officiers de police judiciaire), à réfléchir et à bâtir des stratégies en vue d’éradiquer le phénomène dit «bébés noirs» qui sévit dans la ville capitale. La rencontre s’est déroulée en présence du général Jacques-Antoine Bouity, directeur départemental de la police de Brazzaville et du colonel Gildas Olangué, commandant de région de gendarmerie de Brazzaville.
Dans une salle pleine d’officiers de police judiciaire, gendarmes comme policiers, André Gakala-Oko n’est pas allé par quatre chemins, pour les appeler à leur responsabilité face aux groupes de bandits appelés «Bébés noirs» qui sèment la terreur dans les quartiers. Pour lui, il faut les mettre hors d’état de nuire.
Les bébés noirs sont des bandits et des criminels. «Ils posent des actes attentatoires à l’ordre public. Munis de leurs machettes, ils blessent, assassinent les populations, violent les femmes, pillent les magasins. Nous allons leur opposer une résistance farouche. Dès cet instant, notre guerre est ouverte contre les Bébés noirs et leurs complices. Nous allons les mettre hors d’état de nuire. La comédie à trop duré», a martelé le procureur de la République.
Mais, comment faire pour parvenir à éradiquer ce phénomène criminel qui a déjà nombre de victimes et quelles sont les pistes de solutions à envisager? Telles sont les préoccupations que le procureur de la République a soumis à la réflexion des officiers de police judiciaire.
D’ores et déjà, le parquetier de Brazzaville a annoncé l’organisation des patrouilles judiciaires exigées par le ministre de la justice, lors de sa rencontre avec les magistrats des parquets des tribunaux et cours du pays. «Ces patrouilles seront mixtes, c’est-à-dire gendarmerie et police nationale. Elles vont être déployées à terme sur toute la circonscription judiciaire du Tribunal de grande instance de Brazzaville. Elles sont dirigées et coordonnées par le directeur départemental de la police de Brazzaville et le commandant de gendarmerie, sous l’autorité judiciaire du procureur de la République, en ma qualité de garant de l’ordre public», a expliqué André Gakala-Oko.
Quant à savoir si au regard de la loi, l’âge des jeunes, adolescents et mineurs composant les groupes de «bébés noirs» ne jouent pas en leur faveur, le procureur de la République est resté catégorique. «Il y a des charges qui pèsent sur ces enfants bien qu’ils soient mineurs. Nous allons organiser les procès. Nous avons des juridictions pour mineurs ou ils seront traduits. Tous les contrevenants seront traduits devant la justice. La loi est le même pour tous», a-t-il martelé.
Répondant à la question de savoir si ces «Bébés noirs» étaient entretenus par quelques autorités nationales du pays, André Gakala-Oko a simplement dit qu’il n’avait pas ces informations. «Il ne faut pas se contenter de la rumeur», a-t-il prévenu.
Reste à voir au plan pratique, comment ces patrouilles judiciaires seront opérationnelles au niveau de toute l’étendue du territoire de la capitale. Confiant, le procureur de la République a estimé que la rencontre avec les officiers de police judiciaire constitue déjà une étape décisive dans l’histoire commune de notre justice.

Cyr Armel
YABBAT-NGO


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