Pascal Tsaty-Mabiala, premier secrétaire de l’U.pa.d.s : «Notre participation à la concertation de Ouesso n’a été ni un temps perdu, ni une compromission»

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Expliquer aux militants et à l’opinion les raisons de la participation de l’U.pa.d.s à la concertation politique de Ouesso, tel est le but de la conférence de presse donnée, mercredi 15 mars 2017, par Pascal Tsaty-Mabiala, premier secrétaire de cette formation politique située à l’opposition. Pour lui, l’U.pa.d.s a pris part à cette concertation, conformément aux orientations de sa direction politique et à ses options stratégiques.

«Ce n’est ni un temps perdu, ni une compromission», a-t-il soutenu, avant de s’en prendre vivement à ses collègues de l’opposition qui ont boycotté la concertation de Ouesso, tout en critiquant l’U.pa.d.s d’y avoir participé. «Nous avons répondu favorablement à l’invitation du gouvernement», a-t-il répliqué.

D’entrée de jeu, Pascal Tsaty-Mabiala a rappelé la position prise par l’U.pa.d.s, après la publication officielle des résultats de l’élection présidentielle anticipée du 20 mars 2016. L’U.pa.d.s s’était engagée à poursuivre le «combat pour la gouvernance électorale, dans le but de doter notre pays d’un système électoral performant et équitable, débarrassé des scories dont il souffre encore». Fort de cette conviction, «nous avons répondu favorablement à l’invitation du gouvernement, afin de conforter notre position sur ce que devrait être le processus électoral en République du Congo. L’U.pa.d.s, comme vous le savez déjà, mène un combat politique démocratique et pacifique. Cette orientation n’a pas changé. A la lumière du constat fait sur le non-respect des conclusions des différentes concertations politiques, l’U.pa.d.s est allée à Ouesso avec des suggestions. Nous ne regrettons pas. Au contraire, nous sommes fiers», a indiqué Pascal Tsaty-Mabiala.
Pour lui, la participation de son parti à cette concertation n’a été ni un temps perdu, ni une compromission. Car, «trois des quatre de nos exigences ont été prises en compte, contrairement à ce que la rue et la toile savent inventer. Et dans les jours à venir, nous allons poursuivre les échanges avec le Ministère en charge des élections, en vue d’envisager le processus de recomposition de la Commission nationale électorale indépendante que nous souhaitons la meilleure, afin de garantir la sincérité du vote et la légitimité des élus», a-t-il poursuivi.
Parmi les trois exigences de l’U.pa.d.s prises en compte, figurent la recomposition de la C.n.e.i; la réalisation d’un découpage électoral transitoire et minimal portant sur la régularisation de la situation des communes de plein exercice comme Ouesso, Nkayi, Mossendjo, en faisant de chacun de leurs arrondissements une circonscription électorale; le plafonnement des dépenses de campagne électorale.  
Comme réaction à ceux qui critiquent le choix de son parti d’avoir pris part à la concertation de Ouesso, Pascal Tsaty-Mabiala a affirmé la liberté de son parti d’agir en son âme et conscience, «avant tout, selon ses intérêts stratégiques. Nous n’avions pas de raisons de ne pas partir. Nous avons des élus; ne pas partir veut dire que nous reculons. La petite position que nous avons aujourd’hui, nous la perdions. Vous croyez que nos militants nous aurions laissés faire comme ça? Je n’en suis pas sûr», a-t-il déclaré.
Ce faisant, il s’en est pris à certains leaders de l’opposition qui persistent dans des positions radicales. «Regardez l’opposition, il y a combien de vrais partis constitués avec des militants et comme positionnement national? Il faut faire extrêmement attention, lorsque vous avez des hommes et femmes à gérer, en optant pour des options radicales et incompréhensibles. Quelquefois, il faut être peut-être seul que mal accompagné. Ils parlent et prennent des positions, mais qu’est-ce qui a changé? Il ne suffit pas d’être un parti d’opposition dans les maisons. C’est l’action sur le terrain qui compte. Notre action, c’est de discuter avec le gouvernement, pour faire bouger les lignes», a-t-il signifié.
Déchaîné, le premier secrétaire de l’U.pa.d.s a fait savoir que l’opposition actuelle est une opposition de circonstance. «Comment voulez-vous qu’elle perdure? C’est le plaisir seulement de dire que nous sommes une opposition. Une opposition doit avoir un ancrage, un projet, un programme et des valeurs communes. Regardez cette opposition, ce qui nous a rassemblés, c’est le débat constitutionnel. Nous avons créé le Frocad. Okombi et Parfait sont arrivés et ont créé l’I.d.c. On s’est mis ensemble. Le Frocad, aujourd’hui, est réduit à sa simple expression. Après l’élection présidentielle, chaque parti devrait faire son analyse et voir s’il fallait, oui ou non, continuer le chemin. L’U.pa.d.s est, aujourd’hui, ce qu’elle a été avant», a-t-il martelé.
Enfonçant le clou, Pascal Tsaty-Mabiala a laissé entendre que certains dirigeants de l’opposition sont comptables de la gestion chaotique actuelle du pays. «Ils étaient aux affaires. Nous, l’U.pa.d.s, on n’est pour rien. Demain, s’il y a un jugement du peuple pour mauvaise gestion, ils doivent répondre. Ce sont des amis du Président Sassou qui sont entrés en dissidence. Au-delà de tout, il y a le pays et la paix. Devant ces deux fondements, l’U.pa.d.s recule. Nous avons géré, nous sommes un parti de gouvernement et on ne peut pas se comporter comme des voyous ou des bandits. Non,  nous devons être des gens responsables», a fait remarquer le conférencier.
Par ailleurs, le premier secrétaire de l’U.pa.d.s a précisé que son parti ira aux prochaines élections. «On ne peut pas être candidat et ne pas aller là où on traite cette élection. Ce n’est pas logique», pense-t-il.
Parmi les questions nationales qu’il a abordées, il y a la crise économique et financière qui secoue le pays. A ce propos, il a évoqué le compte des générations futures ouvert à la Banque centrale. Il a rappelé les propos du Président de la République devant le parlement réuni en congrès, lorsqu’il avait dit qu’aucune opération ne devrait être effectuée sur ce compte, sans l’autorisation du parlement.
Tout en s’interrogeant sur la crise actuelle, Pascal Tsaty-Mabiala a demandé aux journalistes de poser la question au Président de la République, pour savoir ce qu’est devenu ce compte, alors que «le pays est surendetté». «Notre dette publique vient d’atteindre 70% du P.i.b», a-t-il rappelé.

Cyr Armel
YABBAT-NGO  

Informations supplémentaires