Comité monétaire et financier national : Les banques appelées à financer l’économie nationale, pour relancer la croissance

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Le comité monétaire et financier national a tenu sa session ordinaire, suivie de celle du Conseil national du crédit, mercredi 15 mars 2017, au siège de la Direction nationale de la B.e.a.c (Banque des Etats de l’Afrique centrale), sous le patronage de Calixte Nganongo, ministre des finances, du budget et du portefeuille public, en qualité de président statutaire, en présence de Mme Ingrid Olga Ebouka-Babackas, ministre du plan, de la statistique  et de l’intégration...()

, Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la B.e.a.c, et Michel Dzombala, directeur national de la B.e.a.c, en qualité de rapporteur pour ces deux instances. Suivant les prévisions du comité, l’économie congolaise pourra enregistrer un taux de croissance de son P.i.b (Produit intérieur brut) à 1,0%, cette année, alors que la moyenne exigée dans la sous-région est de 7%. La ministre a appelé les banques à financer l’économie nationale, pour relancer la croissance.
Le secteur primaire demeure le principal moteur de la croissance au Congo. C’est pourquoi, en raison du rebond attendu de la production pétrolière, avec l’entrée en production du champ Moho Nord, le taux de croissance pourra se redresser à 1,0%.
Malheureusement, le contexte économique international morose a affecté la situation macroéconomique du pays. Selon les estimations établies par les services de la B.e.a.c, le taux de croissance du P.i.b en termes réels s’est établi à moins 2,1%, en 2016, contre 2,8%, en 2015. Ce recul résulte, essentiellement, des contreperformances du secteur primaire, sous l’effet de la baisse de la production pétrolière.
Le Conseil national du crédit s’est réjoui de la résilience des banques congolaises, qui ont maintenu leurs principaux équilibres financiers, malgré une conjoncture économique nationale difficile. A la fin de décembre 2016, elles ont enregistré une baisse de leurs dépôts de 14,4% et une hausse des crédits à l’économie de 3,2%. La couverture des crédits par les dépôts est ressortie à 112,4% un an auparavant.
Au plan mondial, le F.m.i a établi à 3,1%, la croissance en 2016, relativement stable par rapport au niveau de 3,2% enregistré en 2015. En 2017, la croissance devrait s’accélérer, pour atteindre 3,4% sous l’effet du renforcement de l’activité économique dans les pays avancés et de son impact sur le commerce mondial.
S’agissant de l’évolution des prix, à la fin du mois de décembre 2016, les tensions inflationnistes se sont accentuées, avec un taux d’inflation au-dessus du seuil communautaire, en rapport avec la perturbation du trafic routier et ferroviaire entre Brazzaville et Pointe/Noire.
Au niveau du marché des capitaux, l’activité a été marquée par un recours progressif des banques au refinancement de la Banque centrale et par l’émission du premier emprunt obligataire de l’Etat congolais.
A propos de la croissance, le ministre Calixte Nganongo se montre plus optimiste. «Concernant le taux de croissance économique, au niveau de la zone communautaire, le taux de convergence est fixé à 7%. Pour le Congo, nous allons atteindre 2 à 3%,  en 2017. Puisque nous venons de l’évaluer à -1,2%. Si nous atteignons 2 à 3%, c’est une très bonne chose. La diversification économique, il ne faut pas dire que si on prend la décision,  aujourd’hui, dès demain, on touche les fruits de la diversification. C’est vrai qu’aujourd’hui, nous comptons beaucoup sur le pétrole. On a fait un budget très, très serré qui gèle les investissements. Aujourd’hui, nous pensons que dans le programme du Chef de l’Etat, il est ciblé beaucoup de secteurs qui pourraient nous permettre cette diversification, notamment l’agriculture. Il y a l’espoir», a-t-il confié à la presse, à la fin de la session.
Sa collègue, Mme Ingrid Olga Ebouka-Babackas, a surtout appelé les banques à financer l’économie nationale. «Nous avons plutôt invité le secteur bancaire, à travers le président de l’Association professionnelle des établissements des crédits, à mieux faire, effectivement, pour répondre à la question lancinante: comment financer le développement des petites et moyennes entreprises, en fait des entreprises en général, pour mieux accompagner l’Etat dans son effort de diversification de l’économie», a-t-elle déclaré. Avant de reconnaître que les banques congolaises sont toujours en surliquidités, malgré une conjoncture économique plus ou moins difficile.

Philippe BANZ           


Informations supplémentaires