Crise économique et financière : Le Congo frappe à la porte du F.m.i, pour s’en sortir

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Le Congo est de nouveau plongé dans une grande crise économique et financière caractérisée par un effondrement de ses revenus budgétaires, à cause de la chute du prix du baril de pétrole, par une aggravation de sa dette et par une gouvernance affaiblie par l’incapacité de l’Etat à faire face à ses charges courantes.

C’est dans ce contexte qu’une mission du F.m.i (Fonds monétaire international), dirigée par Abdoul Aziz Wane, a séjourné à Brazzaville, du 20 février au 8 mars 2017. Pendant son séjour de travail, l’équipe du F.m.i a été reçue par le Premier ministre, chef du gouvernement, Clément Mouamba, et a rencontré quelques membres du gouvernement. Il ne fait plus de doute que le Congo souhaite le secours du F.m.i, pour s’en sortir.
Depuis deux ans, le Congo-Brazzaville est secoué par une crise économique et financière qu’il n’arrive pas à résorber. Son taux de croissance est passé de 6%, en 2014, à 1,2%, en 2015. Il est remonté à 2,6%, en 2016, avant de retomber à 0,9%, aujourd’hui. Le F.m.i, qui a réalisé une mission d’enquête à Brazzaville pour bien cerner la réalité de l’économie congolaise, entend poursuivre les discussions avec les autorités nationales, afin de soutenir un programme de financement. La nécessité d’un ajustement budgétaire, en vue de renforcer la confiance des investisseurs, la contenance de la dette publique à un niveau soutenable ainsi que la stimulation de la croissance sont les priorités du programme qui pourrait être mis en place.
«La baisse des prix internationaux du pétrole fait subir des difficultés considérables à l’économie de la République du Congo, qui s’est fortement contractée en 2016. Le choc pétrolier a coïncidé avec les efforts du gouvernement visant à améliorer l’infrastructure du pays et à augmenter les salaires des fonctionnaires. En conséquence, la dette publique a augmenté à 77% du P.i.b et les marges de manœuvre du gouvernement ont été érodées. En particulier, les réserves internationales imputées de la République du Congo sont tombées à deux mois d’importations. Les prêts improductifs ont augmenté du fait de l’accumulation des arriérés du gouvernement qui a affaibli les entreprises privées. Le gouvernement a accumulé des arriérés extérieurs en 2016 et 2017», signale la mission du F.m.i, dans le communiqué sanctionnant sa visite de travail à Brazzaville.
Pour sa part, le gouvernement a déjà entrepris des mesures d’austérité, comme l’a recommandé le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso. Avant que le gendarme (F.m.i) n’arrive, puisque son arrivée est maintenant inévitable, autant mieux apprendre à abandonner le grand train de vie des années 2004-2014, pour se contenter du peu. Depuis 2015, en effet, le train de vie de l’Etat a beaucoup ralenti. Dans un «Coup d’œil en biais» intitulé: «Le Congo frappe à la porte du Fonds monétaire international», on signalait qu’avant l’arrivée de la mission du F.m.i, «Jeune Afrique» affirme que les dirigeants congolais avaient mis, déjà, à exécution les premières mesures de réduction du train de vie de l’Etat. On apprend, dans cet article, que pour les membres du gouvernement, les déplacements à l’étranger sont désormais restreints et ouverts à un maximum de trois collaborateurs, que l’accès aux salons V.i.p dans les aéroports ou encore l’utilisation des jets privés pour les voyages à l’intérieur du pays sont aussi interdits à la plupart des ministres, de même que la quasi-totalité des primes qui leur sont accordées, ainsi qu’aux membres de leurs cabinets et aux députés sont supprimées. Tout comme les subventions trop généreusement accordées aux partis politiques, notamment ceux proches du pouvoir, comme le P.c.t (Parti congolais du travail). On apprend également, à travers ce document, que l’opération de nettoyage du fichier de la Fonction publique a été lancée avec pour objectif de débusquer quelque 20.000 agents fictifs. En tout cas, si l’on en croit le journal de Béchir Ben Yahmed, le Congo a frappé à la porte du F.m.i. Y aura-t-il, comme dans les années 80, des privatisations en série des entreprises publiques et les vagues de licenciements dans ce secteur? Il faut craindre que la potion soit vraiment amère, pour un pays qui a engrangé entre-temps des recettes vertigineuses générées par les hydrocarbures, avant la chute du prix du baril de pétrole.

Joël NSONI

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