Journée internationale de la femme : Les femmes congolaises à la conquête de la parité!

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Sous le patronage du Premier ministre, chef du gouvernement, Clément Mouamba, les femmes congolaises ont organisé une marche, sous forme de défilé, mercredi 8 mars 2017, sur le Boulevard Général Alfred Raoul, à Brazzaville, à l’occasion de la journée internationale de la femme.

Organisée à l’initiative de Mme Inès Bertille Nefer Ingani, ministre de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, qui était aux côtés du Premier ministre, cette marche, baptisée «Marche pour la parité» a mobilisé plus de vingt mille femmes venues des institutions, administrations et structures publiques, des sociétés publiques et privées, des arrondissements de la capitale, des confessions religieuses, des partis et groupements politiques, des associations féminines, des établissements scolaires et universitaires, etc. Elle s’est déroulée en présence de Mme Arlette Sombo-Dibele, ministre de l’environnement de la République Centrafricaine, des membres du gouvernement et du corps diplomatique, des représentants des agences du système des Nations unies, etc.
Sur le Boulevard Général Alfred Raoul, les pas des femmes congolaises marchant pour la parité ont résonné fort, donnant à la journée du 8 mars, un caractère solennel, comme jamais Brazzaville ne l’avait plus fait depuis des années. Cette année, la journée internationale de la femme a revêtu un caractère digne du combat des femmes pour l’égalité des sexes.
Quatre allocutions ont été prononcées, avant la marche: le mot de bienvenue du représentant du préfet de Brazzaville, la lecture du mémorandum des femmes congolaises par Mme Martine Galloy, la lecture du message du secrétaire général de l’Onu par le Dr Fatoumata Binta Diallo, représentante de l’O.m.s au Congo, et le mot de Mme Inès Bertille Nefer Ingani.
Dans son mot d’usage, Jean-Claude Nkounkou, secrétaire général du Département de Brazzaville a exhorté les femmes à plus d’ardeur, de dynamisme et, surtout, de solidarité pour gagner le combat contre toutes les formes de discriminations à leur égard et de bien mener les actions de plaidoyer pour une meilleure prise en compte de leur représentativité dans les instances de prise de décisions.
Rendant public le mémorandum des femmes congolaises, Mme Martine Galloy, au nom de la société civile, a déploré le faible taux de représentativité des femmes dans le processus de prise de décisions comme  démontre le ratio suivant: Sénat 10 femmes sur 72 hommes; Assemblée nationale: 10 femmes sur 135; gouvernement: 8 femmes sur 38; aucune femme Premier ministre, aucune ministre d’Etat et préfet; mairie de commune: 1 femme sur 6; présidente des conseils départementaux: 2 femmes sur 12; directeurs généraux: 18 femmes sur 133; directeurs centraux: 83 femmes sur 557; général d’armée: aucune femme; directeur de cabinet: 2 femmes sur 38.
Les femmes du Congo réclament au Chef de l’Etat, la promulgation de la loi sur la parité.
Pour sa part, lisant le message du secrétaire général des Nations unies, Mme Fatoumata Binta Diallo a relevé que les droits de la femme font partie intégrante des droits de l’homme. Mais, en ces temps troublés, alors que le monde devient plus imprévisible et chaotique, les femmes et les filles voient leurs droits remis en question, limités ou réduits. Le seul moyen de protéger les femmes et les filles et de leur permettre de s’épanouir pleinement, c’est de les autonomiser.
La ministre Inès Bertille Nefer Ingani a remercié les femmes qui se sont levées d’une seule voix, pour manifester la volonté du changement du statut de leurs droits. La parité, a-t-elle souligné, n’est pas uniquement une affaire des femmes intellectuelles. Dans les marchés, les mamans doivent être dans les comités de marché ensemble avec les hommes. «La parité est un acquis que nous devons préserver. Aussi, dans nos maisons, cultivons la paix familiale, inculquons les valeurs de paix à nos enfants pour qu’ils soient des ambassadeurs de la paix des douze départements de notre pays», a-t-elle déclaré. Par ailleurs, la ministre de la promotion de la femme s’est-elle interrogée: «Comment pourrons-nous, mères, sœurs, atteindre la parité, si notre intérêt sur la question liée à la gestion de la cité est très limitée, si nous avons peur de briguer les postes réservés aux hommes, si nous n’avons pas confiance en nous-mêmes, si nous ne sommes pas solidaires? Alors chers mamans, il nous faut une vision commune, de détermination et de solidarité, pour que nous jouissons de nos droits…». Enfin, elle a fait savoir que l’avant-projet de loi sur la parité, longtemps resté sans suite, a été examiné et validé en conseil de cabinet et doit suivre son cours normal jusqu’à son adoption par le parlement et sa promulgation par le Chef de l’Etat.
19 femmes ont reçu des distinctions honorifiques, dans l’Ordre du mérite congolais. Elles ont été décorées par le Premier minisre Clément Mouamba, au nom du Président de la République. La ministre Ingani a été nommée au grade d’officier Inès. D’autres femmes ont été nommées au grade de chevalier dans l’Ordre du dévouement congolais, au grade de la médaille d’or, au grade de la médaille de bronze, dans l’ordre de la médaille d’honneur, etc
Le défilé, retransmis en direct par la chaîne de télévision privée D.r.t.v, avec comme commentateur Médard Milandou, a duré trois heures. Les femmes, jeunes et adultes, ont défilé avec engouement et enthousiasme, sous la musique de la fanfare kimbanguiste. Il faut dire qu’avant la cérémonie, des groupes musicaux composés de femmes ont assuré l’animation.
Signalons que plusieurs manifestations ont été organisées à Brazzaville, à Pointe-Noire et ailleurs dans le pays, pour marquer cette journée de promotion des droits de la femme, comme la causerie-débat sur la parité organisée à l’I.f.c (Institut français du Congo), par l’Association des femmes juristes du Congo, dirigée par Mme Jocelyne Milandou, et la projection d’un film sur le même thème.

Aybienevie
N’KOUKA-KOUDISSA


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