Rétablissement de l’ordre public dans le Département du Pool : Le gouvernement appelé à hâter les pas, pour exécuter les orientations présidentielles

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Après les orientations données par le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, lors de l’audience accordée vendredi 3 mars 2017, aux membres de la Cellule de veille du C.c.a.s (Comité consultatif d’appui et de suivi de la municipalisation  accélérée du Pool), le tour va revenir au gouvernement de se lancer dans la mise en œuvre de ces orientations, afin de créer les conditions du rétablissement de la sécurité et de l’ordre publics dans le Département du Pool. Les Ministères en charge de l’intérieur, de la défense et de l’humanitaire sont, en principe, aux avants-postes de ces missions.

 

Aux alentours du 18 février, les autorités locales de Kindamba ont organisé un grand meeting au cours duquel elles ont lancé un appel aux jeunes ayant pris les armes pour suivre Ntumi, de sortir des forêts. Cet appel n’est pas resté lettre morte. En effet, de plus en plus, les jeunes égarés désirent revenir dans leurs localités, pour reprendre une vie normale. Seulement, les dispositions ne sont pas toujours prises pour leur réinsertion. Les autorités locales n’ont pas, en effet, les moyens nécessaires pour faire face aux problèmes posés par «les ex-combattants». Par exemple, ceux-ci exigent que leurs armes soient rachetées. Ils ne veulent pas les remettre gratuitement.
Parlant aux membres de la Cellule de veille du C.c.a.s, le Chef de l’Etat, Denis Sassou-Nguesso, a clairement indiqué que les jeunes doivent sortir par des couloirs sécurisés et être traités avec humanité. Des lieux de cantonnement seront retenus, à travers le pays, où ils seront conduits, pour suivre des programmes de réinsertion socio-professionnelle.
Reste maintenant à mettre en pratique les orientations du Président de la République. La tâche en revient, évidemment, au gouvernement. En principe, une délégation de la Cellule de veille du C.c.a.s devrait rapidement rencontrer le Premier ministre Clément Mouamba, pour rendre compte des orientations du Chef de l’Etat. Ensuite, les Ministères en charge de l’intérieur et de la défense devraient s’occuper, en collaboration avec leurs services dans le Pool, de l’ouverture des couloirs sécurisés. Le Ministère en charge de l’action humanitaire est aussi concerné, puisqu’il faudra s’occuper de l’alimentation des jeunes qui sortent.
Or, après les orientations du Président de la République, on remarque la même lenteur, pour ne pas parler de léthargie du côté du gouvernement. C’est comme si le Chef de l’Etat n’a pas parlé. Mais, si les couloirs sécurisés ne sont pas ouverts, comment les jeunes égarés dans les forêts vont-ils sortir? L’enjeu des orientations présidentielles est bien le rétablissement de la sécurité et de l’ordre publics dans le Pool, de façon à rendre possible, la tenue, dans ce département, des élections prévues cette année dans le pays. Si les couloirs sécurisés ne sont pas ouverts, le Pool risque de ne pas abriter les futures élections.
Quant à Frédéric Bintsamou, alias pasteur Ntumi, considéré comme un  récidiviste, il est appelé à prendre son courage et à venir s’expliquer devant les juges sur les événements sanglants du 4 avril 2016 à Brazzaville et les assassinats perpétrés par ses hommes dans le Pool, depuis le mois de septembre 2016. Le Chef de l’Etat a balayé d’un revers de la main toute idée de négociation avec lui. En 1999, il y a eu négociations et signature d’un accord; en 2003, négociations et signature des engagements croisés qui ont abouti à sa nomination au cabinet présidentiel, avec rang de ministre délégué. Cette fois-ci, Ntumi doit faire face à ses responsabilités devant la justice, au lieu de compter sur les négociations qui seront alors une prime à son penchant à sacrifier ses compatriotes, chaque fois qu’il a des revendications politiques. Depuis que les ninjas-nsiloulous ont créé l’insécurité dans le Pool, à partir du 4 avril 2016, l’on compte, par exemple, plus de 80 véhicules incendiés dont les propriétaires ont subi ainsi d’énormes pertes. Compter sur le fait que la Force publique est aussi responsable des dégâts collatéraux dans le Pool n’est pas une excuse pour lui, car il est à l’origine des violences qui embrasent ce département. L’Etat saura prendre ses responsabilités quant à la réhabilitation des édifices détruits et l’indemnisation des familles endeuillées. Le gouvernement a, par exemple, dégagé la bagatelle d’un milliard de francs Cfa, pour réparer les ponts détruits par les ninjas-nsiloulous sur le C.f.c.o (Chemin de fer Congo-Océan). C’est pourquoi, dans le respect de l’Etat de droit, la justice a son mot à dire sur ces événements sanglants.

Joël NSONI

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