Lutte contre le sida : Le Congo appelé à en finir avec le phénomène de rupture de stocks d’A.r.v

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Dans la foulée de l’atelier de renforcement des capacités de la société civile francophone (Afrique de l’Ouest et du centre) sur le nouveau cycle de financement du Fonds mondial, quatre acteurs de la société civile francophone ont animé une conférence de presse, dimanche 26 février 2017, à l’Hôtel Marina, à Brazzaville, sur la question de la rupture des intrants et des A.r.v (Antirétroviraux) au Congo.

Il s’agit de Mme Valérie Maba, Israël Ganhoue (Côte d’Ivoire), Louis Merlin Tsamo, point focal P.r.f Afrique centrale, et d’Augustin Dokla (Togo), qui ont lancé un appel au Président de la République, pour qu’il mette en place rapidement un comité de quantification et de suivi composé de techniciens qualifiés et de P.v.v.i.h (Personnes vivant avec le V.i.h) au niveau national, afin de commander les bonnes quantités représentant toutes les lignes et schémas thérapeutiques des patients congolais qui sont dans le besoin.
Au Congo-Brazzaville, ont-ils fait savoir, 38.500 P.v.v.i.h sont éligibles au traitement A.r.v dont 17.000 sont sous traitement. Cela représente une couverture de 45%. «Depuis l’année 2011, le Congo connaît des ruptures d’approvisionnement d’A.r.v régulières et autres intrants. Les P.v.v.i.h, à travers le Renapc (Réseau national des personnes positives du Congo) ont saisi le Président de la République à plusieurs reprises, pour l’informer sur les dysfonctionnements du système d’approvisionnement en A.r.v et autres intrants et sur les répercussions des ruptures des médicaments sur la santé des malades et des populations».
D’autres acteurs comme l’Onusida, le Fonds mondial, la Croix-rouge française, l’Union européenne ont, également, exprimé leurs préoccupations sur la persistance des ruptures de stocks des A.r.v au Congo. D’après eux, l’accès facile au dépistage et aux traitements des A.r.v est l’une des composantes essentielles de la lutte contre l’épidémie du sida qui permet d’éviter les nouvelles infections à V.i.h. Les A.r.v constituent le traitement standard contre le V.i.h dans le monde entier. La prise continue du traitement A.r.v garantit aux personnes vivant avec le V.i.h d’être en bonne santé et productifs.
«Si rien n’est fait, les 17.300 personnes vivant avec le V.i.h sous traitement vont développer des résistances au traitement des A.r.v et mourront en masse. Et cela constituerait des risques de propagation de l’épidémie du V.i.h-sida dans la population», ont affirmé les conférenciers. D’après eux, depuis deux mois, les stocks d’A.r.v et intrants sont en quantité insuffisantes et ne peuvent être utilisés. Car, les molécules en stocks ne correspondent pas aux lignes thérapeutiques des patients.
Selon le Ministère de la santé, ont-ils déclaré, une commande de cinq mois serait en cours. Mais, ils n’ont aucune information sur la date ou la période à laquelle cette commande sera disponible, ni sur les quantités commandées, les lignes et schémas thérapeutiques prévus. «Récemment, une demande de prêt des A.r.v en urgence a été adressée à la R.D Congo, en vue de couvrir les besoins immédiats pour les patients sous traitements et ce pour une période de six mois», ont-ils révélé. C’est pourquoi ils ont souhaité qu’une commande urgente d’A.r.v soit faite pour couvrir au moins neuf mois, dont un stock de sécurité de trois mois. Il faut ensuite lancer des commandes régulières tous les six mois et rendre fonctionnel la Centrale d’achats des médicaments.
Louis Merlin Tsamo a expliqué que la rupture des A.r.v est extrêmement récurrente et ce n’est pas uniquement l’apanage du Congo. Il y a des pays qui ont connu cela et qui essaient d’endiguer cette rupture. «Nous souhaitons que le Président de la République prenne ce problème à bras le corps, pour qu’il soit définitivement résolu», a-t-il dit.
«Nos collègues du Congo ont pris des initiatives, rencontrés des autorités sanitaires, initiés des lettres sans suite. Nous O.s.c d’Afrique de l’Ouest et centrale ne pouvons rester indifférents à cette situation», a souligné Israël Ganhoue (Côte d’Ivoire). Mme Valérie Maba, présidente du Renapc, regrette le fait que souvent les médecins et techniciens ne disent pas la vérité au président de la République, afin qu’il puisse prendre de bonnes décisions. «La situation est tellement critique et chaque jour on enregistre des décès», a-t-elle déploré.

Alain-Patrick MASSAMBA

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