Concertation politique de Ouesso : Mathias Dzon déplore la marginalisation des autres formations politiques

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Au cours d’une conférence de presse tenue à Brazzaville, le vendredi 3 mars 2017, au domicile de Mathias Dzon, le collège des présidents du C.p.o.c (Collectif des partis de l’opposition congolaise) a décidé de ne pas prendre part à la concertation politique de Ouesso, pour n’avoir pas été invité et associé aux réunions préparatoires tenues à Brazzaville, par le ministre de l’intérieur, de la décentralisation et du développement local, Raymond Zéphirin Mboulou. Il déplore de n’avoir pas été invité à ces rencontres qui ont permis de préparer la concertation de Ouesso.


Mathias Dzon était avec Christophe Moukoueké, Jean Itadi et Raymond Serge Mviri. Ils ont saisi cette occasion pour déplorer le manque de considération du ministre de l’intérieur, de la décentralisation et du développement local vis-à-vis de leur plateforme politique, le C.p.o.c (Collectif des partis de l’opposition congolaise). Ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un abus de pouvoir et ils ont exhorté le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, de surseoir toute opération électorale au cours de cette année et de faire preuve d’un sens élevé de patriotisme, pour engager un dialogue avec toute la classe politique du pays. «Nous avons appris, par Télé-Congo, qu’une rencontre s’était tenue au cabinet du ministre de l’intérieur, réunissant un certain nombre de partis politiques, soigneusement triés sur le volet, en vue d’une concertation à Ouesso. Le but de la concertation serait la préparation des élections législatives déjà programmées par le pouvoir, pour l’année 2017. Souvenons-nous qu’avant Sibiti dont les conséquences gravissimes sont connues du peuple congolais, ni les concertations de Brazzaville, ni celle d’Ewo, ni même celle de Dolisie n’ont débouché sur des avancées démocratiques ou sur une amélioration de la gouvernance électorale. C’est dans ce contexte que plusieurs de nos compatriotes ont perdu la vie et leur liberté pour avoir remis en cause le fameux consensus de Sibiti. De ce fait, la réunion de Ouesso ne résoudra ni la grave crise du Pool, ni la grave crise post-référendaire, ni la crise électorale, ni toutes violations des droits et libertés de l’homme et du citoyen, ni la grave crise économique, financière, sociale, morale et politique qui plombe le Congo. Il faut donner la charge à la communauté internationale qui ne cesse d’appeler la classe politique congolaise, sans aucune exclusive, à s’asseoir autour d’une même table et à trouver de façon consensuelle les solutions appropriées à la crise qui bloque le pays depuis une vingtaine d’années, crise véritablement multidimensionnelle. Car elle est à la fois politique, sécuritaire, économique, sociale, culturelle et morale», ont-ils fait savoir.
Répondant à la question d’un journaliste sur la politique de la chaise vide qui ne paie pas, les responsables du C.p.o.c ont fait savoir que le pays ne se construit pas en un seul jour et que le combat politique va se poursuivre jusqu’à l’aboutissement des revendications de l’opposition dans son ensemble.
Concernant l’éclatement de l’opposition en plusieurs plateformes qui ne s’entendent même pas, alors que les idées sont les mêmes, Jean Itadi a répondu comme suit: «Même dans les grandes démocraties comme la France, l’opposition est toujours plurielle et que chacune mène ses activités dans son coin». Pour le C.p.o.c, «il n’y a qu’une seule solution viable pour sortir notre beau pays de la crise actuelle. Cette solution, encouragée par l’ensemble de la communauté internationale, c’est l’organisation d’un véritable dialogue politique national inclusif, pour se donner comme objectifs d’apaiser le climat d’extrême tension qui prévaut dans le pays. Il s’agira d’apporter une solution politique à la crise du Pool; revoir fondamentalement la gouvernance électorale à l’œuvre depuis 2002 avant d’organiser une quelconque autre élection au Congo; restaurer la démocratie profondément mise à mal au cours des dernières années; rétablir la République compromise par une gestion clanique de l’Etat, le favoritisme, le clientélisme, la corruption généralisée; réparer les injustices et les frustrations; réconcilier les congolais entre eux; construire un compromis politique entre le pouvoir et l’opposition, compromis visant à promouvoir l’ouverture d’une période de transition, la formation d’un gouvernement et d’un parlement de transition, la construction des conditions permissives d’élections libres, transparentes et équitables au Congo; le rétablissement de la paix civile sur toute l’étendue du territoire national et la libération des prisonniers politiques», a conclu le collège des présidents du collectif des partis de l’opposition congolaise.

Pascal BIOZI KIMINOU


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