Fédération de l’opposition congolaise : Claudine Munari demande une enquête internationale sur la situation du Pool et le décès de Marcel Ntsourou

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Dans une conférence de presse qu’elle a animée, mercredi 22 février 2017, au siège du M.s.d (Mouvement pour la solidarité et le Développement), au centre-ville de Brazzaville, la présidente de la Fédération de l’opposition congolaise Frocad-I.d.c-C.j.3m, Claudine Munari, qui avait à ses côtés, Charles Zacharie Bowao et Clément Mierassa, a parlé du décès de Marcel Ntsourou et présenté les condoléances à la famille éplorée.

Selon elle, ce décès est intervenu dans un contexte tel que le défunt était privé de ses droits de communication «et était particulièrement empêché de témoigner sur le crime d’enlèvement et de disparition de plusieurs centaines de personnes au beach de Brazzaville».

Parlant des conditions de détention à la Maison d’arrêt de Brazzaville, Claudine Munari a indiqué qu’avant Marcel Ntsourou, il y a eu un détenu qui y était aussi décédé. Il s’agit de Roland Ngambou, le frère-cadet d’André Okombi-Salissa, «décédé dans les mêmes circonstances, le 21 décembre 2016, alors qu’il avait fermement refusé de témoigner contre sa conscience, dans les accusations portées à l’encontre de son frère aîné, le député André Okombi-Salissa». Selon elle, le gouvernement avait «refusé de pratiquer l’autopsie et d’ouvrir une enquête sur les circonstances de cette disparition».
La présidente de la Fédération de l’opposition congolaise estime que les deux décès (celui de Roland Ngambou et celui de Marcel Ntsourou) «sont emblématiques d’une tendance générale de la criminalisation de la lutte politique et du dépouillement continu des citoyens congolais de leurs droits fondamentaux». Elle a cité quelques exemples, pour appuyer son argumentation, en ajoutant: «L’embastillement systématique des dirigeants politiques comme le général Jean-Marie Michel Mokoko, Paulin Makaya et tous les autres. Les séquestrations arbitraires, la pratique généralisée de la torture, la violation des droits de défense et la privation des droits élémentaires des détenus, sont autant de moyens mis en œuvre par les services de justice…». Elle a dénoncé l’usage des «supplétifs» dans la Force publique, «pour terroriser le peuple congolais».
Claudine Munari, qui parle des institutions nationales comme issues d’un «pouvoir de fait», pense aussi que la situation dans le Pool vient de ce que les affrontements sont «sciemment provoqués dans le Département du Pool». «Depuis avril 2016, avec leur lot de fléaux et d’atrocités sans limite, participent de cette logique d’intimidation des populations, en vue de les résigner à subir le régime de fait de Brazzaville», a-t-elle relevé. Elle s’est ensuite interrogée: «Combien d’innocents sont déjà tombés au Pool et combien en faudra-t-il encore pour la chasse et la capture d’un rebelle qui, le 4 avril 2016 encore, était membre de l’exécutif?». Face à cela, la Fédération de l’opposition congolaise réclame «une enquête internationale sur la guerre du Pool et son cortège de crimes, les arrestations, arbitraires et les disparitions des personnes, les conditions de détention, la pratique généralisée de la torture et les atteintes aux droits et libertés fondamentaux». Elle a réclamé aussi une enquête internationale sur le décès de Ntsourou.
Claudine Munari a aussi exprimé le soutien de sa famille politique, aux organisations catégorielles, notamment celles des étudiants, des travailleurs et retraités dans la revendication légitime de leurs droits sociaux et aussi au Barreau de Brazzaville «dans sa quête de dignité et de respect du rôle éminent de la profession d’avocat dans une société libre et démocratique». Enfin, la Fédération de l’opposition congolaise réitère sa détermination à faire de l’année 2017, celle de la libération de tous les prisonniers politiques et invite le peuple congolais à ne point se décourager, à prendre acte de tous les faits dont il est témoin.
Parmi les préoccupations soulevées par les journalistes, il y a, par exemple, celle de savoir de quels moyens dispose l’opposition pour faire obtenir la libération de ceux qu’elle considère comme des prisonniers politiques. «Que répondez-vous à ceux qui disent que Marcel Ntsourou n’est pas un prisonnier politique, mais un prisonnier de droit commun et on a l’impression que l’opposition a récupéré l’affaire Marcel Ntsourou, pour faire entendre sa voix», ont demandé les journalistes.
Pour Claudine Munari, il ne s’agit «nullement de la récupération politicienne, mais d’un combat qui s’intensifie et qui continue». «Il n’est pas admissible de voir des compatriotes en prison, des années durant, sans être jugés», a-t-elle affirmé.

Pascal-Azad DOKO

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