Ministère des affaires étrangères, de la coopération et des Congolais de l’étranger : Seize ambassadeurs rappelés à Brazzaville, pour cause de fin de mission

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Le Ministère des affaires étrangères, de la coopération et des Congolais de l’étranger a procédé au rappel de seize ambassadeurs en poste à l’étranger, par note en date du 25 janvier 2017. Cette procédure, au-delà de la forme qu’a prise ladite note, demeure régulière. Le rappel des ambassadeurs n’a rien à voir avec la fermeture des ambassades ou la fermeture de la mission diplomatique, comme l’ont insinué certains médias évoquant les raisons de crise, avance-t-on au Ministère des affaires étrangères.


A la suite des réformes institutionnelles intervenues au Congo, le pays nourrit, désormais, de nouvelles ambitions pour son développement. Ceci suppose, entre autres, une diplomatie qui intègre l’évolution du monde.
Dans son discours d’investiture, le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, a souligné la nécessité d’engager «une diplomatie économique», afin d’attirer des investisseurs au pays. Nommé en août 2015 et confirmé un an plus tard comme chef de la diplomatie congolaise, le ministre Jean-Claude Gakosso, instruit par le Chef de l’Etat, a procédé à une espèce d’autopsie du secteur. De ce travail, il ressort plusieurs constats: vieillissement des acteurs (notamment des chefs de mission); présence en poste trop longue (entre 10 et 20 ans), contrairement à la règle qui fixe le mandat des diplomates à 4 ans; inefficacité, etc.
Sur un tout autre plan, une réflexion a été menée pour redessiner la carte diplomatique du Congo, avec une question fondamentale: combien de missions nous faut-il? Où et pourquoi? La réponse à cette question permettra un choix conséquent des pays où il est important, pour le Congo, de maintenir, de fermer ou d’ouvrir des représentations diplomatiques. Cette démarche tient à la fois compte des charges financières pour le pays et des avantages à tirer.
Vu les enjeux et les défis, le Président de la République a instruit le ministre des affaires étrangères de rappeler seize ambassadeurs que sont: Marie-Thérèse Avemeka (Namibie); Valentin Olessongo (Maroc); Célestine Kouakoua (Guinée Equatoriale); Pierre-Michel Nguimbi (Sénégal); Jean-Marie Mowele (Nigeria); Jacques-Yvon Ndolou (Allemagne); Luc Okio (Suisse); Raphaël Malonga (Egypte); Gabriel Entchia-Ebia (Centrafrique); Jean-Baptiste Ndzangué (Angola); Jean-Marie Adoua (Unesco); Félix Ngoma (Inde); Clovis Guillond (Russie); Pascal Onguiembi (Cuba); Roger Julien Menga (Belgique); Gisèle Bouanga-Kalou (Cameroun).
Dans les tout prochains jours, la nomination de nouveaux ambassadeurs devrait intervenir. Mais, cela relève de la discrétion du Président de la République.
Retenons que, de tradition, la diplomatie, dans sa conduite et ses objectifs, est un domaine réservé au Chef de l’Etat. Les ambassadeurs sont nommés par lui et accrédités auprès de ses homologues.
Le rappel des ambassadeurs est une procédure administrative qui ne nécessite pas de publicité. Celle-ci intervient lorsqu’il est procédé à des nominations. On peut donc plaindre certains destinataires qui, manquant au droit de réserve, ont choisi de diffuser sur la toile la note du ministre les rappelant ou l’envoyer à la presse, non sans insinuations et autres commentaires subjectifs et mesquins. Un acte qui trahit le manque d’éthique chez des cadres appartenant à un corps, la diplomatie où le silence est d’or, car, comme le dit Emile de la Boétie: «Un diplomate peut tout trahir, sauf sa pensée».

MM.

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