Dialogue politique en Rd Congo : Mission accomplie pour l’Eglise catholique qui a mené la médiation

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La signature le 31 décembre 2016, de l’accord politique en Rd Congo est l’événement qui dans ce pays, a marqué la semaine écoulée, mais aussi la fin de l’année, désormais derrière nous. Accouché dans la douleur, cet accord est le fruit de plusieurs tractations entre les évêques de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) et la classe politique du pays, dans sa diversité.

Avec à leur tête Mgr Marcel Utembi Tapa, archevêque de Kisangani, président de la Cenco, secondé par Mgr Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Mbandaka-Bikoro, les évêques de la République démocratique du Congo ont donné à tous un bon modèle de courage, d’engagement et de sagesse dans le règlement des affaires propres à leur peuple. Leur médiation voire leur implication dans la crise politique que traverse leur pays n’a pas été vaine, elle a permis, dans l’apaisement, d’ouvrir le pays vers un horizon de paix, d’unité et de concorde.

Galvanisés par l’audience accordée par le Pape François qui avait reçu le 19 décembre au Vatican Mgr Marcel Utembi Tapa, président de la Cenco et son vice-président, Mgr Fridolin Ambongo Besungu, alors qu’ils étaient en plein dans les pourparlers avec les acteurs politiques de leur pays, les évêques membres de la Cenco peuvent désormais s’estimer heureux d’avoir accompli un noble devoir. Leur mission s’avère aujourd’hui accomplie, tout au moins dans ce round avant le scrutin présidentiel prévu pour fin 2017. L’accord débouche entre autres sur le déblocage du nœud central: la succession du Président Kabila qui ne pourra pas briguer un troisième mandat d’affilée à la tête du pays, et qui n’a pas non plus le pouvoir de modifier la constitution du pays.
Au lendemain de la signature de l’accord, les évêques ont pris leur bâton de pèlerin pour faire du «porte-à-porte» auprès des leaders des partis politiques jusqu’ici réticents ou réfractaires, en vue de les convaincre à signer eux aussi le texte. Les évêques ont également été reçus tour à tour par le Président Joseph Kabila Kabange et par le Premier ministre Samy Badibanga avec qui ils ont échangé sur cette avancée significative.
Qualifié d’acte de bon sens par l’opposant Félix Tshisekedi, fils d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, leader de l’U.d.p.s (Union pour la démocratie et le progrès social) cet accord a été salué par l’ensemble des parties opposées. Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement s’en congratulait en vantant la capacité qu’a le peuple congolais à régler ses différends sans compter sur une quelconque ingérence ni une intervention extérieure. Avant de changer de langage les jours qui ont suivi. L’accord a permis de faire entendre raison au pouvoir et à l’opposition en Rd Congo et de privilégier l’intérêt général. Certains fils et filles de la RDC conviennent de nommer le texte d’«accord de la Saint Sylvestre», parce que signé dans la soirée du 31 décembre, jour où l’on célèbre le saint du même nom.
Conclu dans la tourmente des troubles qui ont suivi la fin du mandat constitutionnel du président en exercice, occasionnant dans la foulée la coupure par le pouvoir du signal de certains médias nationaux et même étrangers tel que Rfi (Radio France internationale) et leur fermeture pure et simple, l’accord politique arraché par les évêques en Rd Congo fait suite à celui du 18 octobre 2016, conclu à l’issue d’un premier dialogue national à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa.
Ayant réussi à réunir autour d’une même table tous les protagonistes au Centre interdiocésain, siège de la Cenco, et également à parvenir à la signature de ce texte sous ses auspices, l’Eglise catholique a prouvé qu’elle a des ressources, qu’elle est effectivement experte en humanité, et demeure Mater et Magistra (Mère et Educatrice). Elle a démontré, comme le stipule sa Constitution dogmatique que «les joies et peines des hommes de ce temps» sont aussi les siennes. En somme, l’Eglise catholique en Rd Congo a montré à la face du monde ce dont ses pasteurs sont capables, dans leur engagement pastoral et dans leur mission prophétique.

Aristide Ghislain NGOUMA

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