Rétablissement de la sécurité dans le département du Pool : Statu quo, mais la Force publique enregistre des avancées, malgré des pertes

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L’armée est en opération dans le département du Pool aussi bien pour exécuter le mandat d’arrêt émis par le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Brazzaville, André Gakala-Oko, contre Bintsamou Frédéric, alias pasteur Ntumi, son frère cadet, Sylvain Richard Bintsamou, alias Gozardio, et le pasteur Elie, que pour rétablir la sécurité, en luttant contre les groupes armés ninjas-nsiloulous. Seulement, ces opérations dans lesquelles toutes les composantes de la Force publique sont engagées (armée, gendarmerie et police) ne donnent pas lieu à une communication officielle régulière, ni au niveau de la Force publique, ni au niveau du gouvernement.

C’est par des témoignages recoupés que nous parvenons, avec ce que cela suppose de marge d’erreur, à rassembler quelques informations pouvant être mises à la disposition des lecteurs. Les districts les plus touchés par l’insécurité dans le Pool sont: Goma-Tsétsé, Kinkala, Mindouli, Mayama, Kindamba et Vindza. Dans ces districts, les grandes localités tiennent bon, mais les villages sont, pour la plupart, vidés de leurs habitants. C’est beaucoup plus par peur de l’insécurité que les populations des villages de Mbanza-Ndounga ont, pour plupart, fuit, par exemple, à Brazzaville. Mais, certains sont déjà de retour dans leurs villages.

Le commandant Madingou, chef du détachement militaire de Mindouli, blessé

La tension est montée, depuis l’embuscade dont le commandant Madingou, chef du détachement militaire de Mindouli, avait été victime, alors qu’il rentrait à Mindouli, de retour d’une mission à Brazzaville, à bord d’un véhicule Toyota B.j. Il avait essuyé des tirs d’armes automatiques, à quelques encablures de Mindouli et parmi les militaires qui étaient à l’arrière de la B.j, il y avait eu un mort sur place et trois blessés, dont le commandant Midingou, lui-même. Cette attaque serait l’œuvre du groupe de Nkouka Daniel, un ancien conseiller départemental du Pool, redevenu ninja-nsiloulou. Il avait fallu à la Force publique d’organiser une mission militaire, pour aller récupérer le corps du militaire tombé sur la route. Le lendemain de cette attaque, l’armée a tué un jeune ninja-nsiloulou dénoncé par la population, tandis que certaines propriétés appartenant à des ninjas-nsiloulous faisant partie du groupe de Nkouka Daniel ont été incendiées à Mindouli. Il s’agirait d’une boutique, d’une boucherie et d’un domicile. La population en colère a incendié le corps du ninja-nsiloulou tué par l’armée.

«Maître Daniel» organise le pillage des villages dans le district de Mindouli

A la tête d’un groupe important estimé à plus de trois cents ninjas-nsiloulous, Malonga Bayidikila Daniel, alias Maître Daniel, Yindoula Ulrich,alias Pasteur Elta, qui avait parlé à la place du pasteur Ntumi dans une interview à R.f.i, et Péléka, alias De Guerre, ont pillé, au cours de ce mois de décembre, des villages dans le district de Mindouli, comme Kiloubi, Tounga-Diakou, Matota, Maboma, etc. A Nsamouna, un village situé sur la route Kinkala-Mindouli, ils avaient malmené un pasteur de l’Eglise évangélique à qui ils ont ravi l’argent de la communauté chrétienne qu’il gardait. Le groupe de Maître Daniel a aussi traversé la frontière, pour piller deux villages en R.D Congo, notamment Kibitsi et Moufouma.

Tex Wiler et dix de ses ninjas-nsiloulous tués vers le village Wouawoua

Le 8 décembre dernier, Tex Wiler, un chef ninja-nsiloulou dont le vrai nom n’est pas connu, qui régnait à la tête d’un groupe dans la zone de Voula, Taaba, sur la route nationale n°1, entre Brazzaville et Kinkala, a été tué par l’armée, avec dix de ses compagnons ninjas-nsiloulous dans leur maquis, vers le village Wouawoua, dans le district de Kinkala. Tex Wiler était très connu à Kinkala, comme Kouboula-Moyo, Trois Faces et Ntoba-Moubori.

Mouzital arrêté, Nsondé Augustin tué, après une offensive militaire vers Mayama

Chef spirituel ninja-nsiloulou dans le district de Kindamba, Mouzital a été appréhendé, lors d’une offensive de l’armée, la semaine dernière, vers les villages Kibouma et Reine-ville, dans le district de Mayama. Au cours de cette opération militaire, qui visait d’appréhender le pasteur Ntumi, de son vrai nom Frédéric Bintsamou, certains de ses ninjas-nsiloulous ont été tués, parmi eux un chef, Nsondé Augustin, et d’autres faits prisonniers et ramenés à Brazzaville où ils sont interrogés. Mais, une fois de plus, le pasteur Ntumi, qui est toujours accompagné de plus d’une centaine de personnes, aurait réussi à échapper à l’armée. Mais, on ne connaît pas le bilan du côté de l’armée dans cette opération.

Le commandant Bol, chef de la place militaire de Kindamba, tué sur la route

Chef du détachement militaire de Kindamba, le commandant Léon-Georges Bol a été tué par l’attaque de son véhicule de marque Toyota B.j, sur la route Mindouli/Kinkala, à hauteur de Missafou, mercredi 21 décembre 2016, alors qu’il se rendait à Brazzaville. Ils n’étaient que trois militaires dans le véhicule, dont le chauffeur. Ils ont essuyé des tirs de Kalachnikov. Le commandant est mort sur-le-champ, atteint d’une balle dans la tête. Le chauffeur et le militaire qui l’accompagnaient ont réussi à s’enfouir, mais après avoir abandonné le véhicule plus loin du lieu de l’attaque. C’est une mission militaire partie de Kinkala qui est allée tracter le véhicule et récupérer le corps du commandant. Sa mort a suscité des interrogations quant aux mesures de sécurité dans les zones d’insécurité.

Sept agents de la Force publique tués dans une embuscade sur la route Koubola-Kibossi

Environ sept éléments de la Force publique ont trouvé la mort sur la route carrossable Koubola-Kibossi, vers le village Boukonzo-Boua-Lami, alors qu’ils étaient à bord d’une Toyota B.j et se rendaient à Brazzaville, pour rechercher le ravitaillement de la troupe. Il y aurait également des blessés. Leur véhicule aurait roulé sur une grenade, avant que des ninjas-nsiloulous embusqués n’ouvrent le feu sur eux et prennent la fuite, en pleine forêt. Un pont serait également détruit ou endommagé sur cette route, par les rebelles ninjas-nsiloulous. Détruire les ponts serait la stratégie des hommes de Ntumi, pour empêcher la Force publique d’atteindre leurs maquis dans les forêts.

Assassinat d’un responsable de quartier, Edouard Lounangou, à Loulombo, par les ninjas

La population de Loulombo avait fui vers les localités de la Bouenza, depuis les incidents survenus entre la Force publique et les ninjas, au mois de septembre. Mais, certains déplacés, en raison du manque d’assistance humanitaire, avaient décidé de regagner leurs domiciles, à Loulombo. C’est le cas d’Edouard Lounangou, secrétaire du bureau du quartier Kiseko, et ses enfants. Dans la nuit du 20 au 21 décembre 2016, un groupe de ninjas-nsiloulous, conduit par Malanda Amédée, alias Ngouma, un repris de justice libéré de la Maison d’arrêt de Brazzaville, en mai 2015, a débarqué chez lui, l’a torturé et assassiné. D’autres personnes, notamment un enseignant, Arnaud Diabaté, un paysan, Jean-Marie Langa, et deux jeunes, Daniel Ngoma et Maurice Mbemba, ont été tabassés, mais ont eu la vie sauve.
Constitué de jeunes du Congo-Brazzaville et de la RD Congo, le groupe ninja-nsiloulou de Malanda Amédée est bien connu à Loulombo.

Un agent de la Force publique tué à Loulombo, à la veille de Noël

Un agent de la Force publique a été tué par balle, samedi 24 décembre dernier, alors qu’il rentrait à la base, après avoir participé à la sécurisation de l’hélicoptère venu les ravitailler. Faute d’information officielle, on ne sait pas dans quelle circonstance ce jeune agent de la Force publique a été tué.

Goma-Tsétsé, une localité désertée en grande partie par sa population

La localité de Goma-Tsétsé et les villages de ce district sont presque désertés par la majeure partie de la population, en raison de l’insécurité créée par les ninjas-nsiloulous, notamment le groupe de Pablo, et par les opérations militaires pour les traquer.
De son vrai nom Alain Malonga et bien connu des services de la Force publique, Pablo serait blessé et abandonné par ses camarades ninjas-nsiloulous, notamment Gozardio (Sylvain Richard Bintsamou) et Vagaro (Loubayi Hulson), qui serait également blessé.

Les jeunes veulent abandonner le mouvement de Ntumi et sortir des forêts

Même si dans les réseaux sociaux, les partisans de l’opposition tentent de faire véhiculer l’idée d’un mouvement armé, appelé F.a.l.c (Force d’auto-défense et de libération du Congo) qui aurait le vent en poupe face à la Force publique, de nombreux fidèles de Ntumi cherchent plutôt à sortir, en raison des conditions difficiles de vie dans les forêts, du manque de ravitaillement et des blessés qui restent sans soins. Par ailleurs, la Force publique opère de nombreuses arrestations qui lui permettent d’avoir des renseignements nécessaires à l’efficacité de son action contre le mouvement armé de Ntumi. Ces derniers temps, des groupes de ninjas-nsiloulous se sont mis à négocier, de manière indirecte, leur reddition. Le ministre d’Etat Alphonse Claude N’Silou avait fait la proposition pour que la Force publique étudie la possibilité de permettre aux jeunes qui abandonnent les armes de pouvoir sortir, en garantissant leur sécurité. Bien sûr, comme dans tout mouvement, il y a des radicaux qui croient à l’invulnérabilité de Ntumi, lequel n’est toujours pas attrapé par la Force publique, malgré les moyens mis en œuvre.
Fuyant de forêt en forêt, entre les districts de Mayama, Mindouli et Kindamba, ce dernier aurait exprimé son souhait de mettre sa nombreuse famille à l’abri. Seulement, il faut déplorer les débordements de certains agents de la Force publique qui se livrent au pillage des habitations, aux exactions sur les populations innocentes, etc, des comportements qui constituent autant de facteurs qui affaiblissent l’action de la Force publique et que la hiérarchie doit flétrir.

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