Election présidentielle au Ghana : L’opposant Nana Akufo-Addo a détrôné John Dramani Mahama

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Le Ghana a connu une alternance pacifique, au terme de l’élection présidentielle du mercredi 7 décembre 2016. En effet, les Ghanéens ont porté au pouvoir l’opposant Nana Akufo-Addo, du N.p.p (Nouveau parti patriotique), avec 53,3% des suffrages exprimés contre 44,4% au président sortant, John Dramani Mahama. Dans l’ensemble, le scrutin s’est déroulé sans heurt et a démontré, une fois encore, la maturité du peuple ghanéen en matière démocratique.

Avec fair-play, le président battu a reconnu sa défaite et téléphoné au vainqueur pour le féliciter. Souvent reconnu comme un exemple de démocratie en Afrique, le Ghana conforte sa place dans le giron des pays africains qui, chaque jour, avancent à grands pas dans ce domaine.
A 72 ans, l’ex-chef de file de l’opposition, Nana Akufo-Addo, est, désormais, le nouveau Président du Ghana. Après la proclamation des résultats par la commission électorale, au soir du jeudi 8 décembre, il a été congratulé par ses militants de blanc vêtus, qui ont dansé, jubilé et salué avec des feux d’artifice, la victoire de leur leader qui, deux fois auparavant, avait échoué. Persévérant, il a poursuivi son combat politique et, cette fois, la chance lui a souri. Auréolé par la politesse que lui a rendue son adversaire principal, le président sortant John Dramani Mahama, le nouveau président élu, Nana Akufo-Addo, s’est aussitôt adressé aux Ghanéens en ces termes: «Mes chers compatriotes, vous ne m’avez pas élu pour un seul parti. Le président ghanéen est le président de tous les Ghanéens (…)».
Au-delà de l’enthousiasme de la victoire, les défis qui attendent le nouveau président ghanéen sont immenses. Dans leurs attentes, les Ghanéens souhaiteraient voir le Président élu, qui est un ancien député, ancien ministre de la justice et des affaires étrangères sous le Président John Kufuor, puisse travailler à enrayer la chute des cours des matières premières qui pèse sur les revenus de l’Etat, promouvoir les subventions publiques, procéder au remboursement de la dette du pays auprès des bailleurs internationaux, ouvrir davantage le pays sur la scène internationale.
Précisons que le président sortant, né en 1958, est chrétien originaire du Nord du pays. Elu à la tête du pays en décembre 2012, il a tenté de défendre son bilan dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement, de l’agriculture pendant la campagne électorale. Il ne bénéficiera malheureusement pas d’un second mandat, à cause de la crise économique et autres écueils qui ont périclité le bilan de son unique mandat. En effet, son mandat a été entaché par un ralentissement de la croissance estimée à 3,3% au titre de cette année, la plus faible en vingt ans, et aussi par une forte inflation et, surtout, par des scandales de corruption. Il ne sera resté que 4 ans au pouvoir.
Le vainqueur du scrutin, Nana Akufo-Addo, sera investi officiellement dans ses fonctions de président le 7 janvier prochain. Pour ce scrutin, sept candidats, au total, étaient en lice. En 16 ans, c’est la troisième fois d’affilée que les Ghanéens optent pour l’alternance. Mais, alors que le monde a salué l’élection de Nana Akufo-Addo et l’élégance démocratique dont a fait preuve John Dramani Mahama en le félicitant, voilà qu’en Gambie, Yahya Jammeh qui avait lui aussi fait le même geste, quelques jours auparavant, a fini par faire volte-face. Il a remis en cause les résultats de l’élection présidentielle auxquels il a été battu face à Adama Barrow, et réclame, bizarrement, un recomptage des voix, en foulant aux pieds sa transmission pacifique du pouvoir.

A. G. NGOUMA

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