République Démocratique du Congo : Tension et inquiétude, après le terme constitutionnel du mandat du Président Kabila

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A 45 ans, Joseph Kabila Kabange est arrivé, lundi 19 décembre 2016, à minuit, au terme constitutionnel de son deuxième et dernier mandat de cinq ans à la tête de la République Démocratique du Congo. La Constitution adoptée les 18 et 19 décembre 2005 n’autorise que deux mandats successifs à la Présidence de la République. Evoquant les difficultés à organiser les élections, le pouvoir actuel a négocié avec la classe politique, lors d’un dialogue politique national, sous la houlette du facilitateur Edem Kodjo, un accord signé le 18 octobre dernier.

Cet accord prévoit l’organisation de l’élection présidentielle en avril 2018 et institue un nouveau gouvernement conduit par le Premier ministre Samy Badibanga, nommé le 17 novembre 2016, mais qui a du mal à former son équipe gouvernementale, en raison du refus des partis de l’opposition.

Boycotté par l’opposition regroupée au sein de la plateforme «Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement» dont Etienne Tshisekedi est le leader, cet accord n’a pu être mis, totalement, en œuvre. D’où de nouvelles négociations entamées depuis quelques jours et dont les évêques sont les facilitateurs. Mais, ces négociations se poursuivent encore, alors que le Président Kabila est arrivé au terme de son mandat et que l’opposition conduite par Etienne Tshisekedi exige son départ, conformément à la Constitution. Ce qui suscite de vives inquiétudes sur l’avenir de la RD Congo.
Les négociations conduites par les évêques, notamment le président de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo), Mgr Marcel Utembi Tapa, archevêque de Kisangani, et son vice-président, Mgr Fridolin Ambongo Besungu, évêque de Mbandaka-Bikoro, ont  été suspendues, samedi 17 décembre,  faute d’accord, et ne reprennent que le mercredi 21 décembre, en raison du déplacement des deux évêques au Vatican, où ils sont reçus par le Pape François qui suit de très près l’évolution de la situation politique dans ce pays. Il y a un mois, le Souverain Pontife avait fait parvenir, par le biais de la Nonciature apostolique à Kinshasa, un message qui a été lu dans toutes les paroisses du pays. Il demande de construire des ponts d’unité et appelle les acteurs politiques congolais à un dialogue inclusif. Dimanche 18 décembre, dans sa prière mariale de l’angélus, le Saint-Père a, également, évoqué la situation politique en R.D Congo, en demandant à tous les fidèles de prier pour que le dialogue politique entrepris dans le pays se déroule «avec sérénité pour éviter tout type de violence», «pour le bien de tout le pays». Le Pape François a reçu les deux évêques, lundi 19 décembre. «Cette audience aura sans doute un impact important sur notre cher pays», a confié le président de la Cenco, à R.f.i, peu avant de s’envoler pour Rome. C’est la médiation de la dernière chance, pour sortir la R.D Congo d’une crise qui risque de l’embraser, alors que la tension est montée d’un cran, depuis le début de la semaine.
Depuis quelques jours, de gros engins de guerre sont déployés en masse dans les rues de la capitale congolaise, Kinshasa, et dans la plupart des grandes villes du pays. Le week-end dernier, les éléments de la Force publique: la police et l’armée avaient investi et quadrillé la capitale. Dans la population, l’inquiétude est grandissante, surtout que l’on s’approche des fêtes de Noël et de Nouvel an. Ceux qui parviennent à le faire quittent déjà le pays par prudence. Pour cause, la fin du mandat constitutionnel, officiellement, le lundi 19 décembre 2016, à minuit, du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001. Des mesures prises par le pouvoir, mais que la population qualifie de restriction de liberté et d’intimidation. Le lundi 19 décembre était considéré comme le jour le plus long, où la tension ne cessait de monter à Kinshasa, et où le pays retenait son souffle. Face à la psychose créée dans l’opinion, la Monusco, la Mission des Nations unies dans le pays, a appelé au calme,  en attendant que les négociations ne débouchent sur une  issue politique de cette crise.

Aristide Ghislain NGOUMA

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