Gambie : Yahya Jammeh retourne sa veste et fait obstruction au président élu

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C’est l’imbroglio en Gambie, où le président au pouvoir, Yahya Jammeh, battu à l’élection présidentielle du 1er décembre 2016, n’entend pas céder le fauteuil. Alors qu’il y a quelques jours, le monde a salué son geste démocratique, lorsqu’il avait félicité au téléphone son adversaire, l’opposant Adama Barrow, déclaré vainqueur de l’élection présidentielle par la commission électorale, il a fini par faire volte-face.

Désormais, il se comporte en véritable autocrate, en réclamant, curieusement, un recomptage des voix, foulant aux pieds la décision de la commission électorale gambienne. Ce qui a suscité, immédiatement, l’indignation des pays de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest).
Les dirigeants des 15 pays de la Cedeao sont formels: Yahya Jammeh doit quitter le pouvoir et permettre au président élu de s’installer. C’est ce qu’ils ont déclaré à l’issue de leur 50ème réunion annuelle, samedi 17 décembre, à Abuja, au Nigeria, où onze chefs d’Etat sur les 15 que compte la Cedeao se sont rencontrés, pour discuter du sort de la Gambie. Dans leur communiqué final, les chefs d’Etat de la région ont préconisé un certain nombre de mesures et ont demandé à Yahya Jammeh qui a fait volte-face, de partir la tête haute. Ils ont désigné le président nigérian, Muhammadu Buhari, comme médiateur, afin de se rendre à Banjul, la capitale gambienne, pour convaincre Yahya Jammeh de partir en beauté et de ne pas leur tenir tête. Aussi, ont-ils envisagé d’user de «tous les moyens nécessaires, pour faire respecter le verdict des urnes en Gambie».
Auparavant, les dirigeants de la Cedeao avaient dépêché quatre chefs d’Etat à Banjul, parmi lesquels le président nigérian Muhammadu Buhari et la présidente du Libéria, Mme Ellen Johnson Sirleaf. Malheureusement, Yahya Jammeh, qui entend s’accrocher mordicus au pouvoir, n’a pas voulu les écouter. Dur comme fer, il tient à conserver le pouvoir dont il n’a plus la légitimité. La rencontre d’Abuja, qui a entre autres préconisé de gros moyens militaires, serait-elle celle de la dernière chance pour Yahya Jammeh? Les dirigeants de la Cedeao sont pertinemment conscients que parmi les craintes, ce dernier veut se mettre à l’abri des poursuites judiciaires. Le moins qu’on puisse dire est que l’attitude irresponsable de Yahya Jammeh de se maintenir, coûte-que-coûte, au pouvoir conforte la thèse de ceux qui l’accusaient de vouloir fomenter un coup d’Etat aussitôt après sa défaite.

Aristide Ghislain NGOUMA

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