Transport aérien : Les actionnaires à pied d’œuvre pour relancer la société Ecair

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Société anonyme au capital de 57 milliards de francs Cfa, créée en 2011 et dirigée depuis par Mme Fatima Béyina-Moussa, «Equatorial Congo Airlines», en sigle Ecair, est aujourd’hui confrontée à des difficultés qui ont cloué ses avions au sol. Face à cette situation, le conseil d’administration s’active pour que les actionnaires se retrouvent sous peu en assemblée générale, pour être au chevet de cette société qui pourra retrouver les airs, dans un prochain avenir. C’est une bonne nouvelle pour les 700 employés d’Ecair et les millions de passagers qui étaient habitués à voyager dans le confort de ses avions de dernière génération.


Depuis le mois d’octobre 2016, les avions d’Ecair sont cloués au sol. Pourtant, la société aérienne venait d’annoncer la reprise de ses vols domestiques, entre Brazzaville et Pointe-Noire. Mais, les difficultés financières dues à une situation d’endettement envers l’Asecna (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar) a retardé cette reprise d’activités. Depuis, les actionnaires sont à la recherche de solutions, pour permettre à la société aérienne de pouvoir être relancée.
Ayant pour siège social Brazzaville, la société Ecair a connu une ascension très fulgurante, au point où elle s’est imposée dans le ciel africain parmi les grands transporteurs aériens. Pour son lancement, elle a bénéficié de l’appui de la société Lufthansa consulting, puis de la société suisse de consulting CoEm. Après le lancement de son premier vol domestique, le 26 septembre 2011, entre Brazzaville et Pointe-Noire, Ecair s’est lancée à l’international, en effectuant son premier vol, le 26 août 2012, entre Paris et Brazzaville. Cette expansion à l’international s’est poursuivie avec, en février 2014, l’inauguration de la liaison Brazzaville/Dubaï. En 2015, soit quatre ans seulement après sa création, Ecair a eu une imposante flotte de sept aéronefs, dont un Boeing 767, deux Boeings 757 et quatre Boeings 737. Equatorial Congo Airlines a fait de la capitale de la République du Congo un hub sous-régional.
Galvanisée par sa flotte, en 2015, la société Ecair a transporté, au départ de Brazzaville, plus d’un million de passagers en moins d’une année, dans douze destinations différentes: Pointe-Noire, Ollombo, Cotonou, Douala, Libreville, Dakar, Bamoko, Paris, Dubai, Beyrouth, Bruxelles et autres destinations en transport multimodal. Dans cette période de croissance, Ecair a créé des emplois et imposé son image de marque dans la sous-région et au niveau international. La société avait mis en place une navette fluviale pour les passagers en provenance ou à destination de Kinshasa (République Démocratique du Congo), la capitale voisine de Brazzaville. Elle envisageait, déjà, d’ouvrir des lignes aériennes vers les États-Unis d’Amérique et la Chine, en Boeing 787.
En pleine ascension et à un moment où cette société anonyme n’avait pas encore fini de déployer son potentiel de développement, des moments assez difficiles ont surgi: c’est la vie des entreprises. Décidé à sortir Ecair de cette zone de turbulence, le conseil d’administration s’évertue, depuis, à rechercher les solutions aux problèmes auxquels la société aérienne est confrontée. Mais avant d’en arriver à cette étape, des audits sont nécessaires, pour permettre aux actionnaires d’avoir la maîtrise de l’information relative à la gestion de la compagnie, afin de pouvoir décider en connaissance de cause. De l’imminente assemblée générale des actionnaires, on peut espérer l’adoption d’un plan de redressement qui remettra cette société, fleuron de la réussite du génie congolais, dans les airs.

Joël NSONI

Informations supplémentaires