O.c.d.h (Observatoire congolais des droits de l’homme) : «Le gouvernement congolais doit développer une politique de lutte contre l’impunité»

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Dans une conférence de presse organisée vendredi 9  décembre 2016, à son siège, sis à Ouenzé, le cinquième arrondissement de Brazzaville, à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme, célébrée le 10 décembre de chaque année, Trésor Nzila-Kendet, directeur exécutif de l’O.c.d.h (Observatoire congolais des droits de l’homme), a «interpellé tous les acteurs et, en premier lieu, les autorités congolaises sur la sérieuse menace qui pèse sur les droits humains au Congo-Brazzaville».

Selon lui, l’année 2016 finissante a été marquée par de graves violations des droits humains, liées non seulement à la crise postélectorale, mais aussi par des violations qui ne sont pas liées à cette question.
Trésor Nzila-Kendet a structuré sa conférence de presse sur quatre axes: les violations sur les droits sociaux et économiques; les droits civils et politiques; la situation exceptionnelle du département du Pool; la C.p.i (Cour pénale internationale).
S’agissant des droits sociaux et économiques, «les emplois promis aux milliers de Congolais restent une utopie, on note un accès difficile aux soins de santé, à l’éducation, à un logement décent, à l’eau et à l’électricité; à la dépossession des communautés locales et  autochtones de leurs terres par les multinationales, en complicité avec les autorités», pense-t-il. Sur les droits civils et politiques, «la situation est aussi chaotique avec les prisonniers politiques, les poursuites judiciaires contre des journalistes (Le Manager et Polele Polele), les agressions par la police des journalistes étrangers (L’Agence France-presse et le quotidien «Le Monde», chargés de couvrir l’élection présidentielle du 20 mars 2016), la maltraitance dans les prisons, notamment dans les commissariats réputés pour la torture, comme les commissariats de la rue Mbochis, de Ouenzé-Mandzandza, de Kibéliba; la discrimination et la marginalisation des populations autochtones, en dépit d’une loi spécifique les protégeant des menaces contre des défenseurs des droits humains et de l’environnement… la liste n’est pas exhaustive», a-t-il fait savoir.
Abordant la situation exceptionnelle du département du Pool, il a déclaré: «La situation reste préoccupante, depuis le 4 avril 2016. Les populations sont dans une situation d’insécurité totale. Des milliers de personnes ont trouvé refuge ailleurs, pour préserver leur vie. Il y a des morts du côté de la population civile. La situation est si confuse qu’il n’est pas possible, au stade actuel, d’annoncer un bilan. Actuellement, il  n’y a aucune perspective de sortie de crise».
Au sujet de la Cour pénale internationale, Trésor Nzila-Kendet suggère: «La meilleure façon de rejeter l’impunité, c’est de rester membre de la C.p.i».
Pour l’O.c.d.h, il y a une solidarité négative de certains pays africains qui ont quitté ou envisagent de quitter cette institution. Mais, il a reconnu les faiblesses de cette institution judiciaire internationale.
Réagissant aux questions des journalistes, plus précisément sur la situation qui prévaut dans le département du Pool, Trésor Nzila-Kendet a affirmé: «La situation est confuse dans le département du Pool, avec des morts, des déplacés et la destruction des infrastructures. Il n’y a pas de cohérence, lorsqu’on suit les discours des uns et des autres. L’orgueil des uns et des autres doit tomber. S’il faut dialoguer, il faut le faire. Il n’est pas encore trop tard. Le gouvernement congolais doit s’investir pour changer la situation actuelle qui est inadmissible. Pour ce faire, il doit développer une politique de lutte contre l’impunité».
Créé en 1994, l’O.c.d.h est lauréat, en 2006 et 2015, du Prix des droits de l’homme de la République Française.

Victor GUEMBELA     
Site Internet de l’OCDH: www..org

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