Election présidentielle en Gambie : Yahya Jammeh perd le fauteuil face à l’opposant Adama Barrow

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Après 22 ans de règne sans partage, Yahya Jammeh quitte le pouvoir, en Gambie, battu à l’élection présidentielle par Adama Barrow, candidat unique de l’opposition. C’est l’issue de l’élection présidentielle qui s’est déroulée, les 1er et 2 décembre 2016. Une véritable page d’histoire qui s’est tournée pour ce pays d’Afrique occidentale, considéré, parfois, comme l’enclave du Sénégal, pays avec lequel la Gambie est frontalière.

C’était la liesse à Banjul, la capitale, et dans le reste du pays où le peuple a dansé de joie et s’est dit enfin libéré des griffes de celui qui avait vigoureusement affirmé qu’il gouvernerait la Gambie «pendant un milliard d’années».

Le nouveau président gambien, Adama Barrow, qui s’est mis au travail aussitôt après son élection, entend collaborer avec l’ancien président, pendant la période de transition et promet de ne pas se livrer à la chasse aux sorcières. Adama Barrow a remporté l’élection présidentielle gambienne avec 45,54% des suffrages, contre 36,6% des suffrages obtenus par le candidat malheureux, Yahya Jammeh. Après l’annonce des résultats par la Commission électorale nationale, Yahya Jammeh a fait le geste par lequel on reconnaît les grands démocrates, en téléphonant au vainqueur du scrutin présidentiel, pour le féliciter et lui promettre son soutien.
Considéré, pourtant, comme un dictateur, l’ex-homme fort de la Gambie a surpris le monde par sa manière de s’incliner devant le verdict des urnes.
Dans une interview accordée à R.f.i (Radio France international), dimanche 4 décembre, au lendemain de sa victoire, Adama Barrow, qui a pourtant terrassé «un tyran», a pris sa victoire avec beaucoup de modestie. «Je suis très heureux, aujourd’hui. C’est un appel de la Nation et j’y ai répondu. Ce qui était impossible, hier, est possible, aujourd’hui. C’est une victoire du peuple, une révolution et les gens étaient prêts pour le changement. Avec leur détermination et leur persévérance, il a été possible. L’impossible est aujourd’hui possible», a-t-il déclaré.
Peuplé de deux millions d’habitants, la Gambie, entourée du Sénégal, est l’un des pays pauvres de la planète, avec un P.i.b (Produit intérieur brut) par habitant qui s’élève à 427 dollars. Avec un taux d’alphabétisation qui atteint à peine les 50%, le pays vit principalement du tourisme qui reste le premier employeur de l’économie formelle. Mais, ce secteur tenu majoritairement par les Britanniques et les Allemands, a été touché par l’épidémie d’Ebola, en 2014 et 2015. La Gambie est aussi le pays densément peuplé d’Afrique de l’Ouest, avec 170 habitants au kilomètre-carré. Six Gambiens sur dix vivent en ville. Le pays se relève peu à peu du naufrage du bateau Joola, en septembre 2002, un drame qui avait fait 1.953 victimes.
La Constitution du pays prévoit un mandat présidentiel de 5 ans. Parmi ses promesses de campagne, Adama Barrow a dit qu’au bout de trois ans, il organiserait une nouvelle élection présidentielle. Entre autres priorités, le président élu table sur la formation de son gouvernement, pour lui permettre de travailler, des réformes à mener, notamment le changement de certaines lois, au niveau de l’économie, de la justice pour faire avancer le pays. Bref, il entend réviser quasiment toute la gouvernance du pays, mise en place durant les 22 ans de règne de son prédécesseur, mais aussi travailler à cimenter les relations entre la Gambie et son grand voisin, le Sénégal.
Candidat unique d’une coalition de sept partis de l’opposition, l’homme d’affaires Adama Barrow, élu pour un mandat de cinq ans, sera investi en janvier prochain comme nouveau président gambien.
Le changement de régime intervenu en Gambie est un signal fort du progrès de la démocratie en Afrique, qui vient consoler de nombreux Africains des turpitudes que, par exemple,  le Gabon a servies  au continent, avec sa houleuse élection présidentielle.

Aristide Ghislain NGOUMA

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