Lutte contre la torture au Congo : L’Adhuc et l’Acat dénoncent les actes de torture infligés à Jugal Mayangui

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L’adhuc (Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral), en partenariat avec l’Acat-Congo (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), a animé, mardi 29 novembre 2016, à Brazzaville, une conférence de presse sur le thème: «Les obligations et les engagements de la République du Congo à la convention contre la torture des Nations unies et autres instruments relatifs aux droits de l’homme».

Ils se sont basés sur un cas récent qui vient de se produire à Brazzaville. Il s’agit du sergent Jugal Mayangui, enlevé chez lui, à Mayanga, un quartier de la banlieue Sud de Brazzaville, dans la nuit du 11 au 12 novembre, à 2h du matin, séquestré et torturé pendant neuf jours, avant d’être abandonné à la D.c.r.m (Direction centrale des renseignements militaires) qui l’a fait hospitaliser,  en raison des profondes blessures dues à la torture. Les deux O.n.g.s de défense des droits de l’homme appellent le gouvernement à identifier les tortionnaires de l’escadron de la mort qui ont déjà fait plusieurs victimes de tortures.
Face à la presse, Loamba Moké, président de l’Adhuc, a dénoncé l’usage de la torture, des traitements cruels, inhumains et dégradants dans lesquels certains corps de la Force publique s’illustrent au Congo, pays qui a, pourtant, adhéré, le 30 juillet 2003, à la convention des Nations unies contre la torture. Au Congo, a-t-il souligné, «la torture et les mauvais traitements surviennent le plus souvent aux premiers stades de la détention: lors de l’arrestation, du transport et des interrogatoires de police, de gendarmerie et d’autres. Point n’est besoin de rappeler qu’il n’y a pas de vraie démocratie et de développement sans respect des droits de l’homme».
Evoquant la situation actuelle de la pratique des actes de torture, d’arrestation, de détention arbitraires et de meurtres au Congo, Loamba Moké a fait observer «qu’après le référendum du 25 octobre, l’élection présidentielle du 20 mars 2016 et les événements du 4 avril 2016, élargis à la situation du département du Pool, il n’y a pas de jour qui passe sans que nous soyons informés des cas d’arrestation et de détention, de disparition d’un parent ou d’un ami, sans que les autorités congolaises ne s’en émeuvent, rendant par conséquent banales ces différentes violations des droits de l’homme. De 2015 à ce jour, les organisations des droits de l’homme ont reçu près de 250 cas de violations des droits humains, mais le plus grand nombre vit en clandestinité, par peur des représailles».
A propos du cas du sergent Jugal Mayangui, 37 ans, le président de l’Adhuc a précisé qu’il a été arrêté par des gens cagoulés, circulant à bord d’une voiture de luxe Toyota V8. Il a été torturé et a subi des traitements cruels, inhumains et dégradants. Selon les informations que nous avons glanées, il a passé neuf jours en détention à un endroit inconnu, avant d’être ramené et abandonné à la D.c.r.m (Direction centrale des renseignements militaires) qui l’a fait hospitaliser et ouvert une enquête. Jugal est militaire et avait été affecté à l’intendance, en raison de son état de santé. Il va régulièrement à son travail. Or, le corps de la Force publique qui l’a enlevé et torturé, l’a pris pour un ninja qui a participé à l’opération de vol d’explosifs au chantier des sociétés Dragages et Razel à Yangui, dans le département du Pool. Tout ceci est faux, en ce qui le concerne. N’ayant plus d’argument, il lui reproche d’être le fils d’un opposant. En effet, Jugal Mayangui, A.e.t (Ancien enfant de troupe), est le fils de l’ancien ministre Michel Mampouya, qui a basculé à l’opposition, lors du débat sur le changement de la Constitution. C’est le deuxième cas que le président du P.s.v.r, ancien du M.c.d.d.i, connaît dans sa famille, puisqu’en 1999, alors qu’il était ministre, il avait perdu un beau-frère comptant parmi les disparus du beach. L’enquête concernant l’enlèvement et la détention illégale de Jugal pourra-t-elle aboutir? L’on sait déjà que les résultats de l’enquête sur le cas Augustin Kalla-Kalla sont toujours attendus.
Signalons qu’à la conférence de presse, l’assistance a suivi des diapositives avec des images insupportables sur des cas pratiques de torture au Congo, avant que le président Loamba-Moké ne réponde aux questions des journalistes sur la torture et ses méfaits.

B. NGAMBOMI

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