Ministère de la jeunesse et de l’éducation civique : Anatole Collinet Makosso se tourne du côté des confessions religieuses, pour sauver la jeunesse de l’incivisme

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Le comportement incivique des jeunes, pendant la participation de l’équipe nationale de football, les Diables-Rouges, à la 30ème édition de la Can (Coupe d’Afrique des nations) était au cœur de l’audience accordée, vendredi 6 février 2015, à son cabinet, à Brazzaville, par Anatole Collinet Makosso, ministre de la jeunesse et de l’éducation civique, à quatre délégations de confessions religieuses (Conseil œcuménique du Congo, Conseil supérieur des églises de réveil du Congo, Conseil supérieur islamique du Congo et Eglise kimbanguistes).

Conscient du rôle crucial des confessions religieuses dans l’éducation des jeunes, le ministre de la jeunesse et de l’éducation civique a appelé les hommes d’Eglise à s’impliquer dans l’encadrement et la conscientisation de la jeunesse, une  couche sociale qui se penche de plus en plus vers la dérive.

Victoire, défaite ou match nul, les rencontres des Diables-Rouges en Guinée Equatoriale étaient suivies, dans certaines localités du pays, particulièrement à Brazzaville, de troubles à l’ordre public, d’actes de vandalisme, de vol et même de pillage, perpétrés par de nombreux jeunes exprimant des ressentiments contre les pouvoirs publics. Samedi 31 janvier dernier, 78 jeunes ont été arrêtés par la police, à Brazzaville, après le match de quart de finale où les Diables-Rouges ont été éliminés. Une situation qui préoccupe profondément le ministre de la jeunesse et de l’éducation civique. C’est pourquoi, il a résolu de se tourner du côté des confessions religieuses, étant donné qu’un grand nombre de ces jeunes sont des croyants, pour envisager des stratégies à mettre en œuvre, afin de conscientiser les jeunes à ne plus se livrer à de tels comportements inciviques.
Ainsi, avec ses hôtes, Anatole Collinet Makosso a proposé de mener une réflexion d’ensemble sur l’éducation et l’encadrement de la jeunesse, à travers la prière. Pour le ministre, trois principales entités constituent les fondamentaux de l’encadrement de la jeunesse: la famille, première cellule d’organisation sociale; l’État, qui prend en charge l’enfant à partir de 6 ans, à travers l’école; l’église, par le biais du catéchisme, de l’école du dimanche et de ses mouvements d’apostolat de jeunesse, la mosquée, par le biais de l’école coranique, etc. «C’est nous trois (Famille, Confessions religieuses et Etat) qui avons la charge de l’éducation de l’enfant. Toutes les fois que notre jeunesse se trouve dans cet état de perversion, il faut que nous puissions nous retrouver, pour voir de quel côté il y a eu la faille. Aujourd’hui, nous venons de vivre les choses que nous n’avions plus vécues, depuis une dizaine d’années», a fait remarquer Anatole Collinet Makosso. Il s’est dit surpris du comportement indigne affiché par les jeunes. «Il est vrai que, de temps en temps, on déplorait un certain nombre d’activités. Mais, on était loin d’imaginer que ces choses qu’on déplorait prendraient le tournant que nous avons connu, ces deux dernières semaines», a-t-il poursuivi. D’après lui, «il y a quelque chose d’anormal». «Ce qui ne va pas, ce n’est pas quelque chose de matériel, de physique, il y a un vrai problème spirituel. Le spirituel ne regarde pas l’État, le spirituel vous regarde, parce qu’il s’agit d’une jeunesse qui est pratiquement à 80% chrétienne et croyante. Je voudrais, officiellement, vous soumettre l’intention de prière du gouvernement, pour que, dans la mission qui est la vôtre, vous puissiez, à partir de ce mois de février, consacrer, peut-être, tout le mois à prier pour la jeunesse», a demandé le ministre.
Satisfait de l’appel du gouvernement, les responsables des confessions religieuses ont suggéré au ministre de la jeunesse et de l’éducation civique d’organiser des rencontres juvéniles dans des lieux de culte, au lieu que celles-ci se tiennent dans des lieux institutionnels, comme cela se faisait par le passé. «A l’église, le message peut être perçu différemment, parce qu’il est délivré par le pasteur, tandis que le message du politique peut ou ne pas être considéré par les jeunes. Donc, c’est ce travail que nous voulons mener avec le Ministère de la jeunesse. Nous allons travailler pour que la jeunesse ne soit pas objet de manipulation. Elle ne doit pas être utilisée pour assouvir les instincts d’un quelconque groupe, mais plutôt, nous devons lui donner ce qu’elle mérite», a déclaré l’imam Oumarou, président de la coordination de la jeunesse musulmane du Congo, membre de la délégation du conseil islamique.
«Le ministre nous a appelés, pour nous demander, de façon solennelle, que l’Eglise intercède pour cette jeunesse, peut-être qu’elle ne comprend pas très bien tous les discours que nous faisons. Nous allons imaginer des formules pour exhorter notre jeunesse», a ajouté Germain Loubota, président du Co.s.e.r.co.  
Les délégations des confessions religieuses ont, également, souhaité l’instauration et l’augmentation des fréquences des émissions d’éducation civique, à la radio et à la télévision nationales, pour contribuer à la conscientisation de la jeunesse.

Esperancia
MBOSSA-OKANDZE

Informations supplémentaires