TRIBUNE LIBRE : François Hollande, «président normal»

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Vient de paraître à «L’archipel», il y a un peu plus d’un mois: «François Hollande, de la Corrèze à l’Elysée». Ecrit par Christine Pouget et Corine Delpuech, ce livre de 307 pages se présente comme un diptyque: l’itinéraire de François Hollande suivi de son journal de campagne retraçant, au quotidien, les actions conquérantes menées par celui qui entend «redonner à la France l’espoir qu’elle a perdu depuis trop d’années», comme l’annonce-t-il, lui-même, dans le quotidien «Libération» du mardi 3 janvier 2012.
Mon propos, en ce présent article, sera de replanter les bornes indicatrices qui jalonnent le parcours politique d’un président qui se proclame «normal», mais qui, en fait, est un Français peu ordinaire.
Ces bornes, on les trouvera dans sa famille, à l’école, dans la foi religieuse, dans ses études supérieures, dans le militantisme au Parti socialiste et à l’école de la vie. Ces différents milieux ont moulé l’homme qui aura permis à la gauche française de se réinstaller à l’Elysée, après une éclipse de plus de quinze années.
Faire la politique avec bonheur, de la base au sommet, durant pratiquement toute une vie, nécessite engagement constant, courage et humanisme, c’est-à-dire l’amour du prochain, pour mieux servir le peuple. Ces valeurs qu’incarne François Gérard Georges, se trouvent imprimées dans les gènes de sa famille.
Depuis les temps lointains où ses aïeux quittèrent la Hollande et s’expatrièrent en France, chassés par les persécutions protestantes. Fidèles à l’Eglise catholique, ses aïeux le furent aussi à l’égard de la Hollande, leur pays d’origine. Aussi adoptèrent-ils le patronyme Hollande, si rare dans l’hexagone. François Hollande signifierait littéralement: «François, Français de la Hollande».
A l’école primaire et au collège, le jeune Hollande étudie et se forme sous la férule sévère des frères des écoles chrétiennes qui concilient efficacement cours et messes. «Adolescent, j’ai servi la messe, chanté dans la chorale, fait mes prières (...). Il me reste ce que, sans doute, une religion peut donner de meilleur: une générosité, le sens des autres, le souci du partage», affirme Hollande.
Tout au long de ce parcours, «il a toujours été délégué de classe, ça l’intéressait d’aplanir les différends», témoigne sa cousine Hélène Pilichouski. Bac en poche, François Gérard Georges s’est doté de très solides armes intellectuelles. Il conquiert celles-ci, tour à tour, à la faculté de droit, à Science pô, à l’Ena et à H.e.c (Hautes études commerciales), ce Harvard hexagonal. Toutes ces écoles, très cotées feront de leur brillant étudiant, un crack, un super diplômé, très à l’aise dans ses baskets quels qu’en soient le sujet et les circonstances.
Que dire au plan politique?
Hollande ressent les premiers frissons politiques dès l’enfance auprès de ses parents.
Nicole, sa mère, assistante sociale à l’usine T.r.t (Télécommunications, radioélectriques et téléphoniques) a éveillé en Hollande tout petit, la sensibilité aux souffrances du monde du travail, aux fondements des conflits relationnels entre patrons et ouvriers. Elle lui a insufflé, par ailleurs, le désir constant de se rendre utile à autrui et de partager son bonheur avec les autres. C’est avec de tels sentiments élevés qu’on peut faire une politique réaliste et humaniste, ainsi que le préconise le Parti socialiste auquel il adhère, à 17 ans.
Aucun politique, on le sait, n’est le fils de personne. Hollande, lui aussi, a eu ses pères spirituels qui sont: Mitterrand, Jacques Delors, Lionel Jospin. Ce sont ces trois personnalités socialistes qui lui ont mis le pied à l’étrier. Trois mentors qui ont été ses maîtres à l’école de la vie politique et dont il a hérité respectivement la volonté tenace, la culture du compromis et la prévalence de la raison en toute situation.
Au moment où, septième président de la Vème République, il venge trois lourdes défaites présidentielles subies par la gauche depuis 1995, François Il, successeur de Mitterrand, puisera abondamment dans le riche héritage de ses prestigieux pères spirituels. Pour faire face à un contexte plutôt difficile. Un contexte dominé par la crise financière, le chômage, la dette et la désespérance sociale.

Dominique MBANGO