ZIMBABWE : Robert Mugabe n’est plus

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Le Zimbabwe pleure son ancien président Robert Gabriel Mugabe, qui s’est éteint à Singapour vendredi 6 septembre, à l’âge de 95 ans. Figure emblématique de son pays et de la politique en Afrique, il a marqué le Zimbabwe des décennies durant, après l’avoir dirigé de fer de 1980 à 2017. Poussé à la démission par l’armée alors qu’il rempilait pour un nouveau mandat, l’ex-homme fort du Zimbabwe a été remplacé par son ex-bras droit Emmerson Mnangagwa. Isolé, mis à l’écart et affaibli par le poids de l’âge, l’ancien dirigeant a terminé son parcours terrestre aux côtés de son épouse Grace qui l’a accompagné dans son combat politique jusqu’au soir de sa vie.

 

Acteur des luttes pour l’indépendance du Zimbabwe autrefois appelé Rhodésie du sud, Robert Mugabe restera présent dans la mémoire et les esprits des Zimbabwéens. Pendant près de 40 ans, il a présidé aux destinées de ce pays de l’Afrique australe. Il incarnait à lui tout seul la vision et l’idéologie de son parti la ZANU-PF. Il avait la manie de résister à toutes les tempêtes et savait se jouer de ses opposants, même des dirigeants des grandes puissances à qui il envoyait des messages sans appel. Pour beaucoup, il était un tyran. Pourtant il a été un nationaliste au sens propre du terme. Il était également d’obédience marxiste.
Arrivé au pouvoir en 1980 en tant que Premier ministre du pays nouvellement indépendant, il débute sa présidence en 1987, jusqu’à sa démission contrainte en 2017.
Après son accession à la tête de l’Etat, il a mis en place un système de gouvernance qui même avec l’avènement de la démocratie lui a permis de se maintenir au pouvoir contre vents et marées.
Lorsqu’il décide de la nationalisation des fermes agricoles et de leur mise en valeur par les Zimbabwéens, il se heurte à la colère des dirigeants des grandes puissances, parmi lesquels ceux de l’ancienne puissance colonisatrice, la Grande Bretagne. Mais, seul contre tous, il ne s’est jamais laissé ébranler ni n’avait jamais fléchi dans la prise de ses décisions parfois drastiques. Plusieurs fois il a été menacé de sanctions et restrictions notamment économiques par la communauté internationale. Il meurt au moment où son pays tente, bon an mal an, de se relever face à la crise qui a frappé de plein fouet son économie. Les dernières années de son règne de 37 ans ont été marquées par une crise économique accrue, sa réforme agraire, l’hyperinflation, l’émigration. Durant l’ère Mugabe, la surface des terres agricoles de son pays, ancien grenier à blé de l’Afrique australe n’a cessé de croître. Elles sont passées de 33% du territoire en 1987 à 42% en 2006. Lorsqu’il quitte ses fonctions à 93 ans, il était le plus vieux chef d’Etat de la planète en poste.
Dans les ânées 2000, ses propos à l’endroit de Tony Blair, ancien premier ministre de la Grande Bretagne qui croyait lui remonter les bretelles ont fait le tour du monde. «Ceux qui ne sont pas d’accord n’ont qu’à aller se faire pendre». Quant à la relance économique qui demeure l’un des défis majeurs de son pays, son successeur Emmerson Mnangagwa en a fait son cheval de bataille, d’abord comme président de transition pendant un an puis comme président élu au suffrage universel. Mais les résultats tardent encore.
La dépouille de Robert Mugabe devait être rapatriée mercredi et ses obsèques devraient se tenir dimanche prochain.

Aristide Ghislain NGOUMA

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