SOMMET EXTRAORDINAIRE DE L’UA A NIAMEY (NIGER) : La Zone de libre-échange officiellement lancée

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La capitale du Niger, Niamey, a abrité le sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) du 7 au 8 juillet 2019. Principal point à l’ordre du jour: la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC). Pendant le sommet, de nouveaux pays ont ratifié le texte notamment le Nigéria, le Bénin et la Guinée équatoriale qui ont rejoint les autres Etats l’ayant déjà fait, et constituant désormais le groupe de 54 sur les 55 que compte le continent.

 

Le sommet a regroupé quelque 4500 délégués et invités, dont 32 chefs d’Etat et plus d’une centaine de ministres déjà réunis en travaux préliminaires. Représentant les pays membres de l’Union africaine, ils ont lancé symboliquement dans sa phase opérationnelle la ZLEC, marquant désormais un pas vers la paix et la prospérité en Afrique et devenant le plus grand espace commercial au monde. Son entrée en vigueur est l’événement le plus important dans la vie de l’organisation panafricaine depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963, sous les cendres de laquelle est née l’UA.
Le Président nigérien Mahamadou Issoufou, hôte du sommet, est l’un de ses plus ardents promoteurs. C’est un espace qui obéit à cinq instruments opérationnels dont le système de paiement numérique, le portail de suivi et des règles d’origine. «Un vieux rêve se réalise. Les pères fondateurs doivent en être fiers», a lancé Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union africaine. Réticent jusque-là, le géant nigérian et son voisin le Bénin ont signé l’accord dimanche en ouverture du sommet, faisant ainsi leur intégration dans cette dynamique continentale. La Guinée équatoriale a de son côté paraphé le texte.
Désormais, 54 des 55 pays du continent vont constituer ce nouveau marché dont le siège se fixera à Accra, au Ghana. Seule l’Erythrée n’a pas signé l’accord mais a annoncé qu’elle était disposée à le faire. Une équipe d’experts de l’UA devra se rendre prochainement dans ce pays. Quant au plein aboutissement de la ZLEC, le Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, Président en exercice de l’UA, a reconnu que «le chemin est encore long».
La mise en œuvre progressive de la ZLEC, doit réunir 1,2 milliard de personnes. Les discussions achopperaient notamment sur le calendrier des réductions des droits de douane et la vitesse à laquelle on les fait baisser mais aussi sur la circulation de biens importés de l’étranger. C’est un marché qui devrait être actif à partir du premier juillet 2020.
Dans le processus de sa mise en œuvre, la ZLEC est appelée à booster avant tout la libéralisation du commerce qui doit s’aligner sur des réformes structurelles internes. Pour ce faire, aucun pays ne va tout libéraliser d’un coup, et le processus devrait s’étendre sur plusieurs années. Les pays les moins développés ont dix ans pour supprimer les droits de douane. Un groupe de six pays parmi les moins développés, dont le Niger et le Malawi, a obtenu le délai de 15 ans.
Pour l’UA, la ZLEC permettra d’augmenter de près de 60% d’ici à 2022 le commerce intra-africain et de donner un coup de fouet à l’ensemble de ses économies. C’est à Kigali, au Rwanda, en mars 2018, que les dirigeants d’Afrique avaient créé cette zone de libre-échange.

Aristide Ghislain NGOUMA