Soudan : Omar el-Béchir n’est plus président

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Les manifestations au Soudan, débutées en décembre 2018 avec à l’origine l’augmentation du prix du pain se sont conclues le jeudi 11 avril 2019 par la destitution du président Omar el-Béchir et de son régime. Il a été arrêté et placé en résidence surveillée. Son pays entre dans une phase de transition, qui sera dirigée par celui dont les Soudanais attendent désormais de connaître le nom. Ce devrait normalement être un homme issu des rangs des civils. Au pouvoir depuis 1989, le président soudanais, 75 ans, était recherché par la justice internationale.

 

C’est le ministre de la Défense, Awad Ahmed Benawf, qui a annoncé la destitution d’Omar el-Béchir, alors que des milliers de manifestants se rassemblaient depuis six jours devant le siège de l’armée, qui abrite également la résidence officielle du chef de l’Etat. Depuis décembre, ils prenaient d’assaut les rues de la capitale du pays, Khartoum.
Colonel de l’armée âgé de 45 ans avant de s’auto-déclarer président, le désormais ex-président soudanais est tombé après plus de trois mois de manifestations contre son pouvoir. Il fait face à deux mandats d’arrêt internationaux de la Cour pénale internationale. Il est poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis au Darfour, province de l’ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis 2003.
Des milliers de Soudanais demandaient la démission du président, jeudi. Devant le quartier général de l’armée, ils attendaient les annonces de l’armée. La télévision nationale avait déclaré tôt dans la matinée que l’armée s’apprêtait à faire une «annonce importante». Des unités militaires avaient également pris position à des points stratégiques de la capitale. Et plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue, notamment à l’endroit où se tient depuis le week-end dernier un sit-in de protestation devant le siège de l’armée et la résidence de l’ex-président. Ils appelaient les militaires à rejoindre leur mouvement.
Depuis quatre mois, les Soudanais se sont révoltés contre le régime du président Béchir après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain le 19 décembre. La mobilisation s’est ensuite muée en mouvement de protestation contre le régime lui-même. Une tentative de répression de la contestation par la force n’a pas réussi. Le 22 février l’état d’urgence à l’échelle nationale a été décrété. Au moins 49 personnes sont mortes dans les violences liées aux manifestations. Mardi, des capitales occidentales avaient appelé les autorités soudanises à répondre aux revendications «d’une façon sérieuse».
Après son départ, des consultations sont en cours pour former un conseil militaire de transition de deux ans. Omar el-Béchir a été assigné à résidence au palais présidentiel, tout comme un certain nombre de ses collaborateurs. Militaire de formation, il s’est auto-proclamé président de la République en 1993, après avoir renversé le pouvoir de Gaafar el-Nimeiri, en place en 1989. Il s’est fait réélire en 1996 et en 2010.

Aristide Ghislain NGOUMA

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