Algérie : Quels enjeux pour le nouveau gouvernement?

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Au plus fort des manifestations qui ont duré plus de sept semaines et qui ont poussé à la démission le président Abdelaziz Bouteflika, le peuple algérien est entré dans une période de transition. Mais les Algériens continuent d’exiger le départ de tout le système mis en place par l’ex-homme fort du pays âgé de 82 ans, affaibli et lâché par l’armée, qu’il a dirigée 20 ans durant. L’Algérie a ainsi réussi une révolution sans crépitement d’armes ni effusion de sang, qui a débouché sur la mise en place d’un gouvernement de transition.

 

Dirigée comme le prévoit la Constitution par Abdelkader Bensalah, 77 ans, jusqu’ici  président du Conseil de la Nation, le Sénat, qui sera chargé d’assurer l’intérim de la vacance du pouvoir, la transition algérienne se conclura normalement par l’organisation des élections, au bout de 90 jours. Ce qui permettra d’écrire une nouvelle page, et de relancer le pays sur le processus démocratique. Dès sa mise en place, le nouveau gouvernement a posé ses premiers gestes et pris des mesures d’ouverture. Ces mesures sont notamment en faveur de la presse, des syndicats, des associations et des partis politiques.
La première mesure accorde l’attribution de la publicité publique à la presse, tandis que la seconde décide de l’examen et le traitement des dossiers de demandes d’agrément formulées par les partis politiques, les associations et les syndicats. Cet agrément est nécessaire pour l’existence de ces organisations en Algérie. Alors que sous l’ancien régime, il était refusé sans motif ou les demandes restaient sans traitement. Malgré ces premiers gestes, un collectif d’associations a appelé mercredi 3 avril 2019 à manifester à nouveau le vendredi 5 avril pour réclamer le départ du «système» Bouteflika, après la démission de ce dernier mardi, la veille.
Pendant ce temps, l’Agence de presse algérienne avait annoncé que les deux chambres du Parlement, l’Assemblée populaire nationale (APN) et le Conseil de la nation, ont tenu une réunion le jeudi 4 avril. Il y était question de statuer conformément à l’article 102 de la Constitution sur la vacance du pouvoir constatée par le Conseil constitutionnel, dont le président a reçu la démission d’Abdelaziz Bouteflika. L’ex-dirigeant a, demandé pardon à son peuple le lendemain de sa démission du 2 avril, l’appelant à rester uni et à ne pas se diviser. «Je ne puis achever mon parcours présidentiel sans vous adresser un ultime message», «demander pardon à ceux, parmi les enfants de ma patrie, envers lesquels j’aurais, sans le vouloir, manqué à mon devoir en dépit de mon profond attachement à être au service de tous les Algériens et Algériennes», lit-on dans sa lettre.
Chassé par une pression de la rue qui réclamait chaque vendredi son renoncement à un cinquième mandat après 20 ans de pouvoir, Abdelaziz Bouteflika, acteur de la lutte pour les indépendances laisse derrière lui un pays qui a réussi sa révolution proprement, mais dont le président de transition aura tout de même fort à faire pour soulager ses concitoyens face à de nombreux défis. L’un des principaux est celui de se faire accepter par un peuple qui tient à en finir avec tous ceux de son entourage.

Aristide Ghislain NGOUMA

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