Cameroun : Interdiction des manifestations de soutien à Kamto

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L’opposant camerounais Maurice Kamto croupit depuis plusieurs semaines à la prison centrale de Yaoundé, où il avait été écroué au lendemain des marches qu’il avait organisées dans la capitale économique, Douala, le 26 janvier dernier. Depuis son incarcération des voix s’élèvent pour réclamer sa libération. Vendredi, le gouvernement de son pays a annoncé l’interdiction des manifestations prévues par son parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).


C’est le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, porte-parole du gouvernement qui a annoncé vendredi 5 avril que «les manifestations programmées par le MRC les 6 et 13 avril 2019 sont interdites». «Les instigateurs et les contrevenants, quels qu’ils soient, se heurteront à la rigueur de la loi», a-t-il déclaré, accusant le MRC d’être dans une «logique de provocation et de planification de l’insurrection au Cameroun». Cette mesure est survenue le lendemain de la décision des avocats de l’opposant de saisir l’ONU jeudi pour incarcération «arbitraire».
Paul Atanga Nji reproche au parti de l’opposant d’avoir «programmé et exécuté le saccage des ambassades du Cameroun à Paris, en France et à Berlin, en Allemagne par des groupuscules à sa solde». Une accusation fermement démentie par le MRC. Les autorités du pays font allusion en effet aux attaques menées par des manifestants contre plusieurs ambassades du Cameroun en Europe. Elles ont également menacé d’appliquer au MRC «la loi» qui lui donne le pouvoir de suspendre ou d’interdire un parti politique.
Ancien ministre délégué à la Justice, Maurice Kamto a été arrêté avec environ 150 manifestants, à la suite d’une marche pacifique contre la réélection du président sortant Paul Biya. Ses avocats ont demandé sa libération «immédiate» ainsi que celle des autres opposants incarcérés avec lui.

Azer ZATABULI

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