Algérie : L’idée d’une conférence nationale peine à faire consensus

  • Imprimer
Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Déclenchées il y a un peu plus de trois semaines, les manifestations pacifiques des Algériens, ont poussé le président Abdelaziz Bouteflika, lundi 11 mars dernier, à renoncer à un cinquième mandat.  L’élection présidentielle qui allait avoir lieu le 18 avril prochain a été annulée sine die. Un gouvernement de transition qui se chargera d’organiser une conférence nationale inclusive des réformes profondes pour une nouvelle République va être formé.  

 

Dans son message à la nation lundi 11 mars, Abdelaziz Bouteflika a promis une personnalité indépendante, consensuelle et expérimentée comme premier ministre. C’est fait avec la désignation de Noureddine Bedoui.
Mais les contours sont encore trop flous. C’est ce qu’a déclaré Ali Fawzi Rebaine, président d’un parti politique et candidat à cette élection présidentielle annulée. La Ligue des droits de l’homme estime dans un communiqué que cette transition sera «pilotée, gérée et conduite par le système autoritaire décrié et rejeté par le peuple». Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD)., dans un communiqué, dénonce une «prolongation illégale et indéterminée» du mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Le RCD critique le choix d’une voie «à la Kabila en RDC». Il appelle à la démission du chef de l’Etat et demande la mise en place d’un comité de sages «pour ouvrir une période de transition».
Pour le Parti des travailleurs (PT), de l’opposition, la conférence nationale arrive trop tard pour être utile. Désormais, la rue veut aller plus loin, explique Ramdane Taâzibt, membre du bureau politique de ce parti. Cela aurait pu avoir un sens si ces propositions avaient été faites il y a plusieurs mois, parce qu’aujourd’hui l’immense majorité de la population réclame qu’il n’y ait pas de cinquième mandat, mais ils demandent aussi que le système parte, c’est-à-dire un processus qui permet réellement à la majorité de la population d’être associée pour dessiner l’avenir de ce pays.».
Un parti islamiste, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), craint qu’il ne s’agisse d’une «coquille vide». La conférence est vouée à l’échec aux yeux du MSP, jadis proche du pouvoir. Il n’y a pas d’engagement sur le contenu, il n’y a qu’une allusion à une conférence, il n’y a pas de gouvernement de consensus, il n’y a pas de délai qui est délimité... «Cela ne va pas réussir».
Les Algériens sont de nouveau dans la rue. Ils réclament une vraie alternance.  

M.M.M.