Angola : L’ancien président Dos Santos a pris sa retraite politique

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Un an après avoir quitté la tête de l’Etat, celui qui a dominé la vie politique de l’Angola pendant 37 ans, José Eduardo Dos Santos, abandonne aussi la présidence du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA). Il l’a officialisé samedi 8 septembre dernier, à l’ouverture du congrès extraordinaire du parti. L’ancien président a prononcé son discours d’adieu à la vie politique devant un parterre de membres et sympathisants du MPLA, lui qui était arrivé au pouvoir après la guerre de l’indépendance de son pays en 1975.  



Le vœu de l’ancien président angolais aurait été de diriger le parti jusqu’en 2019, comme prévu, mais son successeur lui a fait comprendre qu’il était temps de laisser la main lors de ce congrès extraordinaire. Agé de 76 ans, José Eduardo dos Santos a donc officiellement cédé les rênes du MPLA à l’actuel président de la République, João Lourenço. Dans son discours d’adieux il n’a pas pu citer nommément son successeur: «Aujourd’hui, le 8 septembre, c’est la tête haute que je participe à ce grand congrès de notre parti, avec la conviction du devoir accompli et prêt à passer le témoin de la direction du parti à son prochain président».
A la tête du parti depuis le 21 septembre 1979, c’est en présence de plus de 2 000 délégués que Dos Santos a déclaré assumer ses «erreurs». «Il n’existe pas d’activités humaines exemptes d’erreurs et je reconnais que j’en ai aussi commises, vu que c’est l’unique manière de pouvoir les dépasser. L’erreur est une partie intégrante du processus de perfectionnement et c’est pour cela que l’on dit que l’on apprend avec les erreurs». Sans surprise, les délégués du parti ont élu dans la foulée, João Lourenço, 64 ans, seul candidat, avec plus de 98% des voix. Le dirigeant angolais dispose désormais de toutes les commandes du pays.
Dans son discours, João Lourenço a dénoncé la corruption jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, en promettant de la combattre de toutes ses forces. «Nous ne confondrons jamais la nécessité de promouvoir une classe d’affaires forte et dynamique avec ceux qui s’enrichissent facilement de manière illicite et par conséquent injustifiable, au détriment du Trésor public qui est patrimoine de tous les Angolais», a-t-il déclaré, en insistant que la corruption et ses avatars sont des fléaux qui minent son pays.
Pour Alex Vines, chercheur spécialiste de l’Angola, «il faut observer ce que João Lourenço va faire maintenant. Voir si, maintenant que son pouvoir est renforcé par la prise de contrôle du MPLA, il va s’attaquer aussi à des personnes moins proches de l’ex-président dos Santos. Je pense que c’est le test crucial des prochaines années».

Marcellin MOUZITA MOUKOUAMOU

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