Sessions ordinaires des deux chambres du Parlement : Quand députés et sénateurs brillent par leur absentéisme !

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Une forme de boycott, pourrait-on dire. Les députés et sénateurs ont bel et bien brillé par l’absentéisme le 2 juin 2018, lors de l’ouverture des sessions ordinaires dites administratives des deux chambres du Parlement qui comptent chacune 8 affaires à leur ordre du jour. Les travaux ont été présidés à l’Assemblée nationale par Isidore Mvouba, et au Sénat par Pierre Ngolo. Mais les travées étaient vides : 65 députés sur 151 à l’Assemblée nationale et 21 sur 72 au Sénat.

La récession économique impacte aussi le fonctionnement des deux chambres du Parlement qui ont du mal à payer les émoluments et les frais des descentes parlementaires qui poussent visiblement au renoncement des programmations retenues.

A l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, son président, est revenu sur le rôle du député qui, selon lui, doit être à l’écoute du peuple, «entendre les pulsions et les battements de son cœur, anticiper sur ces désirs. Nous ne pouvons y arriver que si nous comprenions ses problèmes». Il a fait observer une minute de silence en mémoire d’André Obami Itou.
Faute de paiement des frais des descentes parlementaires, rares sont ceux des députés qui prennent le risque d’aller rendre compte des travaux de l’Assemblée nationale auprès de leurs mandants. Une situation qu’a reconnu Isidore Mvouba. «Je sais combien le fait que vous ne receviez pas les frais de descentes parlementaires vous préoccupe au plus haut point. Cette situation qui coupe les députés que nous sommes de nos mandants est lourde de conséquences. Nous avons eu à attirer l’attention du Premier ministre sur cette question, afin de plaider notre cause auprès du président de la République», a-t-il fait savoir.
Il a tout de même apprécié les efforts entrepris par le Gouvernement dans le cadre des négociations avec ler FMI d’autant plus qu’elles sont pilotées par une équipe de cadres congolais de «qualité qui saura trouver les solutions idoines au problème de soutenabilité de la dette, l’unique obstacle qui reste pour parvenir à un accord macro-économique».
Il a demandé au ministre de la Communication de s’attaquer au phénomène des fake news et de la calomnie sur les réseaux sociaux qui relève de la cybercriminalité. Tout en fustigeant les antivaleurs qui gangrènent l’administration publique, le président de l’Assemblée nationale s’est réjoui du retour de la paix qui émerge peu à peu dans le Pool. Pour lui, les quelques actes de banditisme isolés constatés ça et là vont être enrayés avec le programme de Démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR), afin que cette partie du pays retrouve sa quiétude.
Pour sa part, Pierre Ngolo est revenu sur la disparition d’André Obami Itou, ancien président du Sénat, le 23 avril 2018 à l’hôpital des armées Pierre Mobengo. En sa mémoire, ici aussi une minute de silence a été observée dans la salle.
Il a reconnu que la 3ème session ordinaire de sa chambre se tenait dans une conjoncture qui demeure préoccupante tant elle continue d’affecter douloureusement le quotidien des Congolais. Mais le président du Sénat s’est montré optimiste quant à la relance de l’économie nationale. Pour lui, les réformes engagées par le Gouvernement et l’augmentation de la production pétrolière impactent la relance macroéconomique qui a déjà fait rebondir le taux de croissance du PIB réel de notre pays à 4%, cette année alors qu’il était à -2% en 2017. «Ce frémissement au deuxième trimestre, qui procède aussi du redressement du cours du baril du pétrole et qui augure l’entrée prochaine de notre pays à l’OPEP, est une donnée encourageante, tout comme la progression du taux d’inflation qui pourrait atteindre 1,3% de moyenne annuelle, en demeurant en dessous de la norme communautaire, qui est de 3% ».
Face à la dureté des temps, Pierre Ngolo a soutenu que les Congolais ont adopté une attitude qui force la reconnaissance et les encouragements des sénateurs. Selon lui, rester dans cette voie, c’est «intérioriser la nécessité d’une action vigoureuse et soutenue contre les déviances aux effets nocifs sur notre projet de construction du pays. L’accent mis, aujourd’hui dans le monde, en Afrique singulièrement, sur la stigmatisation de la corruption ainsi que sur la recherche d’une thérapie conséquente devrait, au Congo, prendre une tonalité en adéquation avec la gravité du mal. Le mal est profond; il faut le traiter avec tout le sérieux, toute la fermeté».
Faisant un détour sur le Pool, Pierre Ngolo a lui aussi estimé que la paix était en train de confirmer son installation dans ce département. Parallèlement, «se renforce le mouvement de retour sur les terres abandonnées des citoyens entre temps en errance. La tendance positive désormais perceptible est à gérer avec soin, à consolider pour que souffle partout et pour toujours, le vent de la paix…Les Congolais qui avent ce que nos passions et les violences induites ont fait comme désastres au pays, doivent se convertir en combattants de la paix, ne prêchant que la paix qu’elle que soit l’ampleur des contradictions», a-t-il affirmé.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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