Journée mondiale sans tabac : D’après l’OMS, la consommation de tabac va connaître une augmentation régulière au Congo jusqu’à atteindre 32,2% en 2020

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La communauté internationale a célébré le 31 mai 2017 la Journée mondiale sans tabac, sous le thème: «Le tabac et les maladies cardiaques». Au Congo, cette commémoration a fait l’objet d’un focus organisé le 5 juin 2018 à l’hôpital Blanche Gomes, à Brazzaville, sous le patronage de M. Oyeré Moké, conseiller à la population de la ministre de la Santé

 

Le tabagisme est un véritable problème de santé publique. Il est un obstacle au développement durable avec des effets considérables sur la santé et des retombées négatives sur la pauvreté, la faim, la croissance économique, l’égalité entre les sexes, l’environnement, l’éducation, la finance, la gouvernance, etc. Selon l’OMS, le tabac tue plus de 7 millions 200 mille personnes dans le monde chaque année, soit environ un décès toutes les six secondes, avec plus de 80% dans les pays à revenu faible. «Si l’on y prend garde, cette épidémie tuera d’ici à 2030, 8 millions de personnes», a indiqué le Dr Guy-Michel Mbemba.
Selon le représentant de l’OMS-Congo, le monde compterait aujourd’hui 1 milliard 100 millions de fumeurs actifs. «En Terme économique, le coût des soins de santé induits par la consommation de tabac est estimé à 1,4 milliards de dollars américains dans le monde par année. Dans la région africaine, ce coût avoisine 3,5% de toutes les dépenses de santé effectuées chaque suite à une maladie et à un décès prématuré», a-t-il indiqué.
Pour répondre à ce problème majeur de santé publique, le Dr Guy Michel Mbemba a estimé que la solution la plus efficace et la plus rentable demeure la mise en application des dispositions fondamentales de la convention-cadre de l’OMS pour la lutte contre le tabac, adoptée en 2003, lors de la 56ème Assemblée mondiale de la santé.
Elle oblige les Etats membres de l’OMS à accélérer l’application des programmes de réduction de la demande des produits du tabac à travers la stratégie M-Power qui décline une série de bonnes et meilleures pratiques destinées à réduire les risques pour la santé, posés par la consommation de tabac. Ces mesures comprennent, entre autres, l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics; la promotion d’avertissements sanitaires sur des paquets de cigarettes; l’augmentation des taxes et des prix des produits du tabac; l’interdiction de la publicité, de la promotion et du parrainage en faveur du tabac.
A noter que le tabagisme est l’un des principaux facteurs de risques des maladies non transmissibles telles que les cancers des voies respiratoires et digestives, des maladies cardiovasculaires, c’est-à-dire de l’infarctus du myocarde, de l’hypertension artérielle, de l’altérité des membres inférieurs, de l’accident vasculaire cérébral, de l’impuissance sexuelle, de la thrombose, de l’angine de la poitrine, la bronchite chronique et l’asthme, les problèmes de ORL (Oto-Rhino Laryngite), etc.
Pour cette année, l’accent a été mis sur les maladies cardiovasculaires qui tuent plus de personnes que toute autre cause de décès dans le monde. Au Congo, les données hospitalières du CHU-B ont révélé une augmentation d’hospitalisation des patients atteints d’accidents cardiovasculaires de 2014 à 2017 : 70% contre 30%. La prévalence de l’hypertension artérielle et des maladies cardiovasculaires hormis l’AVC, est de 55,8%. Cette augmentation pourrait être, selon le conseiller à la population, liée à certains facteurs de risque comme le tabac. «L’OMS estime que la consommation du tabac va connaitre une augmentation régulière au Congo jusqu’à atteindre 32,2% en 2020 et 49,2% en 2025 chez les sujets âgés de 15 ans et plus, si l’on ne prend garde», a-t-il déclaré.
Au cours du focus, deux thèmes ont été développés: «tabac et maladies cardiovasculaires: particularité de l’infarctus de myocarde», par le Dr Kouala; «Convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac: mise en œuvre au Congo», par Mme Rosalie Likibi Boho, point focal antitabac.
A signaler que le parlement congolais avait voté en 2012, une loi antitabac qui interdit la consommation du tabac, sous toutes ses formes dans les lieux affectés à usage public, notamment sanitaires, scolaires et professionnels, ainsi que dans les moyens de transport en commun.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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