Afrique du Sud : Lâché, Zuma a jeté l’éponge

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Après des semaines de tractations et de réunions, le chef de l’Etat, Jacob Zuma empêtré dans des scandales de corruption, a fini par céder la nuit du mercredi 14 février dernier, aux pressions de son parti, (l’ANC). Il a présenté sa très attendue démission, alors qu’il cherchait à obtenir une formule de sortie. Son projet était de pouvoir dans le futur faire la tournée des présidences et tenter de monnayer des services de luxe, en tant qu’ex-président.

 

La veille, son parti, le Congrès national africain (l’ANC), lui avait enjoint de démissionner de son poste. Curieusement, l’homme qui avait régné dix ans sur ce parti, après avoir poussé son prédécesseur Thabo Mbéki à la démission, a d’abord paru décontenancé. Puis, comprenant le caractère irréversible de la décision de son parti, le président de la République, affirme-t-on, était entré dans une «grande colère».
Il lui fallait non seulement céder, mais le déclarer depuis la présidence à Pretoria. Pourtant il n’a fait que jouer la comédie de la modestie et de la discipline, se passant pour la victime de l’ANC, suggérant tantôt qu’on lui donne du temps, d’abord trois, puis six mois, prétextant que ce serait le temps pour lui de présenter le nouveau chef de l’ANC, Cyril Ramaphosa, aux présidents d’Afrique et des BRICS, organisation économique qui regroupe le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.
Pendant qu’il tergiversait, au même moment, un raid de la police avait lieu à une soixantaine de kilomètres du lieu, à Johannesburg, visant la résidence et les bureaux des frères Gupta, hommes d’affaires d’origine indienne à qui Jacob Zuma avait, des années durant, ouvert les portes de l’Etat. Sous sa protection, les Gupta avaient joui d’une splendide immunité, élaborant une sorte de «capture d’Etat», selon les analystes, qui pourrait avoir coûté des milliards de rands (des centaines de millions d’euros) à l’Afrique du Sud.
Depuis leur salon, les frères nommaient des ministres, organisaient des raids sur les entreprises publiques. Pas un juge n’aurait osé toucher à un de leurs cheveux. C’est ainsi qu’était lancée une opération policière chez eux. Quelques suspects ont passé la nuit dans une cellule individuelle. Ce serait un mauvais présage pour le futur du désormais ex-président qui risque des poursuites judiciaires qui feraient qu’il termine sa vie en prison. Il est fort probable que Jacob Zuma consacre une partie du restant de ses jours à lutter contre de possibles peines de prison.
A en croire une certaine opinion, Jacob Zuma espérait mener une guerre d’usure, étouffer peu à peu son rival. Ce dernier, depuis sa position de force à la tête de l’ANC, l’a battu à ce jeu. L’ex-président a vu virer ses proches, ses fidèles, rejoignant comme un tas de limaille de fer le nouveau pôle magnétique du pouvoir, Cyril Ramaphosa qui a prêté serment jeudi 15 février pour assurer la transition. Il conduira le pays, jusqu’en 2019, année des élections générales. Entre autres, il a promis de lutter contre la corruption.

Marcellin MOUZITA MOUKOUAMOU

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