Afrique de l’Ouest : Le terrorisme a encore frappé au Mali, faisant 22 morts dans un hôtel de Bamako

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Alors que le monde avait les yeux tournés vers Paris, la capitale française, où les terroristes djihadistes de l’Etat islamique (Daech) ont tué, le vendredi 13 novembre dernier, 129 personnes et blessé 352 autres, Bamako, la capitale du Mali, en Afrique de l’Ouest, était plongé dans l’horreur, très tôt, dans la matinée du vendredi 20 novembre, à travers une sanglante prise d’otages, à l’hôtel Radisson Blue.

Selon le bilan annoncé par le président malien, lui-même, Ibrahim Boubakar Keita, cette prise d’otages s’est terminée grâce à un assaut de l’armée malienne. Le bilan est lourd d’au moins 22 morts et 7 blessés, alors que les deux assaillants, armés de Kalachnikov, ont été tués. Le gouvernement malien a décrété l’état d’urgence de dix jours, «sur l’ensemble du territoire».

Le terrorisme frappe partout. C’est ce qu’on peut retenir des derniers attentats enregistrés dans le monde: l’avion russe au désert du Sinaï, le Liban, Paris et, maintenant, Bamako. En effet, le 31 octobre dernier, un avion de la compagnie russe Metrojet, piégé par une bombe de Daech, s’est écrasé dans le désert du Sinaï, en Egypte, faisant un lourd bilan de 224 morts. Le vendredi 13 novembre, une  série d’attentats frappait la capitale française, onze mois après l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo. Tout ça, signé Daech.
A Bamako, la journée du vendredi 20 novembre avait commencé par des coups de feu, à partir de 8h30, à l’Hôtel Radisson Blue, situé dans le quartier «Aci 2000». 170 personnes (140 clients de quatorze nationalités différentes (maliens, français, turcs, chinois, indiens, américains, etc.) et 30 employés) étaient à l’hôtel. Deux ou trois assaillants, armés, y avaient fait irruption. A partir de 10h30, la force d’intervention de la gendarmerie malienne a commencé à évacuer quelques personnes. Une cinquantaine de gendarmes français d’élite étaient arrivés en renfort. De même, une vingtaine d’agents des forces spéciales américaines basées à l’ambassade des Etats-Unis ont porté assistance aux forces de l’ordre maliennes. C’est peu avant 17h que la prise d’otages s’est terminée; une prise d’otages condamnée à travers le monde et par le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, qui a condamné une «attaque odieuse». Les capitales africaines, qui sont peu habituées à ce genre d’exercice, sont restées muettes, en dehors des messages de compassion qui ont été exprimés au lendemain de l’attentat. Même la commission de l’Union africaine ne s’est pas donné la peine de réagir devant ces actions de terrorisme qui prouvent que le continent n’est pas épargné par l’horreur du terrorisme qui endeuille de nombreuses Nations.
C’est un groupe djihadiste, Al-Mourabitoune, dirigé par un Algérien, Mokhtar Belmokhtar, recherché par de nombreux pays à cause de ses actions terroristes au Sahel, qui a revendiqué, le premier, cette sanglante prise d’otages. Son communiqué de revendication a été diffusé par la chaîne de télévision qatarie, Al-Jazeera. «Nous, les Mourabitoune, avec la participation de nos frères (...) d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, revendiquons l’opération de prise d’otages à l’hôtel Radisson», dit le document diffusé. Al-Mourabitoune est un groupe terroriste qui opère dans la région de Gao, au Nord Mali, au Nord du Niger et qui dispose de contacts avec des groupes locaux dans les pays comme la Tunisie, la Libye, le Soudan, l’Égypte et au Nigéria, avec Boko Haram, qui se fait appeler depuis, État islamique en Afrique de l’Ouest.
Un deuxième groupe terroriste, le Front de libération du Macina, opérant dans la région centre du Mali, a revendiqué l’attaque de l’hôtel Radisson Blu.
La prise d’otages de l’hôtel Radissaon Blu, à Bamako, prouve que le djihadisme peut frapper partout, même dans les capitales africaines. Les forces de l’ordre maliennes recherchent toujours trois personnes qui seraient liées au commando qui a attaqué l’hôtel.

Joël NSONI

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