Après l’enquête administrative sur les explosions de Mpila : Ouverture de la procédure judiciaire au tribunal de grande instance de Brazzaville

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Au total, vingt-trois prévenus (des officiers de l’armée et des civils), interpellés par la commission d’enquête administrative dirigée par le colonel Philippe Obara, ont été transférés à la Maison d’arrêt de Brazzaville, et présentés lundi 7 mai, devant le procureur de la République, Essamy-Ngatsé, qui leur a signifié les motifs d’inculpation qui pèsent sur chacun d’eux et ensuite devant le doyen des juges, André Oko-Ngakala, qui a ouvert une information judiciaire. Le transfert de ces prévenus de la direction générale de la surveillance du territoire au palais de justice, s’est fait dans des conditions de sécurité exceptionnelles.

L’enquête administrative ouverte quelques jours après les explosions survenues le 4 mars dernier, qui ont dévasté des quartiers et fait 286 morts, plus de deux mille blessés, des disparus, des milliers de sans-abris et des dégâts matériels (notamment la destruction des habitations et des édifices publics) se chiffrant à des milliards de francs Cfa, s’est achevée avec le transfert, à la justice, des 23 officiers militaires et civils interpellés. En dehors des faits glanés par la presse, elle-même, aucune information n’a été livrée au public, de manière officielle, sur le travail de cette commission d’enquête administrative.
Mais, à partir de la procédure judiciaire, les médias ont commencé à faire leur travail, puisqu’ils ont couvert l’audience de présentation de ces prévenus devant la justice. A l’étape des notifications des chefs d’inculpation, il se dit que le colonel Marcel Ntsourou, l’un des prévenus, serait lourdement chargé, entres autres, d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de détention illégale d’armes de guerre, de contrefaçon de billets de banque,  etc. Il est défendu par deux nouveaux avocats, notamment Me Thomas Djolani et Me Banzani.
A l’analyse, il est fort probable que l’enquête préliminaire sur le drame du 4 mars se soit orientée vers un acte criminel, s’agissant de l’origine de l’incendie du dépôt d’armes et de munitions du camp du régiment blindé, qui se trouvait dans le quartier Mpila, à cheval entre les arrondissements 5 Ouenzé et 6 Talangaï. La commission d’enquête administrative aurait réuni un dossier lourd avec des éléments de preuve. Maintenant, le parquet a engagé ses poursuites, la justice va prendre en main l’affaire et démontré l’origine de l’incendie du dépôt de munitions de Mpila, à l’origine d’un désastre jamais connu dans le pays. Le public congolais pourrait, donc, s’attendre à un procès retentissant.
Pour l’instant, on a pu constater que de grandes précautions ont été prises en matière de sécurité, pour le transfert des vingt-trois prévenus au palais de justice, puis à la maison d’arrêt. La police a mobilisé des engins blindés acquis récemment, par le Ministère de l’intérieur et de la décentralisation, pour sécuriser le convoi, de la direction générale de la surveillance du territoire au tribunal de grande instance de Brazzaville, dont le périmètre est, désormais, sous haute surveillance.

Joël NSONI