Barreau de Brazzaville : Les avocats en grève, pour soutenir leurs collègues, Maîtres Malonga et Hombessa

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L’interpellation et la mise en écrou des deux avocats du colonel Marcel Ntsourou, Maîtres Ambroise Hervé Malonga et Gabriel Hombessa, ont engendré une crise dans le monde judiciaire congolais. En effet, à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue dans la salle ordinaire de la cour d’appel de Brazzaville, le lundi 9 avril 2012, sous le patronage du bâtonnier, Me Gilbert Bondongo, les avocats brazzavillois ont décidé de manifester leur solidarité à leurs deux collègues écroués à la maison d’arrêt, en suspendant leurs activités devant les juridictions du ressort de la cour d’appel de Brazzaville, «jusqu’à nouvel ordre».
Accusés «d’atteinte à la sûreté de l’Etat», pour avoir voulu organiser une conférence de presse dans la résidence de leur client, située en plein quartier militaire (à côté de la résidence officielle du chef d’Etat-major général des Forces armées congolaises), vers le mess des officiers, à Brazzaville, Maîtres Ambroise Hervé Malonga et Gabriel Hombessa ont été interpellés par la police, gardés à vue au commissariat central et présentés le lendemain, devant le procureur de la République, qui leur a signifié le motif d’inculpation qui pèse sur eux et les a écroués à la maison d’arrêt, en attendant leur jugement. Me Malonga est, par ailleurs, accusé d’«usurpation de titre et atteinte à la sureté extérieure de l’Etat».
N’approuvant pas l’attitude des pouvoirs publics d’avoir interpellé et écroué deux avocats en exercice, leurs collègues du barreau ont débrayé, «pour marquer leur solidarité vis-à-vis des deux confrères», en suspendant «leurs activités devant les juridictions du ressort de la cour d’appel de Brazzaville, jusqu’à nouvel ordre». Ils attendent que leurs collègues du barreau de Pointe-Noire suivent l’exemple.
Dès lors, huit avocats du barreau de Brazzaville se sont constitués pour assurer la défense de leurs confrères emprisonnés. Ils ont l’exception de travailler, pendant la période de grève, pour les défendre.
En ce qui concerne Me Ambroise Hervé Malonga, le barreau de Brazzaville justifie que ce dernier continue de jouir de son statut d’avocat. En octobre 2011, il avait introduit un recours en annulation contre la décision d’omission de l’Ordre national des avocats du Congo, assortie d’une requête aux fins de sursis à exécution, recours enregistré sous le n°064. «Dès lors que son recours en annulation est assorti d’une requête aux fins de sursis à exécution, la décision attaquée ne peut normalement être appliquée, jusqu’à ce que la cour suprême statue sur cette requête en surséance», précise Me Gilbert Bondongo, dans une correspondance datée du 18 octobre 2011.
Mais, l’on ne connaît pas la position de l’Ordre national des avocats du Congo sur ce recours. Par ailleurs, la lenteur de la cour suprême à statuer sur l’affaire complique davantage la situation de l’avocat incriminé. Puisque si l’arrêt est rendu aujourd’hui, il se retrouve dans un contexte de le condamner ou de l’arranger. Pour l’instant, il y a lieu de s’interroger comment les pouvoirs publics, notamment le Ministère de la justice et des droits humains, va devoir aborder la situation créée par les avocats du barreau de Brazzaville, par leur grève illimitée, qui a pour impact de paralyser le fonctionnement de l’appareil judiciaire, tout au moins dans la capitale, l’assistance d’un conseil étant un droit, pour les parties en procès.

Joël NSONI

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