Pôle de la souveraineté : Aimé Emmanuel Yoka a levé un coin de voile sur l’enquête concernant le drame de Mpila

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Le ministre d’Etat Aimé Emmanuel Yoka, ministre de la justice et des droits humains, coordonateur du pôle de la souveraineté, a fait une déclaration, vendredi 23 mars 2012, dans une salle de conférence du Ministère des affaires étrangères et de la coopération, à Brazzaville, sur le drame de Mpila. Dans cette déclaration, le coordonateur du pôle de la souveraineté a évoqué l’enquête qui est en cours, en donnant les taux de probabilité de l’origine de l’incendie  qui a fait exploser le dépôt d’armes et de munitions du camp du régiment blindé. Puis, il a souhaité que «l’ensemble de la classe politique, les médias et les autres centres de production de la pensée politique nationale fassent preuve de décence patriotique et d’hygiène républicaine, afin que nos morts ne servent pas de fonds de commerce politique aux uns et autres». Voici l’intégralité de sa déclaration.

Déclaration à la Presse du Ministre d’Etat,
Coordonnateur du Pôle de la Souveraineté, Garde des
Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits Humains,
relativement à la catastrophe du 4 Mars 2012

Mesdames et Messieurs,
Avant toutes choses, je voudrais que vous acceptiez que je m’incline, avec douleur, une fois de plus-car nous ne le ferons jamais assez-devant la mémoire de tous nos morts du drame du 4 mars 2012.

Mesdames et Messieurs,
Le dimanche 4 mars 2012, les populations de Brazzaville et à travers elles, toute la nation congolaise, ont connu une tragédie sans précédent, suite à l’explosion du dépôt de munitions du camp blindé de Mpila, tragédie dont les conséquences humaines, matérielles et psychologiques resteront longtemps profondes, voire indélébiles, dans notre conscience collective.
Dès les premiers moments de cette catastrophe, le Président de la République, Chef de l’Exécutif,  Premier Magistrat de la Nation, fort de la légitimité constitutionnelle que lui confère le suffrage universel direct, a mis en place un comité de crise chargé de la gestion administrative des suites de cette tragédie. Il a, dans le même temps, institué une commission d’enquête à laquelle se sont jointes les autorités judiciaires au moyen d’une instruction écrite du Procureur de la République, territorialement compétent, dès le 8 mars 2012, demandant aux Officiers de Police judiciaire et de Gendarmerie, membres de ladite commission, de lui destiner les résultats de l’enquête.
L’enquête initiée par le Chef de l’Etat a donc pour but essentiel d’éclairer les circonstances de la catastrophe, de déterminer si les causes en sont accidentelles ou criminelles et, dans ce dernier cas, d’en rechercher les auteurs pour une traduction éventuelle devant les juridictions nationales, qu’elles soient civiles ou militaires, conformément au code de Procédure pénale.
A ce propos, il nous paraît d’une certaine importance de faire observer que les travaux de l’expertise internationale en matière d’explosion des dépôts de munitions retiennent, aujourd’hui, 6 cas de figure possibles.
1-) du fait de l’Homme pour 28%;
2-) de l’auto-inflammation pour 26%;
3-) d’origine inconnue pour 22%;
4-) d’origine connue pour 9%;
5-) de la manutention pour 9%;
6°) du court circuit pour 6%.
Ainsi, l’enquête conduite par nos experts devra établir à quel cas pourrait se rattacher le drame de Mpila. Les investigations se mènent avec rigueur et diligence, mais aussi avec la nécessaire discrétion et l’indispensable sérénité qu’imposent la gravité des faits et la compassion de toute la nation et, naturellement, dans le respect absolu des libertés individuelles et des droits fondamentaux du citoyen, tels que garantis par la constitution de notre pays, notamment la présomption d’innocence.
Les enquêteurs sont saisis «in rem». Ils instrumentent, donc, sur tout ce qui leur paraît avoir un rapport direct ou indirect avec les faits, qu’il s’agisse des hommes ou des choses. Ils apprécient, chaque jour, avec professionnalisme, les éléments disponibles, avec les certitudes qui leur sont propres, sans autre déterminant que la recherche de la vérité scientifique, loin de toutes sortes de pesanteurs ou pressions d’où qu’elles pourraient provenir.

Mesdames et Messieurs,
Nous avons perdu nos frères et nos sœurs, de façon absurde. Nous avons, certes, la gorge nouée. Mais, cette tragédie a révélé l’immense générosité des Congolais et aussi l’attachement que les autres Nations ont à notre égard; elle a confirmé l’universalité des notions telles que la solidarité, la compassion, l’entraide.
Mais, je tire aussi de ce drame l’audace d’affirmer qu’un pays dans lequel il existe l’amour du prochain, ne peut pas renoncer d’aller de l’avant, quel que soit le poids des épreuves. Nous irons de l’avant, ensemble, parce que nous ne sommes pas des étrangers les uns pour les autres.
La génération d’aujourd’hui, la génération de demain, la génération d’après-demain, les générations de tous les temps, n’ont pour seul devoir, vis-à-vis de la nation, que de construire ce pays qui est le nôtre.
Nous irons de l’avant. Nous continuerons à construire ce pays, notre bien commun, parce que nous n’imaginons pas un seul instant que nos compatriotes aient cessé de croire aux valeurs de nos deux outils essentiels pour avancer, que sont la République et l’Etat.
Il suffit que la Nation toute entière, unie, solidaire et fraternelle, lève cette option et que ses fils s’éloignent pour toujours et s’affranchissent à jamais de tout élément émotionnel qui a fait dire à Bismarck que la haine fait partie des plus mauvaises conseillères de la politique.
C’est pourquoi, devant notre deuil qui se prolonge, il serait souhaitable que l’ensemble de la classe politique, les médias et les autres centres de production de la pensée politique nationale fassent preuve de décence patriotique et d’hygiène républicaine, afin que nos morts ne servent pas de fonds de commerce politique aux uns et autres.
Notre pays a plus que jamais besoin d’unité, de paix et de stabilité qui sont, de manière constante, les trois sources où s’abreuve, depuis toujours, la  politique du Président Denis Sassou Nguesso.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie.