Assemblée nationale : Après la question d’actualité, les députés ont décidé d’interpeller le gouvernement

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Trois jours après la série d’explosions au camp militaire du régiment blindé qui a dévasté quelques quartiers de Talangaï et Ouenzé, à Brazzaville, Hyacinthe Ingani, député de la première circonscription de Talangaï, sensible à cette cruelle tragédie, a posé une question d’actualité au gouvernement. Le député voulait savoir l’implication du gouvernement sur les origines de l’incendie qui a provoqué les explosions, les indications des premières enquêtes, ainsi que les raisons qui empêchent la délocalisation des casernes militaires à l’extérieur de la ville. Mais, la séance de l’assemblée nationale a été marquée par le préalable posé par le député Jean-Claude Ibovi, qui s’est appuyé sur la demande d’interpellation du gouvernement introduite par le député Auguste Boussoukou. Finalement, les députés ont décidé d’interpeller le gouvernement, prochainement.

Pendant un quart d’heure, le débat a tourné sur la nature de la séance. Fallait-il passer à l’interpellation ou, plutôt, maintenir la question d’actualité. Finalement, un compromis a été trouvé. La séance de la question d’actualité a été maintenue, tout en adoptant la demande d’interpellation du gouvernement dont la date n’a pas encore été fixée.
Répondant à la question d’actualité, le ministre d’Etat Pierre Moussa, président de la commission d’évaluation des dégâts causés par les explosions de Mpila, a fait savoir que le nombre de blessés enregistrés dans toutes les formations sanitaires s’élève à 2.315. «297 sont encore enregistrés, dont 31 opérés et 53 en attente d’une opération chirurgicale. 13.854 personnes sont prises en charge dans les différents sites d’accueil… 37 enfants non accompagnés ont été enregistrés, dont 16 récupérés par leurs parents». Mais le ministre d’Etat n’a pas donné le nombre de morts.
S’agissant de la question de dédommagement, Pierre Moussa a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire face à ses responsabilités. «Tout est mis en œuvre, afin que le la question du dédommagement se règle dans des délais raisonnables», a-t-il expliqué.
Outre les habitations, ce drame n’a pas épargné les infrastructures sanitaires et scolaires. Les élèves du lycée qui sont en classes d’examen, soit un effectif de 1.469, seront orientés au collège Nganga Edouard. «Pour les classes de Troisième, les élèves concernés seront transférés à Chaminade. Les solutions sont en cours, pour ce qui est des autres élèves», a-t-il déclaré.
Par ailleurs, il a informé les députés que le conseil des ministres du 8 mars a arrêté une série de mesures portant sur l’amélioration de la prise en charge des sinistrés dans les sites. Ainsi, a été décidée «une allocation de soutien aux familles sinistrées, à raison de  trois millions de francs Cfa par famille. Cette allocation n’a rien à avoir avec l’indemnisation qui interviendra, ultérieurement», a-t-il renchéri.
Il y a la construction, selon les procédures d’urgence, de 5.000 logements sur un site déjà identifié, à Kintelé, en vue du relogement de ceux qui ont perdu leurs toits. «La réhabilitation des bâtiments qui peuvent l’être, l’accélération de programmes immobiliers en cours: camp Clairon, hôpital central des armées, Mpila et le programme de mille logements. Enfin, l’indemnisation des victimes, selon les modalités à définir ultérieurement».
En ce qui concerne l’origine des explosions, Pierre Moussa a indiqué que l’enquête est en cours. Au moment venu, les résultats seront portés à la connaissance de la représentation nationale, et toutes les conséquences seront tirées.

Cyr Armel YABBBAT-NGO

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